mardi 30 novembre 2010
Violence postélectorale : Les citoyens redoutent encore

En dépit de l’accalmie constatée à Conakry suite à l’instauration de l’Etat d’urgence, beaucoup de citoyens quittent actuellement Conakry pour l’intérieur du pays.

L’affluence des passagers s’accentue de jour en jour dans les gares routières de Conakry. A la gare routière Général Lansana Conté de Bambéto par exemple, les passagers se bousculent pour prendre le taxi. Il s’agit donc d’un départ massif qui concerne avant tout les femmes et les enfants. De nombreux passagers considèrent ce déplacement comme nécessaire pour se mettre à l’abri d’éventuelles violences, susceptibles de gagner Conakry après la publication des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour suprême. « Mes enfants et moi allons faire un tour au village en attendant que la situation devienne normale. Parce que quand la CENI a publié les résultats provisoires des élections, il y a eu violence. Que se passera-t-il lorsque la Cour suprême publiera les siens ? », s’interroge une femme, entourée de ses deux enfants, qui attendait l’embarquement. D’autres passagers justifient leur départ par la conjoncture économique. Pour M. Thierno Saïdou Diallo, venu embarquer sa femme et ses enfants à la gare, l’austérité économique devenue collective ne permet plus de couvrir la dépense quotidienne d’une famille. « Je suis un marchand. Avant, ça allait un peu. Mais maintenant, c’est vraiment dur et j’ai plusieurs bouches à nourrir. Donc, il est mieux pour moi d’envoyer la famille au village d’abord », s’apitoie ce père de famille. Cette affluence de passagers a entraîné une augmentation considérable du tarif du transport. Le ticket de voyage Conakry - Télimelé vaut actuellement 100 000fg contre 58 000fg il y a quelques semaines. Le trajet Conakry - Mamou demande 70 000 fg contre 49 000fg dans un passé récent.

Cette hausse vertigineuse est aussi due au fait que plus le départ de Conakry est important, moins l’arrivée l’est. Pour de nombreux chauffeurs que nous avons rencontrés, l’augmentation du prix du transport n’est que le résultat du manque de passagers au moment de leur retour : « On quitte ici la voiture pleine mais là-bas on bouge avec une voiture vide. Personne ne quitte là-bas pour venir à Conakry. C’est comme si on exigeait le transport aller et retour avant de bouger », explique un agent de transport qui requiert l’anonymat. Espérons que l’avenir sera meilleur pour le retour de la confiance, aussi bien dans les esprits que dans les comportements.


Mamadou Saliou Bah
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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