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Au cours de sa visite en Guinée, le 26 juillet dernier, le président sénégalais Me Abdoulaye Wade, en dehors des réunions qu’il a eues avec le chef de la junte, a aussi conféré avec les forces vives de la nation. Le conclave s’est tenu à la case Belle- vue, au sortir duquel notre reporter a recueilli les sentiments de certains leaders.
Jean Marie Doré, SG/UPG
« La visite de Wade a été une bonne chose »
« Le président Wade est venu faire une visite d’amitié aux autorités guinéennes et il a demandé à rencontrer les forces vives pour prodiguer des conseils. Mais aussi pour partager avec les forces vives que nous sommes les expériences de sa gestion pour que tout soit centré dans l’intérêt supérieur de la Guinée. Ceci dans le calme, la sérénité en appelant chacun à respecter ses engagements. Donc je crois que la visite de Wade a été une bonne chose ».
Hadja Fatou Bangoura, RPG
« Nous sortons satisfaits de cette rencontre »
« Je pense que la visite du président Wade en Guinée est une bonne chose. Ce n’est pas que ne soyons surpris par son arrivée, parce que comme vous le savez autant que moi, Wade est un chef d’Etat qui s’est intéressé très tôt au problème de la Guinée. Et il le fait d’ailleurs pour toute la sous région. Nous l’avons suivi avec beaucoup d’intérêt. Et les sages conseils qu’il a eus à prodiguer je pense que c’était très important. Nos portes paroles aussi ont bien parlé. Ils ont dit ce qu’il fallait dire. Le lapsus commis aussi a été corrigé. Je pense donc que nous sortons satisfaits de cette rencontre avec le président Wade ».
Mouctar Diallo, Pdt/NFD
« La rencontre a été plutôt complaisante »
« Je voulais faire des précisions, parce qu’il y a une confusion qui était entrain d’être glissée de façon très subtile par M. Jean Marie Doré. Donc je demandais la parole pour apporter un éclairage et souligner des éléments que je considère importants. Notamment le fait que le président Moussa Dadis n’arrive pas à dire effectivement qu’il ne sera pas candidat en 2010. Il dit qu’il n’est pas candidat en 2009, cependant il ne fait rien pour que les élections se tiennent en 2009. Le CNT qui devrait être mis en place depuis le mois de mars n’est pas encore en place. Il ne fait rien pour clarifier sa position nette et claire qu’il ne sera pas candidat en 2010. A mon avis il y a vraiment des choses à éclaircir à ce niveau. Donc pour moi c’était une opportunité de dire à son ‘’Père’’ Abdoulaye Wade d’être très clair avec lui par rapport non seulement à la tenue des élections en 2009 mais aussi qu’il ne sera pas candidat, et qu’il ne soutient aucun autre candidat. Parce que quand on lit le dernier « JA », on voit que le président Dadis ne veut pas organiser les élections en 2009. Donc moi je voulais souligner cela au président Wade, mais malheureusement on n’a pas voulu me donner la parole. C’est pourquoi je considère cette rencontre comme une rencontre de complaisance. Sinon, moi je dis que quand tu viens écouter des acteurs politiques et sociaux il faut bien les écouter surtout quand ils demandent la parole. Je pense donc c’est une complaisance qui n’aura pas d’impact réel sur le processus ».
Hadja Rabiatou Diallo, SG/CNTG
« Il faut que les forces vives et le CNDD se fassent confiance »
« Je pense que s’il y a un engagement politique du CNDD et des forces vives il n’y a pas de raison que nous ne respectons pas nos engagements. Vous savez quand on est couché dans son lit on peut prendre la position qu’on veut. Mais quand on prend un engagement, ça devient une dette que tu dois respecter. Maintenant, quand il y a aussi des contraintes qui t’empêchent de le respecter, ça c’est autre chose. Donc nous, nous sommes dans la logique que le président Wade nous aide à travers ce dialogue pour que les guinéens puissent se comprendre. Il faut qu’il y ait la confiance entre le CNDD et les forces vives et que la population nous fasse confiance. Parce que tout le monde ne peut pas discuter ici de l’avenir de la nation. C’est pourquoi les forces vives disent tantôt que le cadre n’est pas approprié. Ce n’est pas parce que le cadre n’est pas indiqué pour discuter. Mais quand nous rendons les rencontres populistes, n’ayant pas le même niveau d’information et de formation, il risque d’avoir des dérapages. C’est pourquoi nous disons de discuter l’avenir de la nation dans un cadre très restreint. Et je pense qu’aujourd’hui le climat est plus ou moins mieux détendu. Donc à mon avis les guinéens doivent prendre conscience pour regarder l’avenir de la nation en face. Je dis que la Guinée n’est pas pauvre, mais plutôt on nous a rendus pauvres. Parce que nos richesses sont à ciel ouvert. Et il faudrait que les guinéens soient unis pour bien les exploiter. Nous devons nous écouter et dialoguer pour faire avancer ce pays ».
