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1- Faire le bilan de la répression
La première déclaration de l‘UFDG faisait état de trois morts : « Nous avons enregistré deux personnes tuées par balle à Bambéto et une autre victime tuée à Koloma ». Au même moment le gouvernement disait qu’ « aucun cas de décès » par balle n’avait été porté à sa connaissance. Plus tard, l’UFDG ne fait plus état que du seul décès de Zakariaou, évènement qui s’est produit après sa première déclaration, ce qui n’a été nié par personne. Alors, avant le décès de Zakariaou, qui avait raison ? L’UFDG ou le gouvernement ? On sait que depuis le 28 septembre 2009, pour minimiser ses crimes, le pouvoir est capable de tout, y compris de dissimuler les corps de ses victimes. On a entendu dire qu’il y a effectivement eu des morts ce 3 avril, mais que les militaires les ont fait enterrer très vite par leurs familles. Et si en réalité il n’y avait pas eu de morts, il n’y a pas de honte à expliquer que dans la confusion des violences créées par les forces de l’ordre, cette première déclaration ait pu circuler de bonne foi.
2- Manifester jusqu’au limogeage du gouverneur de Conakry
Pacifiquement mais fermement, les militants et sympathisants de l’UFDG et tous les Guinéens épris de paix et de justice, doivent exercer une pression jusqu’à ce que le gouverneur, qui est le bras armé et maître d’ouvrage du pouvoir sur le terrain, soit sanctionné. On peut comprendre qu’on puisse passer sur certaines dérives mineures pour le maintien d’une paix malmenée lors de ce second tour, mais tant que seul le camp victime des violences reste seul à se soucier de la paix, il n’y aura pas de paix. Il faut donc forcer le camp adverse à faire des concessions au nom de la paix. En septembre 2009, en novembre 2010 et maintenant en avril 2011, les militants et sympathisants de l’UFDG ont souffert plus que les autres. Et pourtant, s’ils ne réagissent pas fortement, le déchirement du tissu national risque d’aller de mal en pis. Ailleurs, comme à Dubréka, on a manifesté et obtenu le limogeage du préfet, pour des raisons moins importantes qu’une perte en vie humaine.
3- Agir jusqu’à la libération des personnes injustement détenues suite à cette réception
Toujours dans la non-violence mais avec la plus grande fermeté, les militants et sympathisants de l’UFDG, sous l’égide de leurs dirigeants, doivent continuer la pression jusqu’à ce que toutes les personnes injustement arrêtées soient libérées. On parle actuellement de dizaines d’interpellés, dont des femmes. Dans quelles conditions ces personnes sont-elles détenues ? Les simples déclarations et dénonciations ne suffisent pas. Les leaders de l’UFDG doivent comprendre que le vrai leadership se mesure en termes de résultats concrets. Si la politique de la passivité de l’UFDG devait continuer éternellement, le nombre de victimes ne se comptera plus dans les rangs de l’UFDG seulement et de ses sympathisants. Ce sera la dictature.
Adjidjatou Barry Baud Citoyenne guinéenne
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