« Je condamne les partis politiques qui font toujours des revendications spontanées »

Facebook Imprimer    

 

DIALLO_Salamana_01Dans cet entretien accordé à notre reporter, Salmana Diallo, président du Conseil national des organisations de la société civile pour la démocratie et le développement de la Guinée (CNOSC-DDG) dénonce le climat qui prévaut à la CENI. M. Diallo s'est aussi prononcé sur d'autres sujets, en accusant par exemple la SEG et l'opérateur de téléphonie Orange Guinée d'arnaquer leurs clients.


L'Indépendant : quel constat faites-vous de la situation sociopolitique qui prévaut actuellement dans le pays ?

Salmana Diallo : le CNOSC-DDG s'est réuni à son siège à Sonfonia Gare 1, T7. Après analyse, on a constaté avec regret que la situation sociopolitique et économique n'est pas favorable pour la population dans le cadre de la consolidation de la paix et la prévention des conflits.


Que pensez-vous de la crise qui mine la CENI ?

Il faut reconnaître qu'il y a une crise à la CENI. Le CNOSC-DDG demande à la CENI de programmer et d'organiser l'élection locale immédiatement et urgemment. Parallèlement, nous demandons à l'Assemblée nationale de voter une loi qui va régler une fois pour toute le problème de la CENI, c'est-à-dire de voter une loi qui va abroger la loi L016. Il faut la recomposition totale de la CENI. Il faut la recomposition des démembrements de la CENI, c'est-à-dire, il faut transformer cette CENI qui est politique en CENI technique ou en semi-technique. Donc dans ce cas, il faut une nouvelle loi, parce que la loi L016 parle d'une CENI politique.


Que pensez-vous de la destitution de Bakary Fofana ?

L'article 17 de la loi L016 dit que les deux tiers des membres de la CENI peuvent se retrouver en assemblée plénière pour remplacer entièrement ou partiellement son bureau. Si maintenant, 19 commissaires de la CENI se sont retrouvés en assemblée plénière pour destituer leur président, c'est une affaire interne de la CENI. Pour régler cette crise, c'était d'appliquer la loi L016. Maintenant si on ne veut pas que cette loi soit appliquée, alors dans ce cas, il faut que l'Assemblée nationale nous donne une loi qui abroge la loi L016.


Mais récemment, la société civile était réunie pour harmoniser leur position par rapport à cette crise. Qu'en est-il ?

La réunion qui s'est tenue tout dernièrement, ce n'était pas une réunion de la société civile. D'abord, permettez-moi, de dire que la société civile n'a jamais demandé la dissolution de la CENI. Une fois encore le CNOSC-DDG déclare que la société civile ne demande pas la dissolution de la CENI. Parce que ceux qui ont parlé, ne sont pas habilité à parler au nom de la société civile. Pour parler au nom de la société civile, il faut qu'il y ait 2 plate-formes qui se retrouvent au minimum. N'importe qui ne doit pas parler au nom de la société civile.

La société civile propose la recomposition de la CENI, il faut qu'il y ait une autre loi. La solution, il faut que les députés se retrouvent en session extraordinaire pour voter une loi sur la CENI. C'est après que la société civile se retrouve pour demander l'application de la loi. La société civile est là pour demander l'application d'une loi, mais pas pour prendre une décision contraire à la loi.


Aujourd'hui pour une société civile dynamique, qu'est-ce que vous préconisez ?

Je souhaite qu'on harmonise les actions. Nous, de la société civile, nous devons nous retrouver et examiner la situation sociopolitique au lieu de se mettre en rangs dispersés. Déjà, on commence à régler les problèmes de leaderships qui étaient là. Il faut reconnaître qu'en Guinée, il y avait de mauvaise gouvernance au sein de la société civile. La seule plate-forme qui était là, il y a eu de mauvaise gouvernance. Il y a eu de détournements de projets. Le secrétaire exécutif qui était là, avait fait usurpation de pouvoir. Il agissait n'importe comment, il a favorisé l'éclatement de la seule plate-forme qui était là. Et c'est l'éclatement de cette plate-forme, qui a dominé la naissance à plusieurs autres plate-formes. Aujourd'hui, il y a plusieurs plate-formes. Quand même, grâce à l'Union européenne à travers PASSOC et IFES, la société civile est en train de se comprendre et maintenant là, deux plate-formes au moins peuvent se retrouver pour décider.


Quel est votre point de vue sur les manifestations de l'opposition ?

