samedi 5 avril 2008
Vie chère en Afrique : Un mal devenu endémique

Depuis quelques mois, la cherté de la vie a pris des proportions particulièrement inquiétantes dans bon nombre de pays africains. Du Cameroun au Sénégal en passant par la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, les populations des centres urbains n’hésitent plus à descendre dans la rue pour protester contre la vie chère. Une situation qui devrait logiquement attirer l’attention des dirigeants avant qu’il ne soit trop tard.

Ventre affamé n’a point d’oreilles, nous enseigne clairement un adage français. Au regard de la situation qui prévaut actuellement en Afrique, il serait salutaire que des dispositions appropriées soient prises pour lutter efficacement contre la pauvreté et la précarité. Dans la plupart des pays africains, la cherté de la vie  tend insidieusement à devenir le lot quotidien des populations. Ces derniers mois, le Cameroun et le Burkina Faso ont connu tour à tour des troubles liés à la cherté de la vie. Douala, Ouagadougou et Bobo Dioulasso ont été le théâtre de violentes manifestations contre le coût élevé de  la vie. Il y a quelques jours, ce sont les habitants de Dakar et d’Abidjan qui n’ont pas hésité à descendre dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol face à la chute vertigineuse de leur pouvoir d’achat. En Guinée, l’on s’en souvient, les populations persécutées littéralement par la pauvreté se sont distinguées en janvier et févier 2007 lors des douloureux événements consécutifs à la grève générale déclenchée par l’Intercentrale CNTG-USTG, élargie à l’ONSLG et à l’UDTG. Comme on le constate donc, la cherté de la vie est en passe de se généraliser en Afrique. La flambée du prix de l’or noir continue de défrayer la chronique boursière. Les pays non producteurs de pétrole subissent de plein fouet la hausse vertigineuse des prix sur le marché international. A cela il faut ajouter la mal gouvernance économique pour expliquer la situation critique dans laquelle vivent certains pays africains depuis quelque temps. Aux quatre coins du continent, on assiste, impuissant, à l’effondrement spectaculaire du pouvoir d’achat des ménages. De l’avis de tous les observateurs, il est bien curieux de constater, après bientôt un demi-siècle d’indépendance, que les Africains continuent de s’enfoncer davantage dans les profondeurs de la pauvreté et de la précarité. Surtout quand on sait que ce continent regorge d’immenses ressources à faire pâlir de jalousie n’importe quelle région en développement. Ce qui fait dire à certains, non sans raison, que l’Afrique est le continent des paradoxes. La richesse du sol et du sous-sol est exploitée au profit d’une poignée de personnes tapies dans les hautes sphères de l’administration. Quant à l’écrasante majorité de la population, elle est obligée de vivoter dans la misère noire. Mais il arrive parfois que ça et là, des voix se fassent entendre plus ou moins bruyamment pour amener les gouvernants à se pencher sérieusement et attentivement sur les exécrables conditions de vie des masses populaires. Dans un passé plus ou moins récent, on manifestait dans les rues africaines pour protester contre des élections truquées. Aujourd’hui c’est la vie chère qui semble préoccuper les populations à plus d’un titre. Toute chose qui devrait attirer favorablement l’attention des dirigeants africains.

Mamy Dioubaté, partenaire de www.guineectu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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