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Le dimanche 27 juin, les Guinéens, pour la première fois, se sont rendus aux urnes pour le premier tour d’une présidentielle libre et transparente. Vingt-quatre candidats, dont une femme, étaient en lice pour ce rendez-vous historique. Au moment où nous mettions sous presse, les résultats définitifs n’étaient pas encore proclamés mais les premières tendances avaient permis de constater que quatre des candidats avaient réussi à creuser l’écart par rapport aux autres. Ce sont : Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé et Lansana Kouyaté.
Les Guinéens reviennent de loin, pourrait-on dire avec un certain soulagement. Le 28 septembre 1958, la Guinée a été le seul territoire de l’ex-empire colonial français à avoir rejeté par référendum le projet de communauté franco-africaine. Comme conséquence immédiate de son choix, la Guinée a accédé à l’indépendance le 2 octobre 1958. De cette année à ce jour, ce pays exceptionnellement gâté par la nature n’avait connu aucune élection démocratique digne du nom. Sous la première République, c’est seul le Parti-Etat qui a eu droit de cité. De 1993 à 2005, sous Conté, des élections pluralistes se sont organisées dans le pays, avec des résultats controversés et contestables que tout le monde connaît. Le Parti de l’unité et du progrès (PUP, alors parti présidentiel) a réussi l’exploit, si l’on peut dire ainsi, de remporter toutes ces élections, à la grosse déception des partis politiques de l’opposition. Avec l’avènement du capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), nombreux sont les Guinéens qui ont légitimement caressé l’espoir de voir leur pays renouer enfin avec la bonne gouvernance, au double plan politique et économique. La suite, on la connaît. Les massacres du 28 septembre et la tentative d’assassinat dont le chef de la junte a fait l’objet le 3 décembre 2009 ont donné une tournure tragique à la transition guinéenne. Mais depuis la signature des Accords de Ouagadougou, les choses sont revenues à la normale dans la Guinée du Général Sékouba Konaté, désigné comme le président de la transition. Pour une question de crédibilité et d’impartialité, les acteurs de la transition (Président par intérim, Premier ministre, membres du gouvernement, membres du CNT, éléments des forces de défense et de sécurité en activité) n’ont pas été autorisés à se porter candidats à la présidentielle. Après examen minutieux des dossiers, vingt-quatre candidats, dont une femme, ont été retenus par la Cour suprême pour le premier tour de l’élection présidentielle censée marquer le retour de la Guinée à l’ordre constitutionnel. Les observateurs politiques et autres pronostiqueurs, dans leur écrasante majorité, ont fait de certains candidats les favoris dudit scrutin présidentiel. Il s’agit du Pr Alpha Condé du RPG, opposant historique aux précédents régimes et quatre des anciens Premiers ministres de feu Lansana Conté : Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, Sidya Touré de l’UFR, Lansana Kouyaté du PEDN et François Lounsény Fall du FUDEC. Le dimanche 27 juin, les Guinéens, dans le calme, se sont massivement rendus aux urnes pour le premier tour d’une présidentielle libre et transparente. Au moment où nous mettions sous presse, les résultats définitifs n’étaient pas encore proclamés mais les premières tendances avaient permis de constater dans bien des bureaux de vote de Conakry et du pays profond, que quatre des candidats avaient réussi à creuser l’écart par rapport aux autres. Ce sont Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé et Lansana Kouyaté. Le second tour de la présidentielle opposera probablement donc deux de ces quatre candidats. Espérons qu’une nouvelle fois, les Guinéens, sans distinction d’ethnie ni de région, feront preuve de responsabilité et de patriotisme en votant dans le calme et la sérénité pour donner à la Guinée un président civil accepté de tous. Quant aux perdants, ils devraient, en patriotes convaincus, faire montre d’un fair-play politique qui, lors des prochaines élections, leur sera certainement utile. Il ne servirait à rien de jeter de l’huile sur le feu en faisant des déclarations qui seraient de nature à saper dangereusement les fondements de l’unité nationale.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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