Ce n'était pas mon souhait qu'il y ait des manifestations. Je condamne la façon dont le comité de suivi a été mis en place. D'ailleurs, le CNOSC-DDG, ne reconnaît pas le comité de suivi mis en place par le ministère de l'Administration du territoire et de la Décentralisation. La société civile avait demandé un cadre de concertation qui facilitait le dialogue entre le pouvoir et l'opposition. Je condamne les partis politiques qui font toujours des revendications spontanées. Les cadres guinéens n'ont pas la capacité de prévention. Il faut savoir agir. Un cadre doit savoir prévenir ce qui va venir dans 5 ans, dans 10 ans, ça fait combien de fois, on met en place des cadres de concertations ? Cela n'a abouti à rien. C'est parce que le pouvoir fait semblant d'organiser des dialogues et les partis politiques font des revendications spontanées.

Quand on dit cadre de concertation, tous les acteurs sociopolitiques et économiques, devaient être là, y compris les plate-formes de la société civile. Mais quand tu invites une seule plate-forme, mais ce n'est pas la seule représentante de la société civile. Ce sont les plate-formes de la société civile qui doivent se réunir pour désigner leurs représentants au sein du comité de suivi.

C'est pourquoi nous les autres, on ne reconnaît pas le comité de suivi. Le CNOSC-DDG conseille les responsables des partis politiques de cesser de faire des revendications spontanées. Ils n'ont qu'à accepter de se planifier, d'avoir un programme précis, agir dans le cadre de la prévention. Chaque fois des manifestations, ce n'est pas bon pour la population. Nous demandons au pouvoir et à l'opposition, de voir l'intérêt de la population. Aussi je rappelle que les députés sont en mission du peuple pour défendre l'intérêt de la population. Ils ne doivent pas défendre l'intérêt de leurs partis, mais plutôt l'intérêt de la nation.


Dans une sortie vous accusez la SEG et l'opérateur de téléphonie Orange Guinée d'arnaquer leurs clients. Expliquez-nous ?

Le CNOSC-DDG constate avec regret que la SEG et la société de téléphonie Orange sont en train d'arnaquer ou d'escroquer les citoyens. Et la SEG est en train de faire de la surfacturation, j'ai des preuves. Pendant des périodes où il n'y avait pas d'eau, la SEG continuait d'envoyer des factures. En 2015, 2016 c'était la même chose. En 2017 pendant les mois d'Avril, Mai et Juin, il n'y avait pas d'eau dans plusieurs zones de Conakry notamment à Hafia 2, Sonfonia Gare 2 et certaines villes de l'intérieur comme Labé et Mamou. La SEG doit être sanctionnée. Les sociétés de téléphonie font la même chose. D'ailleurs la société orange fait pire que la SEG. Quand tu appelles dès que ça sonne, on te consomme. Alors que la consommation en communication, c'est quand celui qui a reçu l'appel décroche. Orange est en train d'arnaquer les clients. Il doit être sanctionné. Quand le téléphone de l'autre est éteint, tu appelles, c'est l'ordinateur qui te répond, et là aussi tu es facturé alors que tu n'as pas communiqué. Personnellement, je suis victime d'arnaque de la part d'Orange et je suis victime de la surfacturation de la SEG.


Entretien réalisé par Amadou Sadjo Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
0 #2 tag 07-08-2017 02:11

Ce sont des escrocs, ces petits malins qui se reclament de la Societe Civile. Que des chercheurs de depenses. L'ancien president de leur machin est aujourd'hui un petit dictateur furieux qui perd la boule des qu'une voix se leve contre Alpha Conde a Kankan. Ils ne representent personne; qu'ils la bouclent.
Citer
 
 
0 #1 Gandhi 06-08-2017 11:36

Il faut faire comprendre à ces individus que les organismes prétendant représenter la société civile, ne sont que des simples associations (dont les membres ne sont même pas élus), et qu'ils n'ont pas vocation à représenter tous les Guinéens. Si c'était le cas, ils seraient même plus légitimes que les partis politiques, qui n'en représentent qu'une partie.
Dès lors que les règles de base de représentativité sont respectés, on peut y accorder un minimum de crédit, car sinon ce ne sont qu'artifice destinés à faire croire que les Guinéens sont d'accord avec ce qui se fait. Et comme ils sont financés par le gouvernement...
Moi par exemple, mais comme de nombreux Guinéens, je ne suis représenté par personne.
Citer