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Les violences post-électorales ont fait mardi deux nouveaux morts en Guinée, un à Conakry et un en Moyenne-Guinée (centre), a appris l'AFP de source policière et auprès de la Croix Rouge, portant à au moins quatre le nombre de décès depuis lundi dans le pays.
Ces cas de violence sont intervenus avant et après la proclamation lundi soir des résultats provisoires du second tour de la présidentielle du 7 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).
L'opposant historique Alpha Condé l'a emporté avec 52,5% des voix contre 47,4% à son adversaire Cellou Dalein Diallo qui a dénoncé des "fraudes" et annoncé son intention de déposer des "réclamations" devant la Cour suprême qui doit confirmer les résultats provisoires.
"Ce matin à Conakry, dans le quartier de Simbya, un homme a été tué par un soldat. Il y a eu une dispute entre eux, l'homme a voulu s'échapper, et le soldat lui a tiré dans la nuque", a indiqué une source policière.
A Pita, ville de Moyenne-Guinée, des partisans de Cellou Dalein Diallo ont manifesté et pillé deux villas, lorsqu'un voisin, partisan du camp opposé, a tiré "tuant l'un d'eux et en blessant 14", selon un membre de la section locale de la Croix-Rouge.
Ces deux morts s'ajoutent au décès d'une personne lors d'incidents lundi à Conakry, rapporté par la police, et à celui d'une autre personne dans une ville de Moyenne-Guinée, Dalaba, dans la nuit de lundi à mardi, selon des témoins.
Ceux-ci ont rapporté que des militaires avaient tué un jeune homme d'une trentaine d'années dans des circonstances mal déterminées.
A Conakry lundi, des affrontements avaient opposé de jeunes partisans de M. Diallo aux forces de l'ordre, faisant selon la police au moins un mort et une trentaine de blessés parmi les manifestants.
M. Diallo a affirmé que les violences dans la capitale avaient fait deux morts, ce qui n'a pu été confirmé mardi de sources officielles ou indépendantes.
Les forces de l'ordre sont massivement présentes dans les villes de Moyenne-Guinée, région peuplée à 80% de Peuls, l'ethnie à laquelle appartient Cellou Dalein Diallo, ainsi que dans certains quartiers de Conakry.
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest, Said Djinnit, a cependant estimé mardi (bien mardi) à Conakry que la Guinée était "généralement calme" en dépit "d'incidents isolés".
16 novembre 2010
AFP
www.guineeactu.com
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