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Avant-propos
La période de transition en cours en Guinée depuis le 23 décembre 2008 a été marquée de désillusion et d’événements tragiques malgré l’espoir qu’avait suscité la prise du pouvoir par l’armée.
La répression sanglante d’une manifestation d’opposants le 28 septembre 2009 au stade du même nom contre une éventuelle candidature du capitaine Moussa Dadis Camara, Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), aux prochaines élections fut le comble de cette désillusion.
La tentative d’assassinat du chef de la Junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, le 3 décembre dernier, par son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Toumba Diakité a ouvert un nouvel épisode. Dès lors, le Général Sékouba Konaté, numéro trois du CNDD, qui assure l’intérim a tenu un discours encourageant conciliateur qui a été salué par les guinéens et la communauté internationale, dans lequel, il a affirmé sa ferme volonté d’œuvrer pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Ce discours a été concrétisé par l’accord de Ouagadougou signé le 15 janvier 2009 entre le Capitaine Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté sous l’égide du président Blaise Compaoré, médiateur dans la Crise guinéenne. Cet accord prévoit entre autres la nomination d’un Premier ministre issu des Forces Vives, la mise en place du Conseil National de Transition (CNT) et l’organisation des élections dans un délai de 6 mois, auxquelles ne participeront ni le Premier ministre, ni les membres du gouvernement de transition et ceux du CNT, ni les membres du CNDD.
Malgré quelques interrogations, cet accord suscite auprès des Guinéens et de la communauté internationale un nouvel espoir. Il constitue une avancée considérable dans la résolution de la crise et pour le retour rapide et durable à un ordre constitutionnel. Cet accord, dans sa majorité, satisfait à la fois les aspirations des partis politiques réunis au sein des Forces vives mais aussi du peuple de Guinée dont le désespoir était à la mesure des dérapages constatés à divers niveaux depuis la prise du pouvoir par le CNDD.
En effet, dans le contexte actuel de la Guinée, au-delà de divers problèmes structurels macro-financiers, sociaux et institutionnels, le pays se trouve à un nouveau carrefour politique de son processus historique de développement.
De ce fait, la particularité de cet accord réside non seulement dans la grande perspective démocratique qu’il ouvre mais également dans le fait que pour la première fois dans l’histoire politique de la Guinée, l’opposition arrive à l’un des sommets du pouvoir exécutif. La symbolique résultant d’un tel évènement est forte, car elle envoie le signal que le processus démocratique, amorcé à l’issue d’inlassables luttes populaires fondées sur un éveil des consciences, semble irréversible. De plus, la Guinée, bien qu’elle soit entrée en marche forcée sur la scène internationale suite aux atrocités du 28 septembre 2009, peut corriger cette image en la transformant en une leçon de vie pour les autres pays, en réussissant son processus démocratique après tant de douleurs et de souffrances.
C’est dans cette perspective, que le club NIMBA CAP21, fidèle à ses engagements et dans le souci d’apporter sa contribution à cette phase cruciale de l’avenir de la nation guinéenne a jugé nécessaire de formuler dans ce document un ensemble de propositions pour la réussite de cette transition.
Ce travail s’inscrit dans la suite logique du mémorandum sur la transition publié à l’issue de la conférence de mai 2009 co-organisée par le Club à Sciences-Po Paris. Lors de cette conférence intitulée « Quelles priorités pour une transition débouchant sur une véritable démocratie », le Club Nimba Cap21 avait déjà estimé nécessaire de baliser le chemin et de fixer les priorités de la transition afin d’éviter toute dispersion.
Face à la nouvelle donne, nous renouvelons ce travail car nous sommes convaincus que cette période transitoire doit servir de base pour l’instauration d’une véritable démocratie.
Pour ce faire, il est indispensable que tous les acteurs de la transition mettent l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de tout autre intérêt partisan. Nous estimons, en outre, que les objectifs de la transition et les actions prioritaires à mener doivent être clairement définis pour éviter tout risque d’enlisement du processus.
Le présent document donne des éléments de base analytiques à la réalisation optimale de ces différents chantiers qui attendent le peuple tout entier, en identifiant les mesures conjoncturelles dont l’agenda d’exécution est conforme à la période de six mois fixée par ledit accord.
Il est évident qu’en six (6) mois, tous les problèmes guinéens ne pourront être résolus, d’où la nécessité de fixer le cap et les priorités.
De ce fait, notre objectif à travers cette publication n’est pas de faire des propositions exhaustives sur la situation en cours dans notre pays tant cette dernière reste encore fragile et soumise à évolution dont le sens est difficilement prévisible à ce jour, mais celui de fournir des éléments de base d’une réflexion sujette au changement et surtout à l’amélioration par d’autres apports.
Dans un premier temps, nous présenterons les organes de la transition et leurs attributions et dans un second temps, les actions que nous estimons prioritaires pour cette phase de transition.
Pour télécharger et lire l’ensemble du document, rendez-vous sur le lien suivant : http://www.nimbacap21.org/UI/AfficheNews.php?idNews=20100222185323
www.guineeactu.com
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