vendredi 17 décembre 2010
Violences électorales : Les souvenirs émouvants d’une victime
Ibrahima Barry

Les 16 et 17 novembre dernier, Conakry a été le théâtre de violences électorales sans précédent. Les partisans du candidat malheureux, Cellou Dalein Diallo, qui contestaient les résultats provisoires de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre qui patrouillaient dans les quartiers afin d’étouffer les manifestations.

Et les dégâts sont énormes : des morts, de nombreux blessés et de dégâts matériels importants. Parmi ces nombreuses victimes, figure Maître Ibrahima Barry, chef du garage ‘’Barry Bantignel’’, situé à Ratoma dispensaire. Il raconte avec émotion les souvenirs de ces folles journées.

« Dans la journée du 17 novembre 2010, j’étais assis à l’intérieur du garage avec huit autres amis dont un conseiller du quartier. Les portails de la cour étaient rabattus. Pendant que nous causions, j’aperçus sur la route un groupe de militaires qui passaient. Ayant dépassé le garage, ils sont revenus sur leurs pas, se dirigeant vers nous. Je compris tout de suite qu’ils voulaient nous agresser. C’est ainsi que je me levai pour mettre les crochets du portail. C’est là qu’ils ont tiré, la balle a transpercé le portail pour venir se loger dans la paume de ma main gauche. J’eus un doigt brisé par la balle. Et du sang jaillit. Et comme de l’extérieur ils voyaient mes pieds, ils tirèrent deux autres balles qui ont transpercé le bas du portail. Heureusement que celles-ci ne m’ont pas atteint. C’est ainsi que j’eus couru me cacher dans un petit bureau. Ils vinrent défoncer le portail pour rentrer dans la cour. Cinq bérets rouges, quatre pandores, cinq agents de la Fossepel et quelques individus en civil. Soit 17 personnes au total. Ils nous attaquèrent, cassèrent les pare-brises des véhicules, endommagèrent neuf autres, et blessèrent deux de mes amis avec leurs armes.

Les autres réussirent à escalader le mur pour échapper. Ensuite, ils jetèrent du gage lacrymogène dans une concession. Et terminèrent leur sale besogne par arracher des véhicules, trois postes radios, quatre téléphones portables et une moto appartenant au fédéral de l’UFDG de Ratoma. Des objets qu’ils emportèrent. C’est grâce à la croix rouge que nous reçûmes les premiers soins. La Croix rouge nous déposa à Donka, où nous fûmes enregistrés sur un registre avant de recevoir des soins. Mais c’est seulement le lendemain que ma main fut plâtrée. »

A ce jour, cette victime a déjà produit un rapport de cette agression barbare qu’il a déposé au HCR. Il doit déposer le même rapport à l’OGDH et à l’Organisation Internationale des Droits de l’Homme. Et le moment venu, il déposera une plainte auprès d’un tribunal, dit-il, « pour coups et blessures volontaires, tentative d’assassinat, vols à main armée… Mais pour l’instant, il pense que ce n’est pas nécessaire, mais sait seulement que ceux qui les ont agressés étaient à bord d’une camionnette de la brigade mobile N°2 de la gendarmerie de Hamdallaye. Ils n’étaient pas venus avec le véhicule jusqu’au niveau du garage. Ils l’avaient garé au niveau du centre de santé Jean-Paul II. Là également, ils étaient rentrés dans une chaudronnerie appartenant à Korka Diallo. Et les dégâts causés sont importants. Ils ont cassé 12 véhicules dont 8 camions-remorque. Comme on le déplore partout, l’action des militaires guinéens est vraiment belliqueuse. Après le retour au calme, Me Ibrahima Barry dit avoir rencontré un soldat qu’il connait bien, de la Fossepel, lequel lui a dit : « mon beau, je regrette ce qui est arrivé, mais nous ne pouvions rien… », conclut l’une des nombreuses victimes de la répression.


Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Mory Diakité, mardi 21 décembre 2010
Cher Haroun. Je maintiens que c’est toujours un plaisir de discuter avec vous, même lorsque vous me faîtes des procès d’intention. Vous aviez attiré (pardon, vous attirâtes) mon attention dans un passé récent que mes propos sur le sort des jeunes filles pouvait laisser à interprétation. Je vous ai assuré (pardon je vous assurai) que si interprétations il a pu y avoir, je n’étais pas (pardon je ne fus) pas indifférent à leurs sorts. Vous paraissiez (pardon, vous paressâtes) rassuré. J’arrête avec le passé simple. C’est trop compliqué pour moi. Je n’ai jamais dit que ce monsieur n’était pas courageux. Là c’est de l’interprétation et un mauvais procès d’intention. Dans mon esprit, même les plus courageux auraient fui, ce que n’a pas fait ce monsieur. Il est donc plus courageux que les plus courageux. Je suis frappé par son stoïcisme. Une balle dans la main. Des barbares au trousse, et il trouve le temps de compter ses agresseurs. Je trouve juste cela ADMIRABLE. Pour votre information, j’ai fait mon service au sein de la légion étrangère il y a quelques années déjà à Nîmes. Et je peux vous assurer que j’ai déjà eu des canons pointés contre moi. Mais je dois avoir l’honnêteté de reconnaître que ce n’était pas dans les mêmes circonstances que ce monsieur. Pour revenir aux agresseurs, ce monsieur n’a pas dit qu’il s’agissait uniquement des agents de la Fossepel. Il a été plus précis que cela. Je condamne donc, à froid, toutes les exactions. Tous leurs auteurs même s’ils portent le nom de Diakité. Mais je partage vos points de vue. On doit expurger l’armée de tous ces parasites qui sont de surcroit criminels et lâches.
Gandhi, lundi 20 décembre 2010
Cher Mory, vous êtes décidément incorrigible. Le passé simple est le temps utilisé pour raconter des histoires (au sens propre). Ce Monsieur n`est selon vous pas courageux, puisqu`il n`a pas fui, donc il a eu le temps de compter ses agresseurs. CQFD. Je vous rappelle accessoirement qu`à Conakry, lorsqu`un jeune arrêté s`enfuyait, on lui tirait dessus comme un lapin. Où est le courage ? Le jour où vous aurez une arme pointée sur vous, vous arrêterez de dire n`importe quoi. Seule l`expérience - indépendamment de la culture - permet de comprendre ce que ressentent beaucoup de personnes face à des criminels avec qui on ne peut même pas discuter. J`en sais quelque chose. Et si vous supposez que les agents de la Fossepel sont des assassins - à froid -, qu`attendez-vous pour les dénoncer ? car des gens qui violent des femmes sont peut-être capables de tout, mais ce sont avant tout des CRIMINELS, et accessoirement des lâches.
Mory Diakité, dimanche 19 décembre 2010
Ce récit me paraît trop romancé, ce qui n`enlève rien en sa plausibilité. Honnêtement, je ne connais pas beaucoup de monde qui emploie le passé simple autant de fois en aussi peu de lignes. On parle d`un monsieur sur qui on vient de tirer. Et au lieu de fuir, ce qu`aurait fait les plus courageux, il a le temps de compter qu`il y avait 17 personnes au total. Il est tellement précis qu`il donne même le nombre par unité: 5 bérets rouges; 4 pandones; 5 agents de la Fossepel et...quelques individus. Or, 5+4+5 = 14! Pourquoi il n`a pas dit 3 individus. Qu`on se comprenne bien, je ne dit pas que ce qu`a subit ce monsieur soit faux ou pas. Je dis simplement que c`est pas clair. Et je ne veux pas me faire manipuler. Pour finir, Guineeactu devrait masquer le nom et le visage de ce monsieur. Car comme il souhaite porter plainte, certains parmi ces 17 individus pourraient être tentés de le faire taire et/ou intimider. Des gens qui violent des femmes sont capables de tout.
mamadou, dimanche 19 décembre 2010
Yves et Mohamed vous ne ne reflechissez meme pas, vous pensez que tout est fait, justice sera rendu tot ou tard.inch Allah
Barry, vendredi 17 décembre 2010
