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Ces derniers jours, c’est le débat sur le secteur minier guinéen qui défraie littéralement la chronique nationale. Le jeudi 19 mars, un forum s’est tenu à ce sujet au palais du peuple sous la haute autorité du capitaine-président Moussa Dadis Camara. De l’avis général, la situation dans les zones minières est aujourd’hui loin d’être reluisante. A la dégradation de l’environnement s’ajoute la discrimination dont les Guinéens font l’objet pour espérer vivement que les autorités guinéennes prendront enfin des mesures concrètes allant dans le sens de l’exploitation judicieuse des ressources minières dans l’intérêt des Guinéens en général et des zones minières en particulier.
Tous les spécialistes des Mines s’accordent à reconnaître que le sous-sol guinéen est d’une richesse fabuleuse, à faire pâlir de jalousie n’importe quel pays en développement. Mais malheureusement, l’exploitation de ces immenses ressources minières dont regorge leur pays n’a véritablement pas profité aux populations guinéennes en général et aux habitants des zones d’exploitation en particulier. Face à cette situation que certains qualifient d’inacceptable, les jeunes gens vivant dans lesdites zones (de Boké à Beyla en passant par Fria, Kindia, Kouroussa, Siguiri, et Kerouané) ne se sont pas fait prier au cours des derniers mois du régime Conté pour manifester plus ou moins violemment contre la présence des sociétés et compagnies minières. Parmi leurs principales revendications, l’on peut citer entre autres, l’emploi, l’accès facile aux services sociaux de base et la protection de l’environnement. Même si beaucoup de choses restent encore à faire pour donner entière satisfaction aux populations, force est de reconnaître sincèrement que certaines compagnies minières s’emploient, dans la mesure du possible, à participer activement au développement local, par la construction ou la rénovation d’infrastructures d’intérêt public (pont, route, école, centre de santé, mosquée, etc.). Les manifestations dans les zones minières du pays avaient commencé à prendre des allures inquiétantes. Pour protester par exemple contre le mode de recrutement de Rio Tinto dans leur localité, les jeunes de Beyla ne se sont pas empêchés de mettre le feu à trois voitures appartenant à cette société. Les populations de Kamsar et de Fria sont descendues tour à tour dans la rue pour exiger respectivement de la CBG et de Friguia l’amélioration de leurs conditions de vie (fourniture régulière du courant électrique, approvisionnement en eau potable, bitumage des artères de la ville). En octobre 2008, les jeunes de Mambia (préfecture de Kindia) ont pris leur courage à deux mains pour ériger des barricades sur la voie ferrée qui mène au site de Débélé et exiger l’électrification de leur village. L’intervention musclée des forces de l’ordre a fait un mort et de nombreux blessés parmi eux. Quelques jours plus tard, ce fut au tour des jeunes de Boké de se soulever contre le manque d’eau et d’électricité, en dépit de la présence de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBB) depuis trente-cinq ans dans leur région. Ces émeutes à répétition ont amené certains observateurs à penser que l’exploitation des ressources minières de la Guinée n’a profité qu’à une poignée de personnes. Pendant ce temps, l’écrasante majorité de la population continuait de croupir littéralement dans la précarité et la misère noire. Avec l’avènement du CNDD au pouvoir, l’on ose espérer que la transparence, au lieu d’être un simple slogan, sera désormais une réalité tangible dans l’exploitation des immenses ressources dont regorge le sous-sol guinéen. La protection de l’Environnement dans les zones minières, l’emploi et la fourniture des services sociaux de base aux populations desdites zones devraient également être pris en compte. Le jeudi 19 mars, une concertation publique a été organisée au palais du peuple sur le secteur minier guinéen. Une rencontre au cours de laquelle, des représentants de sociétés minières, des syndicalistes et des leaders politiques se sont relayés pour donner leurs points de vue ou faire des témoignages à peine croyables dans le secteur minier. La légitime attente des populations guinéennes aujourd’hui est de voir leurs ressources minières exploitées dans la transparence et dans leur intérêt. Un combat que le CNDD et son président, capitaine Moussa Dadis Camara, sont en train de mener avec détermination et patriotisme.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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