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Lansana Conté est mort et enterré. Comme il l’avait fait lui-même il y a vingt quatre ans, un groupe de militaires plus jeunes a pris le pouvoir. Ils ont désigné Moussa Dadis CAMARA à leur tête. Est-ce un bien ou une erreur ? Comme le dit M. Ansoumane Doré de DIJON, personne n’en a la réponse. On ne va pas lui faire un procès d’intention.
Observons simplement que c’est un Patriote vrai. C’est à nous de l’aider à devenir un Républicain, et si possible un démocrate. Les premières intentions sont bonnes. Un audit est indispensable. Contrôler les mines et autres, c’est bien.
Mais, à mon avis, l’audit doit commencer par la gestion des anciens premiers ministres de Lansana Conté. Depuis Sidya Touré, jusqu’à M. SOUARE, en passant par M. Cellou Dalein DIALLO jusqu’à M. Lansana Kouyaté. Comme ça, le pays sera fixé. On saura qui a fait quoi. On verra bien qui a bâti une fortune en pillant le pays.
Les anciens premiers ministres ne sont que cinq. En peu de temps, on peut faire un audit approfondi de la gestion de chacun d’entre eux. Il vaut mieux plutôt commencer par les gros qui s’attribuent des brevets de bonne gouvernance. M. Lansana Kouyaté déverse des millions sur Conakry depuis le Maroc. Les pétrodollars de M. Khadafi sont inépuisables. Pourtant, le pays serait très heureux de récupérer les 180 millions de dollars (revenu provenant de la bauxite) que M. Kouyaté a transféré de Zurich à Paribas sur un compte dont on ne sait pas aujourd’hui ce qu’il est devenu. C’est aussi cela la bonne gouvernance. Et c’est aussi pour cette raison que ce sont d’abord les anciens premiers ministres qui doivent rendre compte de leur gestion. Les petits ou moyens viendront plus tard.
Nos compatriotes sont d’incorrigibles naïfs. Ils sont d’un enthousiasme suicidaire. Voyez :
-- en 1958, nos parents, dans l’enthousiasme de l’indépendance, se sont offert pieds et poings liés à Sékou Touré. Chacun a vécu dans sa chair ce qu’a donné cet enthousiasme.
-- en 1984, tout le monde applaudit l’avènement de Lansana Conté. On applaudissait même ses vulgarités. Il a mis le pays dans le caniveau.
Depuis quelques jours, on assiste à un festival de Moussamania.
Je fais partie de ceux qui depuis plusieurs années appellent ces jeunes à passer à l’action. Il reste entendu que tant qu’ils (Moussa et ses amis) continueront à faire le travail de nettoyage salutaire qu’ils ont commencé, ils peuvent considérer que ma modeste participation leur est acquise. Ni Moussa Dadis CAMARA, ni aucun d’eux ne doit compter sur un chèque en blanc.
Soutien et vigilance.
Dr. Abdoul BALDE (Rouen) France pour www.guineeactu.com
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