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J’emprunte l’expression d’un rappeur pour exprimer ce que m’inspire notre drame national en fin octobre 2010 soit plus de 4 mois après le 1er tour de notre élection présidentielle. Ce maudit 2e tour aura lieu un jour, peut-être le 07 novembre, mais cela n’a plus vraiment d’importance; l’élection présidentielle est (presque) finie mais la démocratie et la reconstruction de la nation détruite par 52 ans d’erreurs continues ont encore reculé. Une fois de plus ces notions nobles ont glissé presque entièrement entre les doigts des 11 millions de Guinéens. Je ne cesserai jamais de le répéter, notre pays est l’otage d’une bande de criminels militaires et civils qui manipulent tous les autres Guinéens comme des marionnettes. En imposant en janvier 2010 à Ouagadougou un processus électoral précipité et irréaliste ils savaient bien qu’ils créaient un terreau durable pour leurs activités criminelles, pour les ambitions personnelles exacerbées de nos politiciens, pour des replis identitaires extrêmes et finalement pour des conflits ethniques. Ils savaient que ce cocktail explosif était suffisant pour faire échouer la transition en cours, provoquer une rupture sociale générale aux conséquences terribles, suffisantes pour assurer leur maintien à la mangeoire nationale. Nos candidats et nos populations des 4 régions naturelles, en particulier tous ces analphabètes fanatisés et manipulés par des politiciens devenus fous et leurs communicateurs extrémistes ne sont que des pions insignifiants. Et le pire certains intellectuels, dans le pays et dans la diaspora, sans utiliser leurs capacités d’analyse apprises grâce à leurs études foncent tête première dans le panneau raciste ce qui prouve qu’ils n’ont toujours rien compris, alors qu’ils ont vécu le même scenario depuis plus de 52 ans! Comme s’ils n’avaient rien appris des drames du Rwanda, du Liberia, de la Sierra Leone, du Kossovo, de la Cote d’Ivoire et de la Guinée-Bissau; comme si ils n’avaient pas constaté qu’après tous ces crimes les manipulateurs et leurs assassins ont été monté en grade et pleurent avec nous lors des minutes de silences malhonnêtes. Finalement les seuls perdants sont à chaque fois les victimes directes et leurs pauvres familles, les habitants des charniers, les « balles perdues » et les « manches longues ou courtes »; tous les autres iront demain se faire « la bise guinéenne » hypocrite, comme dans tous les pays cités plus haut…
Cette mafia de tricheurs et d’assassins pathologiques n’a qu’une seule chose en tête : le statut-quo de la médiocrité et la continuité d’un système qui à leurs yeux doit persévérer, quelque soit le prix à payer. Et tous les coups sont permis, surtout les plus bas comme les affrontements ethniques sanglants, les attaques et viols contre des femmes et des enfants. Le rêve de ces bandits est que tous les vrais patriotes guinéens, ceux qui ne rêvent qu’à la fin du cauchemar national se découragent définitivement, les laissent faire et ne cherchent plus qu’à aller se refugier le plus loin possible du pays. Maintenant Il faut leur dire haut et fort qu’ils se trompent à 100%, que nous avons tous compris leur jeu et que plus rien ne nous arrêtera de les virer des instances de décision de notre pays. Le vrai combat pour l’avancement de la Guinée a été raté dès le départ de cette fausse transition parce qu’une bande de militaires, politiciens et autres « forces vives » au pouvoir ont fait passer leur enrichissement et leur bonheur personnels avant les sacrifices indispensables pour reconstruire entièrement notre tissu économique et social.
