dimanche 23 décembre 2007
Vols d’enfants à Conakry : de la rumeur à la réalité , où trouve-t-on la vérité ?
Image d'archive

Ces derniers temps, il y a de folles rumeurs qui circulent à Conakry, pour ne pas dire dans toute la Guinée. Suivez ce récit qui s’est produit hier samedi le 22 décembre 2007 dans la banlieue de Conakry, plus exactement à Enco 5. Une femme roule dans sa voiture avec son chauffeur au volant, et 11 enfants embarqués à bord. Au dire de cette dame – ce sont les militaires et les policiers qui ont rapporté les faits – les enfants en question n’étaient autres que les enfants de la dame à bord de la voiture plus ceux des ses voisins sortis avec. Ils arrivent au niveau de Cosa, sur la transversale 3, des personnes commencent à dire qu’il s’agit de voleurs d’enfants. Certains enfants étaient effectivement dans le coffre de la voiture, mais on nous dit que le coffre était ouvert. Les gens ont commencé à crier voleurs d’enfants, la clameur publique a suivi cette voiture jusqu’au niveau du carrefour Enco 5. La voiture a été immobilisée à cause des embouteillages habituels en ces lieux. On interpelle les personnes à l’intérieur du véhicule, le chauffeur prend la fuite et on poursuit la bonne dame qui tente de se réfugier à la station de carburant juste à proximité de la voie. On veut la tuer cette dame qu’on soupçonne d’être une vendeuse d’enfants. D’après les témoignages oculaires recueillis sur place, la femme a reçu des coups de bâtons et elle a eu toute sorte d’humiliations. Elle a fait un regard vers le ciel pour chercher secours. Ce sont des propos d’un témoin présent sur les lieux. La police est intervenue pour disperser la population afin de sauver la femme de la vindicte populaire, en la soustrayant difficilement entre ses mains. La foule a jeté des pierres sur le poste militaire, et les brigades anti-émeutes sont venues pour disperser cette foule et envoyer la femme en un lieu plus sûr. La voiture a été calcinée par la population en colère. Nous étions déjà 19 H 30’’.

Le lendemain, je me rends sur les lieux pour de plus amples informations. Là je rencontre un ami journaliste d’une radio privée qui était venu, lui aussi, prendre informations. Les gendarmes et les policiers disent qu’ils ne vont pas parler au micro du journaliste sauf sur instruction et ordre de leurs chefs hiérarchiques. On nous demande d’aller au commissariat central de Petit Simbaya qui est le poste de police le plus important de la commune de Ratoma. Ici aussi, le commissaire de police est absent, nous dit-on, et on nous demande poliment d’attendre. Le commissaire de police lui aussi au téléphone a tenu une version similaire à celle qui a été donnée par les gendarmes, les militaires et les policiers présents sur les lieux des évènements en disant que la femme était avec ses enfants et ceux de ses voisins et qu’il n’y a pas eu vol d’enfants. Pour la population, il s’agit bien de vols d’enfants. On le sait, depuis les douloureux évènements de janvier - février, il y a une certaine méfiance entre cette population et les forces de sécurité. On peut d’ailleurs rappeler à juste titre que l’une des priorités fixées par le gouvernement de consensus de Mr Lansana Kouyaté n’est autre que le rétablissement de l’autorité de l’Etat. A suivre.

M..K. Barry depuis Conakry

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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