vendredi 6 août 2010
Visite de Compaoré en Guinée – Des acteurs politiques réagissent

Rabiatou Serah, présidente du CNT 

« Sékouba Konaté a été le vrai acteur des Accords du 15 janvier à Ouagadougou, donc aujourd’hui, qu’il vienne toucher du doigt la réalité lui-même, bien que ses représentants aient été là tout au long du processus, c’est une bonne chose, cela nous réconforte, nous ragaillardit et met le peuple de Guinée encore en confiance. Parce que, il est convaincu que la réussite de cette transition, c’est la réussite du Président Compaoré, c’est la réussite du Président Konaté. Mais la réussite de cette transition ferait non seulement sortir le pays de la crise, mais aussi toute la sous-région, voire tout le continent africain. Et comme j’aime à le dire, nous avons engagé un match de football et on a fait la mi-temps, la mi-temps c’est un petit repos. Ensuite on va à la seconde mi-temps. Cela ne dit pas que la mi-temps doit être renvoyée le lendemain, sinon le match n’aura plus de sens. Ainsi dit, il n’est pas dit que quand vous allez à une mi-temps, il faut changer absolument les acteurs pour entamer la deuxième mi-temps ; au contraire les arbitres ou l’arbitre central doivent continuer jusqu’à la fin du match. Je pense que rétablir cela aujourd’hui est indispensable. Je me félicite aussi des deux discours prononcés à l’enceinte du Palais du peuple parce qu’on a vu l’engagement des deux présidents, ils nous ont encore orienté, ils nous ont remis sur le bon chemin. Le message que je vais apporter est de rappeler que les Guinéens doivent prendre compte aujourd’hui l’essentiel. On a fait le premier tour, il faut qu’on aille au 2e tour, il faut qu’on sorte le pays de la crise, c’est un passage obligé. C’est par cette option qu’on peut éloigner les risques des violences dans le pays, alors c’est un choix que les Guinéens doivent faire. Si nous voulons le retour à l’ordre constitutionnel, il faut aller au deuxième tour. Si nous ne voulons pas la paix, il faut alors continuer à confier la transition aux militaires, à rester dans la pauvreté, ce qui ne serait pas bon pour le peuple de Guinée. »

Alpha Condé, candidat du RPG

« D’abord moi j’ai toujours apprécié le Président du Faso, ça fait des années, et je lui suis reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour la Guinée. Je lui ai exposé mes préoccupations. Vous savez très bien que mes voix ont été amenées à Kankan, à Lola, Mandiana, mais les PV n’ont pas été présentés et il se trouve que c’est El hadj Boubacar Diallo, le représentant de l’UFDG à la CENI, qui a caché les procès-verbaux, ce qui est un délit pénal. Nous avons déposé plainte, donc pour nous il s’agit d’abord de régler les problèmes au sein de la CENI, c’est-à-dire que les deux candidats doivent être pris au même pied d’égalité, c’est tout ce que je demande, que les dysfonctionnements soient réglés. Ce n’est pas la date qui est importante pour moi, je vous ai expliqué déjà le nombre de bureaux de vote à Kankan alors que le code électoral dit qu’un bureau de vote ne doit pas être situé à plus de 5km. Pour moi la date est moins importante, il faut que le 2e  tour soit accepté par le peuple, dans ce cas il faut que tous les dysfonctionnements enregistrés au 1er tour soient corrigés. Si c’est corrigé, pour nous, on peut aller aux élections à n’importe quelle date. On ne peut pas accepter que, s’il y a deux candidats, la planification des opérations soit dirigée par les membres d’un représentant des deux candidats ! Je ne veux pas que quelqu’un de chez moi soit mis à ce poste mais je veux que nous soyons mis sur les mêmes pieds d’égalité dans toutes les structures de la CENI. Je ne demande pas les réformes de la CENI mais j’ai porté plainte contre des gens qui ont commis des fautes lourdes et qui doivent être sanctionnés parce que, pour ce qu’ils ont fait, le code civil a prévu qu’ils doivent être condamnés sévèrement par la loi. Je demande son application. Tout ça a été constaté, le conseiller juridique du MATAP est venu constater, le gouvernement même a déposé plainte. El hadj Boubacar Diallo avait des PV qui devaient être déposés dans son bureau tout le monde sait ».

Jean Marie Doré, Premier ministre

« Ni par les populations ni par les candidats, donc nous avons constaté au premier tour des dysfonctionnements importants, les résultats de beaucoup de circonscriptions n’ayant pas été transmis à Conakry. Cela est dû à des facteurs qu’il faut identifier et liquider ceux entrainant d’éventuels dérapages, il est bon qu’on se le dise. Quant à voir le processus de près, il faut observer ceux qui ont la main à la patte d’un autre œil. Nous avons commencé la transition dans des conditions difficiles et Dieu nous a assistés. Il n’y a pas eu trop de délits, c’est impératif de conclure dans les meilleures conditions possibles. Nous aurions fait notre travail, nous aurions fait œuvre utile pour la Guinée. Si quelqu’un persiste, c’est son affaire ; si quelqu’un veut aller lentement, c’est son affaire, mais nous avons à conclure un processus qui a commencé dans des conditions difficiles et il nous faudra présenter un bilan. Il faut présenter un bilan, je l’espère que ce sera possible.

