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Alpha Condé accuse Dakar et Banjul d'être complices de l'attaque de son domicile

Heinan Goba  Lundi, 12 Septembre 2011 15:51

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NIANG_Madicke_01Alpha Condé a affirmé dans un entretien accordé à des médias sénégalais que l'attaque contre sa résidence privée à Conakry, en juillet, avait été préparée à Dakar et que les gouvernements sénégalais et gambien étaient au courant, en mettant nommément en cause un responsable de l'opposition.

"Tout a été préparé à Dakar et nous savons très bien que le numéro 2 de l'UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée, opposition), Bah Oury (Amadou), qui a fui, nous savons très bien qu'il a été un des principaux organisateurs ici en Guinée", a dit le président Condé, à propos de ce qu'il a qualifié d'attentat contre sa personne dans cet entretien à la radio privée sénégalaise Sud-FM et au journal L'Enquête.

"Je n'ai pas voulu qu'on l'arrête, parce que j'ai dit qu'il faut attendre que la justice lance d'abord un mandat d'arrêt, ce qui lui a permis de fuir", a-t-il ajouté.

Il a indiqué qu'en plus de cet opposant, l'organisation de l'attaque impliquait des personnes qui se réunissaient à Dakar, à l'hôtel (Méridien) Président.

"J'ai clairement dit au ministre (sénégalais des Affaires étrangères) Madické Niang et au ministre des Affaires étrangères de Gambie que j'estime (...) que les choses ont été préparées à l'hôtel (Méridien) Président à Dakar et qu'il y a des va-et-vient en Gambie et que j'estime cela ne pouvait pas se faire à leur insu", a-t-il déclaré.

"Je pense qu'il y a la complicité du gouvernement sénégalais comme du gouvernement gambien, même s'ils disent qu'ils ont manqué de vigilance", a-t-il accusé.

Il dit avoir avisé l'ambassade de France à Conakry et certains pays amis des préparatifs de cet attentat, dans lequel il a aussi mis en cause Tibou Camara, ex-ministre secrétaire général à la présidence, qui est tout le temps en Gambie. L'épouse de M. Camara est membre de la famille de la première dame gambienne, selon l'entourage de l'ex-ministre en Guinée.

Alpha Condé a également accusé nommément Amadou Oury Diallo, dit Sadaka, homme d'affaires proche du chef de la transition guinéenne de 2010, le général Sékouba Konaté.

Amadou Oury Bah, Tibou Camara et Amadou Oury Diallo sont actuellement tous les trois à l'étranger.

A la question de savoir s'il n'impliquait pas ainsi indirectement Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG qui séjourne régulièrement à Dakar, M. Condé a répondu: « Je n'ai jamais parlé de Cellou Dalein, j'ai parlé des gens qui se réunissent à l'hôtel. On les connaît: Tibou Camara, "Sadaka", etc. Je n'ai jamais parlé de Cellou Dalein », qu'il a battu au second tour de l'élection présidentielle de novembre 2010.

Comme au lendemain de cette attaque présumée, Alpha Condé a clairement fait savoir qu'il savait que quelque chose de grave allait se passer. Pour quelle raison, a-t-il laissé ses "ennemis" passer à cette attaque qui pouvait lui coûter la vie et plonger le pays dans chaos général ? Alpha Condé ne l'a pas encore dit. D'où le renforcement de la conviction de ceux qui doutent de la véracité de ces faits.

Ce n'est pas la première fois qu’Alpha Condé pointe un doigt accusateur vers la République voisine du Sénégal. Lors d'un meeting qu'il a tenu à son retour du sommet de l'Union africaine à Malabo (Guinée équatoriale), le Chef de l'Etat guinéen a accusé ses opposants réunis à Dakar d'être en train de recruter des mercenaires en vue de déstabiliser son régime. Des médias proches du régime d'Alpha Condé ont qualifié le Sénégal de base arrière de l'opposition guinéenne à cause de la présence à un moment de Cellou Dalein; Sidya Touré de l'UFR (Union des forces républicaines) et Bah Oury.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com

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