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Surfacturation d’intrants agricoles : Condé ne réagira pas !

Oumar Singelema  Lundi, 31 Octobre 2011 17:05

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KOUROUMA_Papa_Koly_3_01Papa Koly Kourouma, leader du RDR ‒ crédité de 5,74% ‒ et ministre de l’Energie, et Jean-Marc Teliano, ministre de l’Agriculture (2,33%) et leader d’un autre parti politique, tous les deux alliés à l’Arc-en-ciel au second tour de la présidentielle, apparaissaient avec leur homologue du Plan, Souleymane Cissé comme des colis fort encombrants pour Alpha Condé.

Sans être nommément cités dans une affaire de surfacturation d’intrants agricoles pour les uns et d’avoir menti au peuple, pour l’un, ces ministres proches du pouvoir de Conakry étaient sans cesse donnés comme partants du gouvernement Saïd Fofana. De longues semaines après la découverte du pot-au-rose, plus personne ne pipe mot du côté de Sékhoutouréya. Même celui qui a dénoncé les gaffes, en parlant de sabotage de l’action gouvernementale par des hauts cadres de l’Etat. « Je ne comprends pas le fait que Conakry n’ait toujours pas de courant alors que nous avons débloqué tous les fonds nécessaires. (…) On ne veut désormais plus une politique de tape-à-l’œil. Vous avez le courant pour quatre heures, cinq heures, et un ou deux mois plus tard, il n’y en a plus. On veut que la Guinée ait le courant définitivement. (…) on va créer une société de patrimoine qui va produire. Puis, on va mettre en place une société de commercialisation. Ainsi, les techniciens ne se mêleront plus aux questions d’argent. On ne privatisera jamais l’eau et l’électricité. Parce que c’est une question de souveraineté nationale Â», avait dénoncé Alpha Condé, égratignant fort amicalement Papa Koly Kourouma. Lequel avait accusé tout de suite les Finances d’avoir retardé les documents introduits.

Si donc aujourd’hui PPK semble se remettre en selle avec la signature de nombreux contrats liés à la fourniture régulière du courant à Conakry, de l’autre côté, avec les pesticides, plus rien. C’est la bouche cousue. Et pourtant, lors de sa visite aux allures de campagne en Basse côte, Alpha Condé paraissait très remonté contre des ministres: « Aujourd’hui, je sais désormais qui est qui. Il y a des cadres qui ne veulent pas que les choses changent. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre mes dispositions… j’ai détecté des ministres anti-changement lors de la campagne agricole. Ces ministres ont profité de cette campagne pour s’enrichir. Un litre d’herbicide qui devrait être vendu à 40 000 GNF a été vendu par ces ministres à 90 000 GNF. Comment voyez-vous une telle chose ? » C’était du populisme, scandaient déjà certains leaders politiques. Chacun pensait tout de même qu’à son retour de ce voyage basse-côtier, un décret allait tomber. Mais ce fut la désillusion. Et à dessein, pourrait-on dire.

En effet, c’est manifestement l’apport de ces ministres à l’élection du président guinéen qui a dû faire se rétracter Alpha Condé, lequel devait prendre encore son mal en patience. Au risque d’avoir sur son dos, ces deux ministres ‘’renvoyés’’, JMD, malade mais déjà en embuscade pour les ‘’représailles’’ et dans une large mesure toute une communauté qui ne s’est pas encore remise de l’éloignement forcé de l’un des leurs : Dadis Camara encore et toujours en convalescence à Ouaga 2000. Autant donc ménager le chou et la chèvre. Ne serait-ce que le temps de préparer et … éventuellement de gagner les législatives.


Oumar Singuelema
pour GuineeActu.com


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