Le père de la nation guinéenne telle que nous la connaissons aujourd’hui, celui qui en 1958 après avoir été une des premières fiertés africaines a crée cette mafia nationale. En même temps il a torturé et tué ses principaux amis de combat contre la colonisation tout simplement parce que ceux-ci avaient compris que sa moralité et ses visions étaient trop limitées pour développer notre pays à la dimension de ses potentialités réelles. En 24 ans de dictature populiste féroce, elle s’est perfectionnée au delà de ses espérances et en 1984 elle l’a enterré sans aucun regret en mettant au pouvoir un militaire inculte qui s’est noyé avec plaisir dans le pillage des biens publiques et la médiocrité à son image. Voila tout ce qu’elle espérait – la toile d’araignée a continué à s’étendre, sans aucune résistance et elle a poussé ce bouffon à refuser de faire la lumière sur les crimes de son prédécesseur, malgré ses promesses initiales – pas étonnant bien-sûr puisqu’’il y avait participé ! Ils l’ont même aidé en 1985, tout juste pour couvrir leurs œuvres machiavéliques, à massacrer sans procès la majorité des responsables des crimes précédents – et en même temps comme d’habitude, de nombreux innocents mais cela n’a jamais eu aucune importance pour eux. En 2008, après le départ définitif du général-président-paysan suite à une longue agonie (et qui a été tous bénéfices et sans regrets pour eux), ils ont failli pour la première fois se faire prendre à leur propre jeu de petits calculs habituels : ils préparaient dans l’ombre leur nouveau poulain mais ils ont été devancé par un « jeune capitaine » de notre armée félonne avec des idées différentes sur le changement nécessaire en Guinée, mais qui hélas qui n’avait pas toute sa tête en place. C’est vite fait que ce dernier a été retourné pour en faire un pantin ridicule, un nouveau riche de leur espèce et surtout un petit despote dont la seule ambition était devenue de faire comme ses prédécesseurs, sinon mieux. Décrié du monde entier, même par les éternels naïfs guinéens que ces bandits ont toujours su manipuler sans problème, ils ont décidé de s’en débarrasser dare-dare. Vite fait, voilà le capitaine parano qui est trépané par son plus proche garde de corps et bienvenue au colosse armé du front qui ne rêvait qu’à deux choses : 1) devenir riche encore plus vite que ses prédécesseurs et 2) faire le tour du monde des palaces sans débourser un franc de sa poche. Bien-sûr la continuité de la situation ambiante passait forcement par milles stratagèmes de plus en plus épiques pour empêcher tout changement véritable de système politique et social au pays. Le ridicule ne gêne absolument pas ces gens-la : ils vivent en plein dedans depuis plus de 52 ans! Et les 4 fois qu’ils ont pu rattraper la balle à la veille de leur chute inévitable, le peuple guinéen comme un amnésique autiste, a applaudi à tout rompre le nouveau guignol de service, lui a dressé des portraits géants au palais du « peuple soumis », dans tous les carrefours du pays, sur leurs pare-brises et même sur leur T-shirts. Et bonjour à chaque fois la mamaya nationale pour un bonhomme que personne ne connaissait deux semaines avant cette forfaiture minable. Il n’y a pas à dire, à chaque fois nous nous laissons prendre comme des pigeons sur un champ de tir à la foire du ridicule mondial.
Voilà notre situation actuelle, celle que nous vivons chaque matin depuis 52 ans et que nous connaissons tous. Le temps n’est-il pas venu de choisir si nous voulons continuer pour encore 50 ans sur le même chemin ou si le moment est enfin venu de leur dire « c’est fini, quelque soit le temps que cela prendra? Nous ne vous laisserons plus faire, nous vous dénoncerons en Guinée et partout ailleurs et nous vous vaincrons, ou nous mourrons en essayant. Et alors nos enfants reprendront le flambeau et eux ils réussiront, car la Guinée n’est pas maudite ni perdue, elle n’a juste pas encore trouvé les constructeurs de son bonheur. Elle a bien démarré en 1958 et elle a ensuite dégringolé progressivement mais inexorablement, justement en raison de vous, nos zéros nationaux ». Le principal programme politique et le premier modèle de société dont nous avons maintenant besoin pour changer définitivement la Guinée et la faire enfin avancer se résume en très peu de mots : « mettre fin à l’emprise de cette mafia civilo-militaire sur le pouvoir national »; tout le reste suivra ensuite aisément. Le moment est venu d’explorer l’autre face de la médaille…
Le 31 Octobre 2010
A.O.T. Diallo Guinéen mais optimiste!
www.guineeactu.com
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