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Cet article sera court car l’édifice qui n’est que lézardé est, peut-être, encore loin de tomber.
Nous commencions à perdre l’espérance. Grâce à Dieu, un petit espoir pourrait être permis. Les soudards du CNDD ne sont pas aussi soudés qu’ils le laissent entendre. Le triumvirat militaire ( Dadis-Toto-El Tigre Parousky) n’a fonctionné qu’en apparence : les numéros 1 et 3 de la junte, tout en se surveillant mutuellement, se sont mis d’accord pour « bougnouliser » le numéro 2 Toto. Comme ce dernier a intelligemment prouvé qu’il n’a jamais été le premier de la classe, il vient encore de se faire humilier à l’entrée du camp Alpha Yaya Diallo alors qu’il répondait à l’appel de Dadis ! Pour avoir accès à Dadis, Toto devra-t-il emprunter désormais un couloir sécurisé? On voit que la confiance règne au sein de la junte.
Aujourd’hui qui gouverne la Guinée ? Difficile à savoir. Je devine que Dadis règne mais que c’est Pivi qui décide. Depuis quelques jours, Dadis semble trouver un peu de repos car Sékouba a été médicalement éloigné. Grand buveur devant l’Eternel (sur ce point, il serait en bonne compagnie !), le ministre de la « défonce » aurait le foie foutu. Evacué au Maroc, de mauvaises langues disent qu’il aurait été transféré à Paris. Non pas parce que les Marocains lui refusent, pour des raisons religieuses, des soins médicaux mais simplement pour une question d’ordre technique: le foie est un organe délicat !
Pour le moment, Toto étant marginalisé et Sékouba éloigné, c’est le tandem Pivi-Dadis qui officie pour tout. Bien entendu, Dadis est la partie visible et Pivi, la partie immergée mais plus massive de cet iceberg particulier. Chacun joue son rôle : le chef de la junte, par ses manœuvres, cherche à gagner du temps en en perdant sur des futilités tandis que Pivi veille à sa sécurité. Dadis n’est pas fou, dans la mesure où il contrôle astucieusement sa « folie ». Il s’arrange toujours pour apparaître comme le redresseur de torts : ses hommes font des bêtises savamment programmées et Dadis reçoit les victimes pour leur présenter des excuses. Les mêmes victimes se félicitent d’avoir reçu les excuses du chef de l’Etat en personne !
Ce serait une grave erreur que de sous-estimer Dadis ! Il ne veut pas partir et, pour ce faire, il a réussi à atomiser le paysage politique guinéen. Je ne saurais dire le nombre d’associations, qu’on a veillé à agréer, qui portent le titre de parti en Guinée. Certains partis sont si minuscules en termes d’effectifs que leurs adhérents se résument aux membres du bureau politique. En ce sens, ils sont les plus « démocratiques » au monde puisqu’ils représentent intégralement eux-mêmes !
Cependant tout le monde souhaite le départ de Dadis. Mais comment ? C’est tout le problème. Les plus aveuglés de ses partisans ont maintenant compris que Dadis n’a pas l’étoffe d’un dirigeant. Ceux qui ont commencé à ouvrir les yeux n’écrivent même plus sur le Net et préfèrent savourer en silence et dans une solitude leur « ménopause » prématurée. Que pourraient-ils écrire d’ailleurs ? C’est de ce constat que certains, peut-être dociles mais surtout lucides, ont décidé de ne pas « koulé » avec le chef autoproclamé. L’après Dadis se prépare « forestièrement » avec l’apparition d’un parti dont le sigle est UDRP (n’ajoutez pas de G à la fin car ce parti est solitaire pour l’instant). Son chef est le Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou. Apprenez dès maintenant à bien prononcer ce nom qui pourrait faire oublier celui de Jean-Marie Doré. Pour le moment, on ne connaît pas son programme et l’ordonnance qu’il propose pour soigner notre pays.
En parlant de programme, je constate que tout parti a un « projet pour la Guinée ». Qui veut-on tromper ? Je pense que rares sont les partis politiques qui ont un tel projet. La plupart de nos « dirigeants » ont surtout des projets en Guinée mais pas pour le pays !
Ce pays continue cependant à s’enfoncer : des discours creux sans actes utiles. De la violence physique et verbale, des intrigues, des arrestations arbitraires, etc. A propos d’arrestation, pourquoi le silence de certains « leaders d’opinions » ? Quand on défend les Droits de l’Homme, on s’intéresse sans discrimination à tous les hommes d’où qu’ils viennent. C’est pourquoi, sans être leur avocat, j’aimerais savoir ce que sont devenus les militaires incarcérés aux Iles de Loos, toutes origines confondues. Par exemple, Alphonse n’est ni Sow, ni Sy mais Sâa ! Son sort ne devrait-il intéresser que sa famille ? Qu’est devenu cet officier, compagnon infortuné de la junte à ses débuts ? Même un « dealer d’opium » aurait le droit de le savoir !
A propos justement de stupéfiants, on vient de nous faire état de découverte en Guinée de grandes quantités de produits pouvant servir à la production locale de drogue ! Je demeure sceptique. Je ne crois pas que la Guinée soit équipée pour cette industrie meurtrière. Certes, elle a ses camés mais son territoire est plutôt une plaque tournante du trafic qu’un centre de production. La Guinée ne produit ni coke (au masculin et au féminin), ni coca mais de la cola, du vin de palme et malheureusement beaucoup l’alcoolo- dépendants.
Au lieu de s’occuper des vrais problèmes de nos populations, nos dirigeants et leurs alliés font diversion. Des commissions « hot dog » sont mises sur pied aux seules fins de se rapprocher de la mangeoire, des marches sont organisées à l’extérieur du pays sans qu’on ne sache clairement qui marche pour qui et dans quelle direction, etc. Dans cette combine, je ne marche pas !
Ibrahima Kylé DIALLO
www.guineeactu.com
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