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Je suggère aux initiateurs de l’Appel pour une marche à Bruxelles contre la dictature de Dadis, de revoir l’itinéraire de la marche qui me semble inapproprié. La Guinée est une nation souveraine, justement fière d’avoir dit Non au colonisateur français en 1958, avec comme dommage collatéral, 26 ans d’une dictature sanglante qui n’a laissé que des ruines et une nation profondément déchirée dans son unité.
La Guinée est ce peuple courageux qui s’est massivement levé en janvier-février 2007, pour dire non à la dictature molle de Lansana Conté dont la première avait fait le lit, et qui a exigé le changement, au prix de quelque deux cents morts, la plupart dans la fleur de l’âge.
La Guinée est ce peuple fier, dispersé à travers les quatre coins de la planète, sa cinquième région naturelle qui a dit à la terre mère, « oui nous sommes à côté de toi !». Mais la terre mère, ce n’est pas le siège de l’Union européenne. Notre Golfe persique (1) à nous Guinéens de l’Extérieur, est dispersé autour de nos représentations diplomatiques.
J’irai à Bruxelles in châ Allah, mais je commencerai par le siège de notre ambassade pour dire au supplétif présent de la ci-devant illégalité républicaine guinéenne, de dire à M. Dadis et à ses compagnons, que notre contrat avait expiré le 23 juin à minuit, contrat selon lequel comme à Rome et son Sénat inventeurs de ce régime politique, le Peuple de Guinée avait limité, en le légitimant, à six mois au maximum, la mission du Dictateur.
Que compte tenu du bilan de ces six derniers mois, le C.N.D.D. et son président n’ont pas donné de gages convaincants pour que le Peuple de Guinée prolonge la mission qui leur était donnée, à savoir le changement réclamé en janvier-février 2007.
Je dirai avec la même fermeté aux Forces vives qui ont fait office de « Sénat romain », en légitimant la junte au motif que c’était là le moindre mal, ce que je pensais aussi, de se joindre à l’Appel pour le retrait de toute légitimité au Capitaine Dadis et à ses compagnons, à défaut de quoi elles répondront devant l’Histoire de cette historique forfaiture.
Post-scriptum. Je propose, mais ceci n’engage que moi,une éventuelle prolongation (2) si le capitaine Dadis et ses compagnons s’engagent par une ordonnance, et cela dans les heures qui viennent, à organiser dans des délais convenus en concertation directe avec les Forces vives,
UNE CONFERENCE NATIONALE SOUVERAINEQUI METTRA EN PLACE TOUS LES ORGANES DE LA TRANSITION.
El Hajj Saïdou Nour Bokoum Citoyen guinéen
Notes :
(1) Golfe persique, faubourgs populaires de Conakry
(2) Au risque que cette prolongation soit suivie de tirs aux buts, de morts subites, etc., l’ultime but étant enfin l’avènement d’un Etat de droit.
www.guineeactu.com
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