Vous-mêmes voyez le temps que j’ai fait à Conakry sans compter en plus ce que je vous dis sur le terrain. Il y a des réalités incontournables, mais certains peuvent dénoncer et dire : « nous voulons de ceci, ou de cela », c’est leurs affaires, nous ne répondrons pas ; quand on sera sorti du processus, le premier qui sera à faire la critique, il trouvera Jean Marie devant lui, voilà.

Dans mon gouvernement, je représente deux ministres qui viennent du mouvement social. S’il y a des minorités qui s’expriment par ci, par là, nous sommes en démocratie : dans une marre, il y a des grenouilles, il y a des crapauds qui coassent.

La date du 22 Août correspond à quoi ? Nous nous avons le MATAP et la CENI qui doivent travailler ensemble pour fixer ensemble la date qui convient, s’ils disent que c’est le 12 août, nous irons aux élections le 12. Mais il ne faut pas que l’ un des organes obéisse à des étrangers ou impose des dates qui ne correspondent à rien du tout, c’est cela la question ; et je le dis très fort : la CENI a proposé, elle n’est pas le seul organe chargé des élections, les accords de Ouagadougou disent que c’est le gouvernement qui organise les élections, nous avons laissé la marge à la CENI et elle s’est laissée envelopper par des compilations extérieures à la volonté du peuple de Guinée et nous devons corriger cela pour que nous rendions une copie propre. C’est tout, il n’y a pas d’autre interprétation. C’est la CENI et le MATAP qui doivent nous assurer que les dysfonctionnements ont disparu, peut-être pas entièrement (…), mais que les élections seront gérables et qu’on pourrait maîtriser correctement les petites erreurs qui pourraient se manifester par ci par là ; mais en attendant, les coassements des anonymes ne vont pas faire dévier le gouvernement dans une direction qu’on n’a pas voulue. Si les gens veulent nous aider, ils nous aideront, s’ils ne nous aident pas, la Guinée va s’assurer comme le 28 septembre 58. Nous sommes indépendants, nous assurons la totalité de nos responsabilités, que cela soit clair.

On a constaté beaucoup de dysfonctionnements dans la CENI mais on est en train de tenir tout ce qui est annoncé, tout ce qui est dénoncé et nous allons apporter des solutions dans le but d’organiser correctement le processus sans trop de précipitation sous trop de lenteur. »

Cellou Dalein, candidat de l’UFDG

« Je vais livrer mes sentiments sur : les derniers développements politiques en Guinée et dans le cadre de la transition notamment par rapport à la préparation du second tour. Moi j’ai indiqué au Président que je pense (comme lui) que le temps à mettre entre le 1er tour et le 2e tour doit être limité. Si on ne peut pas respecter la lettre de la constitution il faut en respecter l’esprit, l’esprit est que le 2e tour doit intervenir quelques jours après le premier, dans les conditions normales attendre deux à trois jours, et ensuite on ne peut pas changer d’arbitre ni de règles de jeu au cours de la mi-temps. Je pense que la CENI c’est les représentants de tous les partis politiques. Je pense qu’il n’y a pas de raisons de changer le dispositif (tel qu’il existe) de la transition, vous avez un CNT, vous avez un gouvernement de transition, vous avez un président de transition je pense qu’on devrait continuer avec le même institutionnel sans rien modifier. Ce qui est à modifier c’est d’apporter des améliorations aux dispositifs organisationnels, améliorer la qualité des ressources impliquées dans la gestion des bureaux de vote et veiller à ce que les centralisations se passent dans la transparence et dans le respect des règles et des procédures.

Moi je suis surpris aujourd’hui par les propos que tient mon adversaire mais je comprends qu’il soit un peu désœuvré avec le score qu’il a réalisé, avec les risques de défaite qui sont là devant lui. Je comprends les menaces de violences, il a toujours le statut d’opposant, opposant au régime, opposant à la CENI, à ceci et cela. Il faut dénoncer des gens, c’est des gens qui sont coupables, ils sont responsables de son score, moi je crois qu’il faut qu’il se ressaisisse et fasse preuve de sérénité et qu’on aille aux élections comme on l’a été au 1er tour dans le respect mutuel, dans la retenue pour sauver la paix, pour sauver et consolider l’unité nationale et que la démocratie gagne. Le 2e tour aurait dû avoir lieu le 04 août. En raison de la nécessité pour la CENI de corriger certaines faiblesses qui ont été identifiées au 1er tour, on a estimé qu’il était bon de lui donner une semaine. Par la suite on a dit 2 semaines, par la suite on a dit peut être le 22 août. La CENI qui est chargée de l’organisation des élections a estimé que le 22, elle serait à même d’organiser des élections crédibles en corrigeant toutes les faiblesses qui ont été identifiées lors du 1er  tour. Je pense qu’il n’y a pas de raison - pour respecter l’esprit de la constitution et accélérer le retour à l’ordre constitutionnel- d’aller au-delà. J’estime que la CENI doit indiquer la date la mieux indiquée par rapport à l’organisation des élections crédibles.

