« Fatou Badiar et le commandant AOB sont des prisonniers politiques »

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KABA_Mamady_01Dans une interview accordée à notre reporter, le président de l'Institution nationale indépendante des droits humains (INIDH), Mamadi Kaba, dénonce le deux poids, deux mesures dans la détention du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo alias AOB et de Fatou Badiar.  Selon lui, ils sont des prisonniers politiques du pouvoir en place. Nous vous proposons un extrait de la grande interview qu'il nous a accordée.

« Nous observons la situation du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB) et Mme Fatou Badiar parce que le processus judiciaire est relancé par la Cour suprême. Et, nous souhaitons sincèrement voir AOB et Fatou Badiar libres de leur mouvement comme certains de leurs co-accusés le sont actuellement. Et, donc notre souhait est qu'ils recouvrent leur liberté et nous respectons le processus de justice qui est en cours, nous attendons la fin du processus et en suite nous verrons », souligne le président Mamadi Kaba.


Est-ce que ce n'est pas du deux poids et deux mesures ?

Dans la mesure où certains sont déjà libres comme Bah Oury et Tibou Kamara, sur la question, M. Kaba n'a pas manqué de dénoncer son mécontentement : « c'est vraiment une incompréhension chez nous. Nous pensons également que c'est du deux poids deux mesures ; qu'il y a une injustice très grave qui est en train de se commettre à l'endroit de AOB, de Fatou Badiar et consorts. Parce que certains des accusés dans le même dossier sont déjà en liberté. Et c'est ce deux poids deux mesures qui font d'eux des prisonniers politiques. Si tous ceux qui ont été reconnus coupables dans ce dossier étaient en prison, il n'aurait aucun problème ; personne ne s'insurgerait contre l'application d'une décision de justice. Mais à partir du moment où les uns ont été graciés et d'autres ont été pardonnés, eux ils restent encore en prison. Non ! Nous ne trouvons pas ça juste. Nous pensons que si plusieurs personnes ont commis un crime et que l'État guinéen est capable de pardonner aux uns, il doit être aussi capable de pardonner aux autres. Soit il maintient tout le monde en prison pour payer de leur forfaiture qu'ils ont commise, ou alors ils sont tous en liberté et pardonnés pour qu'une seconde chance leur soit donnée. Mais, aujourd'hui, nous assistons à deux poids deux mesures. Ce qui nous attriste énormément et nous continuons de pleurer le sort de ces pauvres victimes et nous souhaitons que très rapidement qu'ils soient rétablis dans leurs droits », a-t-il dénoncé avec un ton impératif.


Dans le même sillage, le président de l'INIDH, est sans pitié en vers le  pouvoir en place. « Nous continuons de considérer AOB et Fatou Badiar comme des prisonniers politiques, parce qu'au début ils étaient des prisonniers de droit commun comme tout le monde. Ils ont été jugés mais le fait que certains des co-accusés qui avaient été condamnés à des peines plus lourdes que AOB et Fatou Badiar ont recouvré leur liberté pour la simple raison qu'ils étaient engagés à servir des intérêts politiques du président alors nous considérons que Fatou Badiar et AOB sont en prison pour des raisons politiques parce qu'ils n'ont pas la volonté ou la possibilité de servir les mêmes intérêts politiques.


Donc, ils sont en prison par leur incapacité à servir des intérêts politiques du pouvoir en place. Ils sont donc de notre point de vue des prisonniers politiques et nous souhaitons sincèrement qu'ils recouvrent leur liberté parce que c'est une honte pour la Guinée. Leur situation est indéfendable, partout dans le monde devant n'importe quel activiste des droits de l'homme, vous n'êtes pas capable de défendre leur détention.


Nous, on n'est pas capable de justifier leur détention parce que si tous ceux qui ont été accusés d'avoir commis ces actes se retrouvaient en prison, alors il n'y a aucun problème. Mais à partir du moment où certains sont en liberté après avoir été reconnus coupables dans le même fait alors eux ils deviennent de pauvres victimes, de pauvres prisonniers politiques. Nous continuons de lancer cet appel à l'endroit des autorités judiciaires de ce pays et notamment à l'endroit du président de la République Pr. Alpha Condé, pour dire que AOB et Fatou Badiar doivent être en liberté comme leurs co-accusés qui sont aujourd'hui en liberté. Leur détention relève d'une détention politique. Aujourd'hui, ce sont des détenus politiques et notre pays n'a vraiment pas besoin.

Et, donc il est important que l'Etat guinéen travaille à traiter les citoyens au même pied d'égalité quelle que soit leur appartenance politique et ethnique. Donc, l'appel que je lance est de tout faire pour qu'ils recouvrent leur liberté. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Et, je lance un appel prêchant pour que AOB et Fatou Badiar recouvrent leur liberté le plus rapidement possible», martèle Mamadi Kaba, le président de l'institution nationale indépendante des droits humains (INIDH).


Il faut rappeler que le commandant Alpha Oumar Baffa Diallo allias AOB et Fatou Badiar ont été arrêté depuis le 11 Juillet 2011 lors d'un attentat déjoué contre la vie du président de la République.


Moussa Traoré

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #4 Gandhi 26-08-2017 18:19

Puisque l'INIDH est "indépendante" mais qu'elle ne peut porter plainte contre le gouvernement guinéen, elle pourrait au moins assister les victimes pour les aider à porter plainte à la Cour de la Cedeao.
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0 #3 Koto Ma Saliou Diallo 25-08-2017 20:55

Citation en provenance du commentaire précédent de AOT Diallo:
Mr Kaba monte de plus en plus dans mon estime!!
- je me demande juste si c'est par prise de conscience de ses démagogies passées ou par simple frustration de son exclusion de la mangeoire malgré ses services rendus a la pieuvre au pouvoir, comme Makanera et Papa Koly...
un "insider" pourrait-il nous en dire plus de cette évolution svp ?

@AOT:à mon avis,il ne faut pas mettre la barre très haute en ce qui concerne le Patron de l'INIDH Kaba.
Chacun au Bled cherche à se faire entendre et se faire voir par tous les moyens pour plaire au Patron du RPG.
Les temps sont très très durs présentement chez Doumbelane avec la nature qui se déferle en plus sur nous.
Actuellement,on ne mange pas politique appliquée en Guinée.Sauve qui peut...Mâle,mâle...On crème de faims partout,dans les bas quartiers.
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+3 #2 AOT Diallo 25-08-2017 18:37

Mr Kaba monte de plus en plus dans mon estime!!
- je me demande juste si c'est par prise de conscience de ses démagogies passées ou par simple frustration de son exclusion de la mangeoire malgré ses services rendus a la pieuvre au pouvoir, comme Makanera et Papa Koly...
un "insider" pourrait-il nous en dire plus de cette évolution svp ?
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+1 #1 bateka 25-08-2017 17:25

Une justice aux ordres du Prof Alpha Conde
On accuse ses supposes opposants et ceux qui se mettent au services du professeur sont gracies les autres croupissent dans les géoles du professeur de droits, opposant historique
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