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A deux mois des présidentielles guinéennes, le Général Konaté ne se lasse toujours pas de former et de nommer des équipes qui ne contribuent qu’à élargir la zone de turbulence qui secoue le pays ces derniers temps.
Après le gouvernement au nombre de membres pléthorique, de Jean-Marie Doré, ce fut au tour du Général de nous étaler la liste d’une vingtaine de conseillers en prenant bien soin de ne pas oublier les responsables du massacre. Quelques jours plus tard, le CNT accouchait non pas des 101 membres qui étaient apparus dans l’échographie mais de 155 membres. Les Guinéens n’ont pas prêté attention à ce petit rajout parce que croyant qu’il n’y en aurait plus d’autres. C’était mal connaître les meneurs de jeu, tantôt c’est le tour de Konaté et tantôt c’est celui de Jean-Marie Doré. Jeudi dernier le premier ministre de la transition vient de nous étaler une autre longue liste de budgétivores.
Alors que la Guinée est gravement malade et qu’elle s’étouffe de plus en plus dans ses dettes publique et extérieure, ceux qui sont censés apporter les soins d’urgence ne se soucient que d’amasser vite et de s’en aller. Tout ceci porte à croire que les actuelles équipes de Konaté ou de Jean-Marie Doré comptent rester au-delà des élections. D’abord du côté du premier ministre, après avoir formé un gouvernement dont la structure n’a rien à voir avec la situation qui prévaut (3 ministères de l’éducation, ministère des audits, du tourisme, etc…), il enfonce le clou cette semaine en faisant graviter autour de lui une autre vingtaine de conseillers dont quelques-uns sont: conseiller-gouvernance, conseiller de l’éducation, de l’environnement, de la lutte contre le Sida, etc… Jean-Marie Doré ne mérite-t-il pas de se faire rappeller qu’il n’a desormais que 2 mois avant de plier bagage ? Si le rôle du CNT n’est que de superviser la transition, qu’attend-il pour rectifier la trajectoire du premier ministre ? Ensuite, le cas du président par intérim n’est pas moindre, lui qui n’avait besoin que de conseillers militaires pour “rééduquer” l’armée, s’est cherché lui aussi 20 conseillers au moins dont certains sont: un ministre-conseiller, un ministre-conseiller à la présidence, un conseiller spécial, un conseiller économique, un conseiller chargé des affaires sociales, etc., pour ne pas trop allonger la liste des inutiles dont la gloutonnerie financière est connue de tous.
Mes chers compatriotes, pourquoi de telles nominations fantaisistes alors que nous savons tous que n’importe lequel des prétendants qui sortira victorieux des élections essuiera d’un revers de la main toute cette population de “faux cadres”? Les caisses de l’Etat ont-elles suffisamment de billets pour payer tous ces 4 gouvernements parallèles dont le mandat expire dans 2 mois ? Ben Sékou de la CENI, quant à lui se met à accuser les partenaires de la Guinée de n’avoir pas honoré leurs engagements pour le financement des élections alors que ses frères ne font que nommer ministres et conseillers dont le salaire d’un d’entre eux ne pourrait être moins de 500 mille de nos maigres francs. A cette allure, je parie sans aucun préjugé, que nous nous éloignons de plus en plus des élections pour cette année et au finish les bailleurs de fonds refuseront de mettre la main à la poche à cause de cette mamaya qui n’augure rien de bon.
Boubacar Bah, Bangkok – Thaïlande
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