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« Une bonne équipe peut réussir le pire des projets. Mais une mauvaise équipe ne peut réussir le meilleur des projets » Citation d’un inconnu.
Du gouvernement de consensus à l’activisme lyrique stérile, à la boiteuse transition écervelée, une crise cinquantenaire de leadership calamiteux, ont fini de changer notre façon de voir et de faire de la politique, en plus d’avoir génétiquement modifié notre mode d’être en civilisation politique africaine : nos traditions de tolérance, d’hospitalité et de fraternité passent à la trappe d’un nombrilisme ethnique virulent, autodestructeur de la concorde nationale.
Les tumultes du microcosme webien de ces derniers jours auront le mérite de mettre sous les projecteurs, la cabale politicienne dont les Guinéens sont victimes, depuis des lustres, dans leur immense naïveté ou tortuosité, selon.
Celle-ci consiste à dissimuler avec un écran de « haine idéologique », la responsabilité morale de tous les acteurs politiques postindépendance qui ont détricoté l’unité et vendangé la prospérité de ce pays pour s’offrir une longévité politique et des sinécures, jusque dans leurs lits de morts respectifs.
Ceux qui ont survécu à tous ces régimes se recyclant sans vergogne au vu et au su de tout le monde, en s’abritant derrières des tensions ethniques provoquées à dessein. Ils ont été de toutes les cuisines politiques morbides servies à longueur de régimes politiques : de la république bananière omniprésidentielle de Sekou à l’impotente narco-ploutocratie politique de Conté.
Oui, les Guinéens n’ont pas un problème ethnique, c’est l’Etat guinéen qui subit de plein fouet un leadership tragique plus que cinquantenaire, qui à chaque convulsion historique retourne les armes miraculeuses de la liberté et de la dignité retrouvées contre ses propres administrés en s’inventant un ennemi imaginaire: afin de tirer les marrons du feu, de la gratification psychologique du citoyen lambda d’avoir un des siens au sommet de notre magistrature nationale.
Les tribulations dadisiennes closes par un « toumbicide » sans précédent, le prouvant à suffisance, si besoin en était !
Dans ces circonstances, seul le réflexe sécuritaire dans son ethnie rassure des dérives meurtrières des détenteurs du pouvoir d’Etat. Un des enjeux de cette élection c’est comment rompre avec cette violence inouïe devenue partie intégrante de notre culture d’Etat.
Dommage qu’une certaine approche « ethnoscopique » aux loupes pourtant à double foyers n’y voient ni plus ni moins que des consignes de « votes ethniques » en occultant que Cellou a tout juste capitalisé les dérives machiavéliques de la soldatesque grisée par l’élixir du pouvoir. Je vous fais grâce de la communication haineuse du Cassandre de Zaley et sa cour d’imprécateurs ethnofascisants qui ont fait le lit de sa notoriété en cristallisant autour de sa modeste personne la sympathie et la compassion des Guinéens.
Comme sous d’autres cieux aussi troubles « Papy Condé » avait bénéficié de l’onction populaire de son terroir voire au-delà. Cette fois-ci, c’est la proximité historique des élections qui a tout simplement favorisé Cellou, le poids démographique du terroir à la grande surprise générale certes ayant électoralement fait pencher la balance de son côté, lui permettant d’éclipser l’adversaire immédiat, ce que le Rpg n’a pu faire avec le maitre de la parole et les autres porteurs d’eaux.
Un Malinké, un Soussou ont dirigé la Guinée de main de maitre, avec droit de vie et de mort sur n’importe quel citoyen sans autre forme de procès, sans pour autant que la Guinée ne devienne un Paradis. Alors ce n’est pas parce qu’un Peul pourra décrocher la timbale présidentielle que la Guinée sera ou deviendrait subitement un enfer pour les autres ethnies avec lesquelles ils ont en partage une foi islamique commune millénaire, qu’un syncrétisme culturel et brasage interethnique à sceller dans le marbre d’une coexistence pacifique pérenne.
Pourquoi Cellou serait-il moins inexcusable que cet aréopages de braconniers de notre économie aux chevilles de « Papy Condé » étrennant son jubilé dans une in-fa-man-te agitation médiatique, pour repousser de ses frêles bras ethnopoliticiens, le tsunami devant l’accompagner à sa dernière demeure électorale ?
Déphasé et dépassé par l’amplitude de la débâcle du premier tour « Papy Condé » ne sait plus à quel Saint se vouer, un jour il prend le sein de Conté pour une bénédiction maternelle présidentielle posthume ; le jour suivant il réclame une hostie providentielle à l’âme défunte de Sekou sous une pierre tombale qui n’a jamais abrité un corps volatilisé entre Cleveland et Rabat. Il n’a tout simplement pas le standing d’un Homme d’Etat moderne et visionnaire !
On ne sème pas la haine entre ses concitoyens, après un exil cinquantenaire, par une stratégie boiteuse de communication latérale « lepénisante » à profusion pour masquer la vacuité de son offre politique afro-socialisante, pour ne pas se payer un retour de bâton électoral, auquel cas les Guinéens sans distinction ethnique se rappelleraient aux mauvais souvenirs du martyrs des heures si peu glorieuses du Petit Père des goulags des tropiques. La stratégie du boulet ne passera pas !
Les Guinéens ne sont plus dupes, ils ont senti et compris, la supercherie du cheval de Troie, car « Aliboron Condé » est le bouclier humain, pardon ! présidentiel, auquel devra leur salut l’autre clan rival, prêt à passer à la déchèterie électorale pour assurer leurs rentes politiques. Il n’a pas de projet de société pour la Guinée, il n’a qu’une ambition personnelle celle de rentrer dans l’histoire ce qui l’a incliné à choisir un des clans devant l’accompagner ; du reste pour une imminente bérézina électorale.
