vendredi 28 mars 2008
Vivement le retour de la directrice de « Alo-Guinée » à Conakry
Chantal Cole

Après son expulsion vers la France, Chantal Cole se préparerait à revenir en Guinée où elle vient de faire la une de l’actualité, pour avoir dénoncé les échecs du Gouvernement Kouyaté lors d’une conférence de presse au  Novotel. Explications…

Chantal Cole n’est plus à présenter. Mais les raisons avancées pour son expulsion laissent le temps à une analyse pour éviter à l’avenir de tels actes. La toute première question qui nous revient, est de savoir si Chantal Cole est guinéenne ou pas. Même si elle n’était pas une Guinéenne, avec son impact  économique et social pour la promotion de la téléphonie à travers Areeba et les emplois créés pour la jeunesse, elle n’a plus le statut d’un citoyen ordinaire qu’on jetterait facilement en prison ou au-dehors. Avec donc le statut de guinéenne, l’action des autorités se corse avec les principes et postulats contenus dans notre Loi fondamentale. Il s’agit de la liberté d’expression ou de la liberté d’opinion qui permet à chacun de savoir l’avis de l’autre en toute circonstance, pour un dialogue constructif. Quelque part, il y a abus, quand certains crient au délit pour expliquer le renvoi de Chantal Cole. Mais dans tous les cas, le système judiciaire est bien préparé pour faire la lumière sur chaque acte posé. Ce qui nous permet de poser la question au ministre de la Sécurité qui a formulé la plainte bien en retard. Pourquoi avoir précipité l’expulsion d’une concitoyenne ? Les magistrats ne sont-ils pas les seuls à déterminer les sanctions y afférentes en la matière ? Encore une fois, la Police devait jouer son rôle d’interpellation, mais laisser la Justice se saisir du dossier, pour éviter une aventure peu honorable pour les autorités, confrontées à une crise économique et sociale  dont les conséquences s’appellent  pénurie d’eau, de courant, de pain etc. .. Pour le riz, la viande, le sucre et bien au-delà, la souffrance a atteint ses limites.

Qu’on l’aime ou pas, Chantal Cole va revenir en Guinée. Le délit, si tel est le cas, ne peut être absous par cette expulsion, et ne peut empêcher de constater ce que fait ou ce qu’a fait Lansana Kouyaté. Pour preuve, faites une lecture des propos de Jean-Marie Doré dans le dernier numéro de « l’Indépendant » et sur guineeactu.com, par rapport au bilan du gouvernement. Les termes et leurs significations n’engagent que M. Doré. Encore que nul n’ait osé lever le petit doigt parce que la vérité des faits ne se discute pas. C’est en quelque sorte, sans détour, ce qu’a dit Chantal Cole dans sa conférence de Presse. A vouloir arrêter tous ceux qui manifestent par voie de presse, leur désaccord avec le Gouvernement, c’est aller construire plus de prisons. Nous estimons que l’heure du bilan n’a surpris personne et que les ratés ne peuvent être cachés ni détournés, mais il faut les corriger. Cette option ne peut se faire sans déménagement. Mais pas à travers des expulsions ou des intimidations.

Le Guinéen a assez vu et entendu. Il n’aspire maintenant qu’à la réalisation de son bonheur. Et à propos de bonheur dans la téléphonie, c’est bien l’œuvre salvatrice de Chantal Cole qui a favorisé le déblocage. Cette tranche d’histoire a fait plaisir aux Guinéens qui, pour avoir une puce alors, devaient payer plus d’un million de nos francs. Qui est donc heureux qu’on sanctionne ainsi cette Madone de la téléphonie locale ?  Suivez mon regard… C’est donc avec bonheur que les Guinéens vont recevoir celle qu’on a voulu exfiltrer de la Guinée, pour ne plus lancer ses critiques à la face de l’équipe Kouyaté, en mal d’initiatives et totalement désemparée. En définitive, l’expulsion de Chantal Cole aura permis d’abréger les souffrances du gouvernement. Peine perdue.  Ainsi va la vie.

Aboubacar Sidick Sampil,
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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