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Accord de 20 milliards de $ avec la Chine : un bradage en « catastrophe » des mines !
Aliou Sow Samedi, 09 Septembre 2017 09:02
Nombreux sont les observateurs qui voient le verre à moitié vide suite à la signature de l'accord de 20 milliards de $ avec la Chine, en marge du sommet des « Brics » qui vient de se dérouler à Xiamen. Leur crainte c'est de voir le président Alpha Condé brader nos mines, dans des contrats aux contours obscurs, avec un pays dont la boulimie pour les matières premières est devenue légendaire.
La signature de cet accord est perçue comme une belle moisson dans le camp de la majorité présidentielle, où on s'attend enfin à ce que la Guinée devienne le pays de cocagne, tant rêvé par Alpha Condé, depuis son avènement aux affaires, il y a de cela 7 ans.
C'est Ibrahima Kassory Fofana, qui a été le signataire de ce fameux accord, pour le compte de la Guinée, avec le coordinateur délégué par la partie chinoise. Ces 20 milliards de $ peuvent être immédiatement décaissables dès cette année, selon le ministre chargé des investissements. Ibrahima Kassory Fofana, voilà un nom qui fait froid dans le dos de ceux qui l'accusent d'être une sorte d'Arsène Lupin, héros de haut vol, qui s'était illustré sous l'ère Conté. Pas plus que ce mercredi, Mme Sow Moussa Yéro Bah, rappelait dans les Grandes Gueules d'espace FM, les hauts faits de cet apparatchik, qui avait nos finances entre les mains, et qui en usait à sa guise.
Les partisans du président du parti Gpt (Guinée pour tous) préfèrent voir tout ça sous un angle d'une « conspiration » ourdie contre leur leader. Qui pour eux est un personnage emblématique de l'échiquier politique guinéen.
Pour revenir à ce fameux accord, perçu comme un bradage de nos matières premières, dans l'esprit de mains citoyens, Dr Kassory Fofana, l'homme qui murmure aux oreilles d'Alpha Condé, a dans un entretien accordé à un confrère, défendu la démarche du gouvernement. « L'engagement de la Chine d'assurer à la Guinée, une enveloppe globale de 20 milliards de $. C'est l'accord que j'ai signé personnellement, qu'on appelle programme de ressources minières contre prêts, contre financements, couvrant la période de 2017-2036. On a eu 20 milliards de $, j'ai signé avec le coordinateur chinois ces 20 milliards de $ immédiatement décaissables cette année. C'est 1,2 milliard de $ qui concerne la reconstruction de la route Coyah, Mamou, Dabola ; ça concerne la réhabilitation des voiries de Conakry et l'assainissement pour 200 millions et poussière, ça concerne un début de reconstructions des 4 universités ; ça concerne également la ligne Linsan-Fomi pour permettre de garantir la livraison de l'énergie de Souapiti à la Haute-Guinée, ce qui fait l'interconnexion ce qui fait 250 millions de $ », rassure le ministre.
Quant à la question de savoir s'il s'agit de troquer nos mines contre des infrastructures, Kassory botte en touche et rectifie : « non, c'est ressources minières, contre les prêts pour financer nos infrastructures. Ce que j'ai oublié de dire c'est que cette somme de 20 milliards, n'englobe pas Souapiti qui sera signé dans les prochaines semaines, qui porte sur 1,5 milliard de $. Donc si nous faisons la petite arithmétique, ça signifie que nous avons cette année entre 2017 et 2018 en termes de déboursements 3 milliards de $ pour la Guinée, il y a aussi des subventions qui ont également fait l'objet de signatures (protocole d'accords équipement contre les changements climatiques ; accord de coopération pour le financement de l'extension de l'hôpital sino-guinéen notamment) qui font environ 60 millions de $ décaissables cette année et l'année prochaine », selon lui.
Pour M. Fofana, il s'agit là  de « beaucoup d'opportunités pour la Guinée, pour Alpha Condé d'atteindre son objectif d'une croissance économique à 2 chiffres dès 2020. Parce que pour y arriver, on a besoin d'un investissement global privé et public d'un milliard et demi par an. Pour être honnête, ce n'est pas de l'optimisme que j'affiche, mais du réalisme économique en tant qu'économiste ».
Kassory verse dans un optimisme béat, en disant « qu'on peut aller plus loin que ça, si nous accélérons les mesures structurelles qui pèsent sur l'investissement privé, nous éliminons les pesanteurs administratives, l'investissement privé va arriver beaucoup plus vite et plus ça arrive et plus ça fouette la croissance et plus le problème d'emplois se résout. Parce que c'est l'un des challenges de la Guinée, aujourd'hui ».
Il reconnaît cependant qu'on parle de ces montants, tandis que «le Guinéen reste sceptique, et qu'il a raison. Parce que cela ne se traduit pas dans l'amélioration de son quotidien. La seule manière de traduire cela dans l'amélioration de sa vie, est qu'il y ait du travail », a-t-il souligné.
Ce contrat doit s'étendre jusqu'en 2037, il faut le rappeler. Mais la crainte des observateurs porte sur la gestion de toute cette manne financière, dans un pays où l'administration est gangrénée par la corruption. Sans oublier la faible capacité d'absorption des fonds par nos institutions, cela à tous les niveaux, par manque de projets bancables, et fiables. Il faut prendre tout ça avec des pincettes…D'ailleurs pour certains détracteurs du régime, Alpha Condé chercherait juste un stratagème pour faire prospérer son ambition de conduire les destinées de la Guinée, au-delà de 2020. D'où ce projet mirifique, qui pourrait endormir les pauvres d'esprit.
Aliou Sow
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
La charrue avant même de savoir si il a des bœufs disponibles pour cela - vraiment ce type se fout de nous et nous prend pour des crétins. C'est comme un crachat en pleine figure en public...