L’un dans l’autre, dans ce marché de dupes aux relents consanguins, on ne sait plus qui est l’appât ou le dindon de la farce électorale. Les uns voulant s’offrir une immunité gouvernementale à défaut d’une virginité politique, au prix de grands-écarts idéologiques qui ont dû laisser de mauvais souvenirs à certains « baraya » avec une haute teneur de souffre en prime.
Alors « Papy Maximo Condé » reviendra-t-il de ce long tunnel électoral sans rancune après avoir souillé son honneur immaculé de chevalier blanc de l’opposition contre un « fumeux slogan du changement », dévidé de son âme historique, en reactionnant la machine électorale à perdre ?
Décidément l’opportunisme en politique peut conduire à tout, tout le moins quand on est submergé par des vagues de peurs de perdre infranchissables. Le pire c’est quand la triste destinée de perdre sans gloire s’en mêle. Alpha Condé aurait pu se faire l’économie d’une compromission si compromettante aux yeux de beaucoup de Guinéens qui l’auraient suivis, moi y compris : Alpha ibara pérdi !
Je ne parlerai même pas du CV bidonné à souhait mettant en tête de gondole la présidence d’une association festive d’étudiants avec une expertise virtuelle à la tête d’une société que notre « Yinguema national » battrait à plate couture par ses performances au quotidien, nourrissant père et fils compris.
Je n’en reviens pas de ces « hara-kiris intellectuels » sous l’emprise d’un douteux bénéfice du doute alors que nous avons l’opportunité historique non pas d’élire Cellou mais une équipe dont l’expertise est louée de partout dans un contexte où les contre-pouvoirs fonctionneraient à plein régime. La rédemption de la classe politique entière demeure une option irréversible pour donner un nouveau départ à ce pays !!!
En effet, pour la bonne gouverne de certains, c’est un consensus tacite de la classe politique qui a permis de casser un os constitutionnel, permettant la candidature d’Alpha Condé à un âge si avancé, avec les dégâts collatéraux sanitaires de sénilité « wadesienne » que cela pourraient provoquer au plus haut au sommet de l’Etat : qui se souvient encore de l’interminable fin de règne de Conte !
Oui c’est l’armistice politique « gentleman’s agreement » implicite ayant mis les audits sous le boisseau de la candidature farfelue de Dadis, qui aura permis la prolifération massive des partis et la résurrection des clans politiques qui ont usé et abusé de l’ignorance de Conté qu’ils ont ruiné politiquement en naufrageant au passage notre économie dans la corruption et l’impunité.
Après, c’est une imposture ou procès en sorcellerie politique de revenir par la petite lucarne assassine de la mesquinerie politicienne éculée, de vouloir faire porter le bonnet d’âne du bilan de Conté à Cellou, au seul motif de sa longévité gouvernementale et autres quincailleries sur son honorabilité pendant que « Aliboron Condé » parade sous le parapluie de l’empire financier de l’homme de paille de Conté. Tous les anciens collaborateurs de Conté ont été dans l’indifférence complète de l’opinion publique, sur la même ligne de départ électoral, la messe ayant été dite : « c’est vrai que la logique politique dans ce pays, c’est de parler de logique sans avoir un échantillon sur soi...... »
En réalité les différents clans qui se livraient une guerre sans merci dans la cour des miracles du défunt Président, constitués des vieux pontes du Pup, ont muté en écuries politiques croupionnes, rivales, dont la mauvaise graisse, la crème de la médiocrité, s’est agglutinée en quantité industrielle au tour de « Papy Condé » parfois sous la férule impitoyable d’une Fatwa communautariste.
Alors que « Prési-Cellou » a préféré la fine fleur technocratique de qualité, démocratiquement éclairée pour répondre aux urgences que commande l’état calamiteux de notre pays pour dépoussiérer, réformer l’administration et mettre les indicateurs biologiques de notre économie à l’heure de la croissance, en attendant le soleil prochain de sa consécration présidentielle.
Si « Papy Condé dans « sa débrouillardise électorale » dit qu’il n’a pas de problème avec les Peuls, Cellou transporté par une extraordinaire mystique de Rédemption NATIONALE, a envoyé des signaux forts, pour une citoyenneté rénovée, pendant toute la campagne du premier tour. Qu’il n’a pas un amour tyrannique de son ethnie, que sous l’arc-en-ciel républicain on est frères, que le vrai pouvoir démocratique, guidé par un bon sens politique novateur au nom de la sainte trinité de notre devise nationale, est celui qui se « partage » pour le grand bien commun des Guinéens.
Dans la transparence et le respect des différences afin de rétablir l’équilibre de la terreur ethnique rompu par ses prédécesseurs, rampe de lancement d´une refondation nationale, du renouveau démocratique dans notre pays par la promotion de l´égale opportunité de droit et chance de mener une vie décente avec un travail libérateur du génie des Guinéens.
Les Guinéens doivent impérativement cesser d’avoir peur les uns les autres au nom de peurs reptiliennes d’altérité, parce que la Présidence change « de locataire ethnique ». D’ailleurs ce n’est qu’un bail électoral quinquennal. Au loisir des Guinéens de le changer ou de le garder par leurs suffrages en raison de son aptitude à changer leur quotidien.
A suivre...
Alpha Oumar Fela Barry, Paris
www.guineeactu.com
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