Amadou Sadjo Diallo Mercredi, 12 Juillet 2017 09:24
Lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée lundi 3 Juillet à la Maison de la presse, les ONG Avocats sans frontière-Guinée, les Mêmes droits pour tous, Centre d'information de proximité et Enfance du globe ont publié un rapport sur 5 cas de tortures enregistrés à l'intérieur du pays. Sous l'appui du PROJEG, de l'ACAT et de la LDH, ces ONG ont mené des enquêtes pendant 3 ans sur ces cas de violation des droits de l'homme, qu'elles ont dénoncés.
Ces tortures documentées portent sur des atteintes à l'intégrité physique et de détention illégale d'une jeune fille et d'un jeune garçon, accusés de vol d'or à Mandiana en Juin 2013, sur une détention arbitraire de 5 responsables d'une association dans le cadre d'un conflit opposant les populations de Lola et la société minière des Mines de fer de Guinée de Lola en Mars 2012, sur une atteinte à l'intégrité physique et à la vie d'un ex-responsable des jeunes d'un quartier à Lola en Novembre 2011, mais aussi sur des atteintes à l'intégrité physique et arrestations arbitraires de conducteurs de taxis motos à Labé en Octobre 2011 et sur une atteinte à la vie d'un chauffeur bastonné au barrage de Dabola en 2010.
Parmi tous ces cas, aucun n'a fait objet d'enquête judiciaire déplorent les ONG. A la suite de ces différentes violations des droits de l'homme, des recommandations ont été faites à l'endroit des autorités, selon Me Labila Sonomou, président d'ASF-Guinée. Il s'agit entre autre « de ratifier le protocole facultatif à la convention contre la torture et les peines de traitement cruel inhumain ou dégradant afin d'instituer un mécanisme national de prévention de la torture, faire en sorte que la définition de la torture en droit pénal guinéen soit totalement conforme à celle mentionner dans la convention des Nations Unies, créer un mécanisme indépendant de surveillance des lieux de détention, veillez à ce que toute personne placée en détention soit incarcérée dans un lieu officiellement destiné à cet usage et que ses proches et avocats reçoivent immédiatement des renseignements exacts au sujet de son arrestation et de l'endroit où elle se trouve, exclure de toute procédure, les déclarations obtenues par la torture ou sur la torture, relever de ses fonctions tout agent des forces de défense et de sécurité soupçonné de torture jusqu'à ce que les allégations le concernant fait l'objet d'une décision judiciaire définitif», interpelle Me Sonomou.
La Guinée est l'un des premiers pays ouest africains a ratifié la convention contre la torture en 1989. Cependant, « le protocole facultatif a été signé par la Guinée en Septembre 2005, mais toujours pas ratifié. C'est le seul État francophone de la CEDEAO qui n'a pas ratifié ce protocole », déplore Clément Boursin représentant d'ACAT. Poursuivant, il indique que « si la Guinée ratifie ce protocole elle devra dans les 6 mois à 1 an, mettre en place un mécanisme national de prévention de la torture, qui sera un organe qui peut être adossé soit à la commission nationale des droits de l'homme qui se trouve être l'INIDH ou ça peut être un organe qui a pour objectif d'aller visiter les lieux de détention de manière inopinée, régulière. Le but est d'avoir un effet dissuasif sur les forces de l'ordre, les éléments qui peuvent commettre des tortures, également renforcer les capacités des forces de l'ordre ou des agents de l'État par des formations », a-t-il souligné.
Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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