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La violente dispersion des partisans de Cellou Dalein, premier opposant au régime d'Alpha Condé, qui se sont rassemblés à divers endroits de Conakry pour lui réserver un accueil chaleureux après quatre mois d'absence du pays a été condamnée avec vigueur par de nombreux observateurs.
Ces violences qui ont fait des morts et des blessés graves, selon les sources, sont jugées "regrettables" par certains, et "honteuses" par d'autres. Ces mesures "liberticides" ne peuvent que raviver les tensions, s'accordent à reconnaitre tous les esprits épris de justice.
La loi sur les partis politiques en République de Guinée n'autorise pas le gouvernement à interdire à un parti politique légalement constitué d'organiser des manifestations, si elles ne portent pas atteinte à l'ordre public.
Cependant, sur les antennes de la télévision nationale, le gouvernement a indiqué lundi soir que sa décision d'interdire toute forme de regroupement à l'occasion du retour au pays du Président de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée, Mamadou Cellou Dalein Diallo, était motivée par le souci de maintenir l'ordre public et la quiétude sociale.
Pour le pouvoir en place, au lendemain de la présidentielle qui a été émaillée d'incidents malheureux et a mis en mal l'unité nationale, un rassemblement de ce genre est de nature à raviver la tension.
De leur côté, les opposants au régime d'Alpha Condé pensent qu'il s'agit tout simplement d'une tentative d'intimidation à la veille des législatives qui s'annoncent très serrées pour lui au regard de son bilan des cent jours très négatif. Rien à leurs yeux ne justifie l'interdiction de la réception que les partisans de Cellou Dalein ont voulu réserver à leur leader.
La classe politique guinéenne dans son ensemble est en faveur de l'organisation très rapide des législatives. Peut-on prédire que la violente dispersion des partisans de Cellou Dalein n'est qu'un avant-goût des tensions en vue entre le pouvoir et l'opposition ? L'avenir nous en dira plus.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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