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Les Guinéens se rendront ce dimanche 7 novembre aux urnes pour le second tour de la première présidentielle libre et transparente de leur pays. Ils auront à choisir entre Cellou Dalein Diallo de l’UFDG et le Pr Alpha Condé du RPG. A deux jours de ce grand rendez-vous, la CENI et ses démembrements, essayent, non sans difficulté, de régler les derniers détails.
En se rendant massivement aux urnes le 27 juin pour le premier tour de la première présidentielle libre de leur histoire, les Guinéens étaient à des années-lumière de penser qu’ils attendraient quatre mois pour départager les deux finalistes de ce scrutin historique : Cellou Dalein Diallo de l’UFDG et le Pr Alpha Condé du RPG. Le Code électoral en vigueur prévoit l’organisation du second tour deux semaines après la publication des résultats définitifs du premier tour par la Cour Suprême. Mais à cause des anomalies relevées lors du premier tour et des guéguerres politiciennes entretenues par les deux Alliances (Cellou Dalein Président et Arc-en-ciel), ce délai légal n’a pu être respecté. Dans un premier temps, la date du 19 septembre a été proposée par la CENI et validée par décret présidentiel pour la tenue du second tour. La suite, on la connaît. A quelques jours de cette échéance, l’Institution chargée d’organiser le scrutin a évoqué des raisons d’ordre technique pour demander un report. A l’issue d’une large concertation, une nouvelle date (24 octobre) a été proposée par la CENI, alors en crise suite à l’élection de Louncény Camara au poste de président. Au lieu d’être la solution, la CENI est apparue aux yeux de tous les observateurs comme un obstacle à l’organisation d’une élection transparente en Guinée, avec tous les risques que cela comporte. Comme il fallait s’y attendre, des voix plus ou moins autorisées se sont élevées pour demander sa dissolution pure et simple. Et face à ce grave risque de blocage du processus électoral, le président de la transition, le général d’armée Sékouba Konaté, a dû prendre ses responsabilités en nommant le général malien Siaka Toumany Sangaré à la tête de la CENI qui, par la suite, proposera la date du 31 octobre pour permettre aux Guinéens d’élire leur nouveau président civil. Mais finalement, c’est le 7 novembre qui a été retenu pour les hautes autorités de la transition. Les 22 et 23 octobre, des affrontements à caractère politico-ethnique ont eu lieu à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur (Siguiri, Kissidougou, Kouroussa, Kankan, N’Zérékoré) entre les militants des deux Alliances en compétition, entraînant mort d’homme, déplacement de personnes, destruction de biens privés et pillage de commerces. La CENI et ses démembrements se retrouvent donc en face du casse-tête que constitue le déplacement de ces personnes à quelques jours de la tenue du second tour. A cela il faut ajouter le cas des cartes alphanumériques qui seraient en nombre insuffisant ou inexistantes dans certaines circonscriptions électorales. Le général Siaka Toumany Sangaré et son équipe ont la redoutable mission d’organiser ce second tour dont les résultats seront crédibles et acceptés par tous. Pour mettre fin à cette transition qui n’a que trop duré et fait couler des flots d’encre et de salive.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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