aujourd`hui Cellou peut se sentir victorieux de son combat il est l`hero de cette democratie guin et lénsemble des militant et sympatisans d l`alliance des batisseur cette alliance, ce proces nous conduira a un meilleur avenir mais je suis optimiste par lasuite des evenements.Cellou le sauveur il nous a evite de sombre dans le cas la paix est la plus chère aux peuple que des interet indivdiduel il s; est montre Homme d`Etat capable de sacrifier ses avandage pour l`interet superieur car l adversaire a beneficier de tous le privilège de l état suite qui orgniser un coup d`etat electoral. Il est devenus chef d`oposition du pouvoir en place defen
Ibro Soumah, vendredi 17 décembre 2010
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l`insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs. disait un revolutionnaire.
fanta, vendredi 17 décembre 2010
Mrs Mohamed & Yves j suis vraimt decu de votr reaction.En princip, c`est a cause des persons com vous q`on ait oblige de fair sortir les visages des victim pr essayer de vous fair comprndr la situat. Aceptons ke le bonheur ou malheur d`1 guineen soit 1 problm guineen.quelles seront vos react si l`1 de vos parents direct se retrouv ds des pareil situat? C`est des situat ki ne sont proftabl a person ni vous, moi ou le presdt elu Alfa cnde.on souhait ke presdt recmpense les victim et ke dieu lui don les moyens necessair pr lutter contr l`injustice et nous aider a dvloper la guinee qui n`a ke trop soufer. vive la guinee
Ibrahima M`Bemba SOW, vendredi 17 décembre 2010
Des cas comme celui de cet innocent citoyen, qui est de surcroît un acteur de l`économie nationale, sont certainement nombreux tant à Conakry qu`à l`intérieur du pays. Plus que jamais, c`est un élan de solidarité sans faille qui doit s`exercer au sein de la communauté peule pour soutenir sous toutes les formes utiles possibles ces victimes identifiées. Et pour agir avec plus efficacité, il serait plutôt judicieux de mettre en place une ou des structures d`assistance aux victimes de manière à mieux garantir la moralité des actions d`aide et de collecte de dons qui seront menées. L`on indexe à juste titre les commanditaires de ces violences répressives que sont JMD, Sékouba Konaté, Alpha Condé et autres acolytes, mais que dire de tous les cadres peuls militaires ou civils murés dans la lâcheté de leur mutisme complice, ne songeant qu`à leur confort personnel? Pour lutter contre l`impunité qui a toujours marqué le fonctionnement de l`Etat guinéen, il serait temps de commencer à identifier et dénoncer au sein de la communauté peule, tous les complices qui ont collaboré à la mise en oeuvre de ces actes de répression ethnico-fascisants destinés précisément à vider le processus électoral de toute substance démocratique. C`est la moindre des mesures dissuasives qui empêcherait le prochain Etat Malinké de se servir de cadres peuls vassalisés pour masquer ses velléités ethnocentriques. En effet, tout doit être fait pour éviter que de "nouveaux Saïfoulaye Diallo" ne puissent par égoïsme et traîtrise, mettre en péril le rayonnement de toute notre communauté ethnique qui est du reste majoritaire dans le pays. Car contrairement aux clichés qu`en donnent certains observateurs, toutes les structures de l`Etat guinéen ont été conçues et réorganisées de tous temps pour qu`un Peul ne puisse jamais accéder à la magistrature suprême du pays. L`on ne saurait donc qu`inviter modestement Cellou Dalein à l`instar d`autres leaders politiques et hauts cadres militaires et/ou administratifs concernés, à méditer sur cette triste réalité latente. L`Unité nationale et la cohésion sociale que beaucoup prônent avec frénésie réellement patriotique, n`ont visiblement pas les mêmes significations pour d`autres en Guinée: corruption et gabegie sur fond d`ethnocentrisme obligent... Hommages aux victimes innocentes qui doivent impérativement être rétablis dans leurs Droits inaliénables,qu`ils soient encore vivants ou morts.
Condé, vendredi 17 décembre 2010
ives, mohamed pourqouoi vous nié ces peuves, ou ce parque vous ete de l`autre camp de anbamsalé?????
Yves, vendredi 17 décembre 2010
Arretez de reveiller les chats qui dorment. S`il vous plait.
Mohamed, vendredi 17 décembre 2010
Monsieur Cessez de mentir! Pourquoi ne dites vous pas le nom de votre beau? Pourquoi ne portez vous pas plainte contre votre beau et compagnons? C`est vraiment ridicule cette mensonge.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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