L'Indépendant Samedi, 09 Septembre 2017 09:33
Belle moisson pour le gouvernement guinéen en Chine : il a décroché un financement des infrastructures guinéennes à hauteur de 20 milliards de $ contre les mines pour les 20 prochaines années. Le ministre des Mines, Abdoulaye Magassouba, est l'un des artisans de cette prouesse. Nous l'avons rencontré après la signature de l'accord à Xiamen (Chine).
Monsieur le ministre, ce 5 Septembre, le gouvernement guinéen vient de signer un accord de financement de nos infrastructures à hauteur de 20 milliards de $. C'est un accord qui engage les mines de notre pays. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?
Les projets miniers commerciaux font l'objet d'accords séparés dont les investissements ne sont pas comptabilisés. Juste pour dire que si nous mettons les investissements directs dans les projets miniers, et si nous additionnons cela avec les investissements au niveau des infrastructures, nous sommes en train de parler des montants au-delà de 20 milliards sur les 20 ans !
Vous assurez que maintenant c'est le bon départ, les Guinéens vont désormais bénéficier des retombées de nos mines ?
Nous avons connu des difficultés en termes d'exploitation de notre potentiel minier. Mais ces dernières années grâce aux réformes qui ont été engagées depuis 2011, on a vu un certain intérêt pour les nouveaux projets qui ont déjà créé de l'emploi et entraîné des investissements. L'année dernière, nous étions à 2 milliards et demi d'investissements prévus pour les 3 prochaines années.
Ces investissements ont commencé à être exécutés. Donc, il y a certains bénéfices au niveau de la population. Ce n'est pas suffisant pour que les mines jouent véritablement leur rôle comme catalyseur de développement, il faut que les revenus miniers puissent nous permettre d'investir dans l'avenir, d'investir dans les infrastructures économiques de bases, d'investir dans les secteurs sociaux.
Et l'accord-cadre signé aujourd'hui permet de concrétiser cette ambition que le président a toujours eu de faire des mines un support de développement des infrastructures : le développement de l'agriculture, le développement des secteurs sociaux prioritaires. C'est juste pour dire qu'aujourd'hui, nous avons posé des bases d'une diversification véritable de l'économie guinéenne. Quand nous arriverons à réaliser en tant qu'État tous ces investissements-là dans les infrastructures et dans tous les autres secteurs économiques sociaux prioritaires, l'économie sera moins dépendante des mines et ça sera l'objectif final.
Ça peut paraître paradoxal pour un ministre des Mines de dire cela. Mais, nous agissons dans le cadre du programme de société du président de la République. Il s'agit alors d'aller vers cet objectif commun de diversification. Je serai très certainement le plus heureux ou que je serais en ce moment quand les mines représenteront une partie infime d'une économie largement plus grande que celle que nous avons aujourd'hui.
(guinee7)
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