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mercredi 30 juin 2010 |
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Vive le général ! A bas le président ? |
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Superlatifs (ras de marée, un vote historique...) rumeurs, (les trois premiers sont...) supputations, contestations anticipées (si jamais untel arrive en tête, le pays sera à feu et à sang...), et en contradiction avec les superlatifs de préambule, quitte à les remplacer par d’autres, les élections les plus frauduleuses que la Guinée ait connues, un Président plus ethno, tu meurs ! Etc. On croit déjà entendre avant même de le connaître :
A bas le Président !
Il y a deux certitudes. Le Général Sékouba Konaté, si tout se passe bien jusqu’au 19 Juillet, aura rempli son contrat avec Rabat, Ouaga, surtout avec son peuple. L’Histoire passera par pertes et profits sa participation passive ou active dans les coulisses du Dadis Show qui a mené le pays au plus grand stade des horreurs. Je ne suis pas amnésique, mais j’oublierai pour l’honneur d’un soldat sorti du lot d’une armée vaillante, hélas trop souvent souillée par le déshonneur des répressions récurrentes des deux dernières décennies, oui, je passe sur son discours de Fria. En notant au passage que l’insurrection populaire de janvier et Février 2007, l’holocauste du 28 septembre, la balle de Toumba, Rabat, et Ouagadougou étaient des étapes de la voie obligée pour forcer la Guinée à abattre le mur de la honte élevé par la fiente de quelque deux cent chauve souris qui ont plongé le pays dans leurs ténébreuse culture de la corruption, de l’incurie proliférant dans une insolente incompétence.
Le prochain président sera élu par une concordance d’élans, d’espoirs pour le changement, d’atavismes ethno régionaux, voire régionalistes qui ne sont pas les meilleures conditions pour bâtir le premier Etat de droit de Guinée depuis 1961.J’oublie les cantiques idéologiques, les promesses de campagne sur l’unité nationale, un Guinée pour tous, une nation transversale, ensemble faisons ceci et cela, et tutti quanti.
Justement pour ne pas rester dans les incantations entendues depuis près de cinquante deux ans, émaillées de crimes économiques et de crimes de sang, le président qui sera élu, devra dans l’urgence :
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Former un gouvernement qui ne sera pas le reflet de son électorat ethno-partisan, non pas seulement en termes de quotas Bagas, Kissi, Koniagui, Maninka, Hal Pular, etc., au contraire, la composition son équipe devra être la mesure de son adéquation avec la volonté de rétablir l'unité nationale, une pierre de touche de son engagement à
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Contribuer au démantèlement de l’appareil d’Etat incarné par des pilleurs qui se donnent la main, des mains sales, souvent par-dessus leurs ethnies, ce que j’ai appelé l’Ecole guinéenne, qui a fait la ruine de l’Etat. Le nouveau président aura comme priorité la rénovation de la vieille Administration par de nouvelles structures conformes à une nouvelle vision du monde, qui propose un modèle de développement autre que celui qui a court depuis les Soleils des Indépendances qui a partout échoué, détruisant au passage les cultures nationales, développant de façon géométrique la capacité de nuisance des apatrides en cols blanc, parangons de l’inculture nationale,
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Solliciter les ressources humaines compétentes, honnêtes, dont regorge la Guinée à l’intérieur et à l’Extérieur de nos frontières pour meubler de nouveaux cadres organiques conçus uniquement pour l’efficacité. Un gouvernement réduit à sa plus simple expression, qui exclue les allégeances ethno partisanes, les deals, les pactes pré ou post électoraux,
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Nommer un Médiateur de la république dont la mission essentielle serait de venir en amont et en appui au travail de la Cour suprême qui a déjà du pain sur la planche, mission qui ne sera aboutie que si :
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Aussitôt élu, le président fait organiser un débat national le plus large, le plus inclusif qui soit, qui balaiera toutes les questions surgies, amoncelées au fil des deux républiques, non pas pour hâter une réconciliation de façade, mais pour expliquer comment on en est arrivé à ce degré de délabrement économique, culturel, et moral.
Naturellement, il faudrait plusieurs pages pour arriver à la conclusion que ce premier président devra mettre en place un programme de gouvernement et surtout, concevoir les prémices de l’émergence d’un vaste plan d’alter-développement pour remettre la Guinée sur de nouveaux rails et lui permettre de reprendre le chemin de l’histoire.
Saïdou Nour Bokoum
www.guineeactu.com
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