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Les discussions vont bon train dans le paysage politique guinéen. Les Partis politiques poussent comme des champignons, les élections sont sur toutes les lèvres, le respect du chronogramme des « forces vives » et de la « communauté internationale » appelant à la tenue des élections courant 2009, ne cesse d’être rappelé aux autorités du pays. Des pressions viennent de tous les côtés dans le but d’obliger le CNDD à accéder à la volonté d’une catégorie du peuple.
Je suis entièrement d’accord avec la tenue d’élections libres et transparentes car cela va de soi avec l’avenir de la Guinée. Et, lorsque je jette un regard sur la prolifération des partis politiques, le constat est éloquent : la plupart sont présidées par ceux-là mêmes qui, dans un passé très récent, étaient aux commandes et juraient par tous les Saints que la Guinée se portait bien. Pourquoi cet engouement a-t-il créé des partis tout juste au lendemain de la prise du pouvoir par le CNDD ? Nous savons que les nouvelles autorités ont tout au début, lancé une vaste campagne de lutte contre les narco-traficants, les détournements des deniers publics etc.…Pour atteindre leurs objectifs, des audits sont envisagés à l’échelle nationale pour recouvrer les biens de l’État détournés et situer les responsabilités à tous les niveaux pour que justice soit rendue.
Si au départ, les forces vives ont adhéré aux idéaux du CNDD, par la suite, avec les audits qui ont commencé à dévoiler certains responsables de malversations et sommés de rembourser, d’autres ont commencé à paniquer et inventer des histoires de complot contre leur personne. Toute chose qui vise à tromper l’opinion sur la vérité. Aujourd’hui, se sentant menacer de la découverte de la vérité sur leur responsabilité dans le chaos que subissent les Guinéens, ils utilisent d’autres moyens pour empêcher celle-ci de voir jour.
C’est ainsi que des forces vives crient de partout à la confiscation du pouvoir par les militaires qui, pourtant à leur arrivée, avaient promis de rendre le pouvoir en 2010. Je me pose la question de savoir pourquoi cet acharnement sur la tenue des élections précoces sans lendemains prometteurs. Techniquement et juridiquement rien n’est prêt. On n’a aucune référence réglementaire des élections sans compter que le fichier électoral est incomplet et est dénoncé pour des irrégularités à plusieurs niveaux.
Ensuite, pourquoi aller à des élections sachant que la plupart des prétendants à la magistrature suprême font l’objet d’audit pour leur gestion passée ? A travers des élections, voulons-nous empêcher les audits d’atteindre leurs objectifs en permettant a ces vautours d’être couverts par l’immunité parlementaire ou présidentielle ? Ou tout simplement refusons-nous le changement et remettons-nous le pouvoir à des personnes qui nous ont mis dans cet état de délabrement ? J’estime pour ma part que c’est une occasion unique que nous offre le bon Dieu pour enfin repenser notre passé afin de créer toutes les conditions à l’amélioration de l’avenir de notre chère patrie : la Guinée. Acceptons les différences pour une fois dans l’histoire pour ne voir que l’intérêt général de la nation. Je sais que cela n’est pas facile vu le fossé artificiel qui sépare les uns des autres, mais aussi je suis sûr qu’avec la volonté accompagnée d’une vision positive à tous les niveaux, la Guinée sera l’un des pays phares de la sous région pour ne pas dire de l’Afrique.
Enfin, ne nous trompons pas avec des illusions partisanes car pour moi, le salut de ma Guinée viendra de la capacité de ses fils à transcender tous les clivages ethniques, régionalistes. Ce qui permettra aux Guinéens d’élire en toute tranquillité des responsables dignes, c'est-à-dire propres et soucieux de la nation guinéenne.
Alpha S Diallo, Londres U.K
www.guineeactu.com
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