Louceny Fall, Pdt/FUDEC
« Il revient à Wade de tirer les premières leçons de son voyage »
« Je dirais que nous sommes très encouragés par cette visite de Wade, parce que nous connaissons sa grande expérience, sa matière de médiation dans les conflits. Ses derniers succès, c’est en Mauritanie et en Guinée- Bissau. Et si le président Wade a décidé de venir offrir sa médiation de bon voisin comme il l’a dit, nous ne pouvons qu’être optimistes pour la suite des opérations. Parce que nous savons que le président Wade décide de mettre au service sa riche expérience, il nous aidera certainement à sortir très rapidement de cette situation en achevant la transition par des élections paisibles. Et je pense qu’après avoir écouté son homologue guinéen et les forces vives, il lui revient désormais de tirer les premières leçons de son voyage. Mais comme je le dis, nous le connaissons du fait de l’avoir vu plusieurs fois à l’œuvre. Nous savons que c’est un homme toujours averti à la recherche de la paix en Afrique. Nous sommes donc conscients qu’il fera la même chose en Guinée pour essayer de donner un coup d’accélérateur au processus déjà en cours ».
Dr Ibrahima Fofana, SG/USTG
« Sa venue en Guinée ne nous surprend pas »
« Vous savez, le président Wade est considéré aujourd’hui en Afrique comme un président très sage, toujours prêt à intervenir dans un pays au moment où le désespoir commence à se faire ressentir. Vous avez suivi ce qu’il a réussi en Mauritanie. Donc sa venue en Guinée ne nous surprend pas dans la mesure où il est attentif à toutes les situations de crise que traverserait aujourd’hui un pays africain et à plus forte raison un pays de l’Afrique de l’Ouest. Il faut ajouter à cela que la Guinée entretien avec le Sénégal des relations historiques, humaines et culturelles. Donc sa visite en Guinée n’est qu’une suite logique de cette réalité historique. Et dans la mesure où il nous a dit sa disponibilité de venir en Guinée à chaque fois que c’est nécessaire, je pense que c’est une bonne chose. Je pense que les conseils prodigués par ce sage doivent être utilement utilisés par le CNDD et les forces vives dans l’intérêt supérieur de la Guinée ».
El hadj Kaba Baro Condé, représentant du Conseil des sages
« Sous l’arbre à palabre, il y a des vérités qu’on peut se dire »
« Nous avons apprécié la prestation du président Wade dans la mesure où cette intervention s’inscrit dans le cadre du bon voisinage. Les relations entre les peuples sénégalais et guinéen ne datent pas d’aujourd’hui. Ce sont deux peuples qui ont les mêmes aspirations. Et les responsables de ces deux pays se sont toujours donné la main dans le cadre du respect des traditions africaines. Les sages de Guinée assistent de tout cœur le mouvement de transition pour que tout se passe dans les meilleures conditions. Et comme d’habitude sous l’arbre à palabre, il y a des vérités qu’on peut se dire et accepter. Je crois que c’est dans ce cadre que le président Wade, en tant que sénégalais d’abord, ensuite africain est venu écouter toutes les parties en Guinée et voir dans quelle mesure il peut s’impliquer, afin que ce pays, très riche, puisse exploiter sa richesse au bénéfice de tous les guinéens. Donc avec l’intervention du président Wade, je crois que la transition sera un exemple à suivre ».
Propos recueillis par Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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