Moi j’ai assisté à une réunion du groupe international de contact au cours de laquelle, les membres du groupe ont demandé au MATAP, à M. le ministre s’il était satisfait de la collaboration qu’il avait avec la CENI. Il a dit qu’il entretient d’excellentes relations avec la CENI dans l’organisation. Au niveau des préfectures, il y a une coordination préfectorale et je pense qu’on ne peut pas changer d’arbitre aussi pendant la mi-temps. Le 1er tour a eu lieu comme l’a dit tout à l’heure la présidente du CNT, la 1ère mi-temps a eu lieu, la 2e mi-temps doit suivre. Moi, je ne pense pas que ces accusations soient fondées, je ne pense pas qu’il faille à ce stade-là, menacer de violence et dire « que je vais libérer mes militants », mais chacun en a. Souhaitons qu’on n’en arrive pas là et que la sagesse finisse par prévaloir. »

El hadj Amadou Oury Baldé (1er  vice-président de la CENI)

« On est très heureux d’être reçu par le Président du Faso. D’une manière sereine il a répondu à nos préoccupations. Nous avons expliqué les différentes étapes du processus, les résultats où on est parvenu, il nous a encouragés et il nous a demandé de continuer de prendre les dispositions qu’il faut pour lever tous les obstacles et les points critiques qui ont été les défaillances du premier tour. Nous avons fait un premier tour dans les conditions apaisées, mais il y a eu quelques faiblesses et quelques petites défaillances. La CENI a pour objectif essentiel de lever ses points, il faut régler tout ce qui n’a pas bien fonctionné, parce que nous voulons qu’au sortir du second tour des élections, les résultats soient crédibles, transparents et acceptés par tout le peuple de Guinée. Nous sommes en train de travailler sur les différents points dont on a parlé et la proposition de la date ; déjà nous avons une idée précise de la date : mais en attendant, il y a des conditionnalités et des choses à régler, certains détails. Mais écoutez : si un leader porte plainte, il est libre de porter plainte, donc par rapport à cela la CENI est sereine de son travail mais c’est vrai, il y a eu des défaillances. Nous sommes entrain de travailler sur tous les problèmes qui semblent compliquer la situation. Je ne vous laisserai filtrer aucune date, ici nous sommes en train de travailler, on a des préalables que nous sommes en train de faire, donc je voudrais vous prier d’accepter cela. Quand nous serons prêts vous serez informés à temps.


Bah Ibrahima Sory et Boubacar Bagnan Alpha Camara

L’Indépendant, partenaire de
www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
konate, samedi 7 août 2010
lamn kaba,tu n`as honte?? peut etre tu es un gnamoden si tu es malinke c`est ton probleme ne vient pas raconter des betises ici
FIDEL, samedi 7 août 2010
Nous avons tout vecu dans ce pays comme souffrance, mais les differents gouvernements ont pu quand même assurer la Paix pour ce peuple. Nous avons assurer la Liberté du Peuple et la paix. Donc vous(Gouvernement de transition et leaders politiques) avez interet aussi à reussir cette transition dans la paix, n`oubliez jamais que vous serez comptables de son échec.
lamne kaba, samedi 7 août 2010
moi je suis malinke mais jamais plus grand jamais que je vote pour le rpg .alpha conde n`est pas un vrai guineens pour qoi nos parent le suporte.moi je suis vrai kaba je ne voterait jamais pour le rpg aplha conde est vrai burkibe comme younoussa conte le dit et encord il a fait qoi en guinee un leader bidon vide rebell non les kaba ne vote jamais pour le rpg un burkinabe d`origine ne peut pas moi me commande chz moi en guinee je vote pour un guineen l`ufdg cent pour cent guineen merci.
guine, vendredi 6 août 2010
Mr le futur president comment voullez-vous qu`ont place au moins de cinq km une urne? Je pense il faudra laisser la CENI faire son trawail car Ils ne metront jamais cette idee en exploration car la distance entre urnes n`as aucune importance mai plutot la densite reglementr par la CENI qui ne permet pas plus de 1500 persones par bureau de vote.
modybhoye, vendredi 6 août 2010
donc le probleme se trouve au niveau de la ceni,il faut ecarter les coupables,remplacer les par des personnes neutres,alpha a parfaitement raison;c,est de cette maniere seulement que les resultats seront accepter par tout le monde,il ne faudrait pas continuer a faire les memes betises surtout si la stabilite du pays est en jeu.les elections ne doivent pas etres considerer comme un match de foot.les candidats doivent etres traites au meme pied d,egalite.la ceni a montrer ses limites;donc sa reorganisation estsalutaire;un organe qui n,a meme pas de responsable,c,est maintenant que ben sekou devrait faire son travail;mais a defaut il est a l,exterieur.nous savons comment les gens se comporttent au pays(quand le chat est absent,les souris font la fete).la guinee n,a pas seulement le second tour a faire,le travail est immense.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011