M. Lansana Conté est mort. On peut comprendre la tristesse de sa famille. Mais il a pillé notre pays, organisé sa mise à sac, pour finalement en faire la risée de l’Afrique Noire. La mort ne l’exonère pas des crimes économiques et de sang qu’il a commis contre nos populations. Il n’était évidemment pas seul dans cette besogne. Il avait ses « technocrates » du pillage dont les acteurs les plus actifs sont identifiés.
Depuis Paris, on parle ici ou là sur les antennes de R.F.I. de « légalité constitutionnelle ». Les oligarques pilleurs se réclament d’une constitution qu’ils n’ont jamais respectée. Pire, ils l’ont toujours falsifiée au gré de leurs intérêts oligarchiques. Aussi, me semble-t-il nécessaire de faire quelques petits commentaires.
Premier commentaire : de fait, il n’y avait plus d’assemblée nationale. Le mandat dont ses membres pouvaient se prévaloir est échu depuis plus d’un an. En conséquence, légalement, ni M. Aboubacar SOMPARE, ni aucun autre « député » ne peut prétendre à une quelconque représentativité. Par civisme républicain, M. SOMPARE aurait dû signifier cela à ses « députés » dès le premier jour d’échéance de leur mandat, et leur demander de se limiter à l’expédition d’affaires courantes qui n’engagent nullement le futur du pays. Il ne l’a pas fait et il ne le fera pas. Pour une raison simple : il avait lui-même préparé son coup d’Etat à exécuter avec quelques colonels auxquels il est familialement lié. Et à l’heure où j’écris ces lignes, un avion privé affrété par ses soins, devrait partir du Bourget pour Conakry.
Question : pour réussir si rapidement une location de Jet privé, il faut beaucoup d’argent (dollar ou Euro) et bénéficier de facilités administratives tout à fait inhabituelles. D’où vient l’argent de M. SOMPARE ? Qui lui manifeste une telle bienveillance administrative à un moment décisif de l’histoire de notre pays ? Il semble d’ailleurs que d’autres locations sont réservées. A quelle fin ? Réfléchissez, discutez-en. Restez vigilant
Deuxième commentaire : il n’y a pas de Premier Ministre, ni de chef de gouvernement. Chez nous, cette fonction est dépourvue de base légale. Elle est inconstitutionnelle. Son maintien procède donc d’arrangements personnels qui ne sauraient engager les autres institutions. Sékou Touré l’avait inventé, parce qu’il n’osait plus sortir du pays à partir des années 69-70, de peur d’être chassé par une action militaire. Lansana Conté l’a maintenue, parce qu’il savait à peine lire et écrire Par ailleurs, son occupant actuel, M. SOUARE a été « nommé » par un décret dont personne n’a montré qu’il était signé par le Général défunt. Il n’en était plus capable, ni physiquement, ni mentalement. Tout laisse penser que la promotion de M. SOUARE est le fruit des manigances de Henriette CONTE. Si à cela on ajoute que le président actuel de la Cour suprême est juridiquement illégal et moralement illégitime, on n’est plus dans l’illégalité, mais dans une monstruosité judiciaire. Illégalité juridique : M. SIDIME n’est pas magistrat, il ne l’a jamais été. Il est avocat. Sur ce plan, il aurait dû être invalidé. Illégitimité morale : on ne peut pas être à la fois un avocat avec cabinet et président de la juridiction suprême. Imaginez qu’en France, le président de la Cour de cassation soit en même temps un avocat avec un cabinet. Le conflit d’intérêt est évident. Nous sommes dans une forfaiture institutionnelle indiscutable.
Troisième commentaire : depuis quelques heures, quelque « analyste » de pacotille, sur un air cérémonieux et alarmiste, faisant semblant de s’intéresser à la situation en cours, suggère que les Patriotes Républicains seraient un risque pour le pays. Il implore Dieu, ici et là, comme si la paix civile avait été menacée. La première des légalités, c’est de restituer au pays les ressources dont on l’a délesté alors qu’on était aux affaires. Derrière ces « analyses » supposées, il y a l’idée que le pouvoir doit être remis à SOMPARE, l’un des procureurs politiques des plus sanguinaires du temps du P.D.G. de Sékou TOURE.
Alors, jeunes Républicains en uniforme, retenez ceci :
1°. L’assemblée nationale dans sa configuration actuelle est totalement illégale. Son Président, Aboubacar SOMPARE n’est pas fondé à parler au nom d’un mandat qu’il n’a plus depuis plus d’un an. Toutes les Institutions internationales le savent.
2°. Le président de la cour Suprême est illégal et moralement illégitime. Il est avocat d’affaires et président de la juridiction Suprême. Autrement dit, c’est lui qui juge en dernier ressort toutes les affaires dans lesquelles il est lui-même impliqué. Il est à la fois juge et partie. Ce qui explique d’ailleurs que nos compatriotes restent suspicieux, à juste titre face à une décision de justice.
Mamadou Billo SY SAVANE
NB : Je suis disposé à vous donner les explications techniques institutionnelles et les informations économiques internationales dont vous pourrez avoir besoin. Nous avons des compatriotes qualifiés dans tous ces domaines.