dimanche 1 novembre 2009
Unité de l’opposition : Faut-il y croire sincèrement ?

Actuellement, les leaders politiques guinéens donnent l’impression d’être unis pour faire partir le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement). Mais la pertinente question que l’on serait tenté de poser est celle de savoir s’ils parviendront à taire définitivement leurs querelles intestines au cas où le chef de la junte se résoudrait à ne pas se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.

En 1992, lorsque le régime Conté a instauré le multipartisme intégral, nombreux sont les Guinéens qui ont pensé que l’opposition parviendrait, par la voie des urnes, à accéder au pouvoir, au nez et à la barbe du Parti de l’unité et du progrès (PUP, alors parti présidentiel). La suite, on la connaît. De 1993 à 2005, toutes les élections organisées dans le pays ont été remportées par le PUP, à la grosse déception des leaders et militants de l’opposition. A cause de leurs mesquineries politiciennes et pour des raisons inavouables, les leaders politiques de l’opposition ne sont jamais parvenus à se mettre d’accord sur une candidature unique face au Général-Président Lansana Conté. Et ils n’ont raté aucune occasion pour étaler au grand jour leurs divergences et autres querelles de leadership. Une regrettable situation qui a d’ailleurs amené Jean Marie Doré de l’UPG à dire, à qui veut l’entendre, que l’opposition guinéenne est la plus bête d’Afrique. Des propos qui, l’on s’en souvient, avaient eu le don de faire couler beaucoup d’encre et de salive dans les milieux politiques. Le 23 décembre 2008, le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD se sont emparés du pouvoir suite à la disparition du Général-Président Lansana Conté. Les partis politiques ont déclaré, les uns après les autres, avoir pris acte de la nouvelle donne. Mais dans leur écrasante majorité, ils se prononceront par la suite en faveur d’une transition courte et consensuelle. Le nouvel homme fort du pays, dans ses toutes premières déclarations, a clairement laissé entendre qu’il n’était pas un assoiffé de pouvoir et que son objectif principal était de remettre les civils aux commandes du pays à l’issue d’une élection transparente et à laquelle il ne se porterait pas candidat. Neuf mois après, l’on est malheureusement au regret de constater que le train de la transition a littéralement déraillé, au grand dam de toutes celles et de tous ceux qui caressaient légitimement le secret espoir de voir la Guinée renouer enfin avec la bonne gouvernance politique et économique. Certaines personnes, par leurs agissements et leurs comportements dignes des démagogues indécrottables, ont réussi peut-être à faire croire au chef de la junte que la parole donnée ne peut pas se muer en une montagne et que les promesses n’engagent que ceux qui ont envie d’y croire. Face à cette situation, les leaders politiques ont jugé nécessaire de regarder dans la même direction et de parler d’une seule voix. Le capitaine Dadis devient automatiquement l’ennemi à maîtriser et à écarter de la course pour le fauteuil présidentiel.

Au lendemain des tueries du 28 septembre, les leaders politiques membres des Forces vives ont fait preuve d’une certaine entente et d’harmonie dans leurs déclarations et autres prises de position par rapport à ces douloureux événements qui, selon les ONG et l’ONU, auraient fait quelque 150 victimes. Reste à savoir maintenant si Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, Lansana Kouyaté, François Lonsény Fall, Jean Marie Doré et Sidya Touré ne s’empresseraient pas de déterrer la hache de guerre le jour où le capitaine Moussa Dadis Camara se résoudrait à s’effacer politiquement au profit des civils. Attendons de voir.


Mamy Dioubaté
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Oumar M. Bah, lundi 2 novembre 2009
Ils seront unis face à leur adversaire commun qu`est Dadis mais une fois celui-ci vaincu, les fissures apparaitront. C`est normal et ca s`est repété plusieurs fois ailleurs. L`essentiel pour le moment c`est la disparition du pouvoir militaire.
ericsson lezulu, dimanche 1 novembre 2009
ils n`auront jamais le pouvoir en Guinee. Ces opposants ou opposants,ne pensent qu`a remplir leurs poches. Chacun se comporte comme s`il avait recu des instructions divines comme qoui, il dirigera la Guinee. Un d`entre eux, n`avait t-il pas declarer que << l`opposition guinneenne etait la plus bete de l`Afrique.>> La crise entre ces gens est telle qu`ils ne pourront jamais s`entendre. Apha, qui garde dents contre Sidya, pour avoir ete P.M. lemoment de sonarrestation sans pouvoir mot.La preuve, il etait a paris quand le duo-cellou-sidya tenait la fameuse conference de presse. Mais.il n`a pas participer.jean marie dore et alpha conde pensent que les anciens premier ministre reconventis en l`homme politique sont malpropre. Sidya, trainant dernier lui une casserole de 400.000.000. f.g dans l`achat d`un groupe electrogene. Cellou n`a parlons pas. Bref, ils pourront jamais s`entendre. Si, s`ils se mettent d`accord sur un candidat, il va etre tres facile pour eux de faire partir cette bande de militaire.Mais helas!
Mory Sylla, dimanche 1 novembre 2009
Ce que les leaders doivent retenir,c`est que le peuple de Guinee` est fatigue` du regne de ces incompetents de militaires. Une fois que la page Dadis sera tournee` definitivement,les leaders peuvent reprendre leur combat la ou ils l`ont laisse`.Ca leur regarde.Leurs militants avertis seront faire le bon choix. On ne veut plus de militaires au pouvoir.
BAH Kolon, dimanche 1 novembre 2009
À partir du moment où il n’existerait plus, alors, d’“obstacle” artificiel vers le pouvoir; je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas une saine compétition entre les parties engagées dans cette course au pouvoir! À moins qu’on ne veuille instaurer une démocratie à “sens unique”.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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