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Tout public/peuple a son surmoi (Ueber-Ich). Il s‘agit de l’instance morale qui procède à l’examen des conditions d’une société. Donc le surmoi est l’agent critique qui cherche à tirer au clair le degré de déclin d’une société, c’est le support de tous les interdits et des craintes sociales et culturelles. Bien des professions ou institutions se réfèrent d’une telle obligation morale comme leur reflet professionnel.
Cependant pour notre cas l’évidence devrait rester évidente. Le recensement des Guinéens à l’extérieur a été annoncé du 18 mars au 4 avril 2010. Mais au 23 mars, les agents de recensement n’ont pas répondu présents dans plusieurs de nos différentes juridictions diplomatiques. Est-ce là une façon cynique de nous détourner des objectifs de l’échéance du changement démocratique? En tout cas, selon le surmoi, l’étalage volontiers du refus de voir la réalité sociologique des Guinéens comme une entité indivisible est une provocation immorale et une violation de tabou, et, en même temps, une escalade d’immoralité politique dans les relations entre Guinéens, pour le cours d’un changement démocratique apaisé. Selon moi, tout le processus d’enrôlement des Guinéens est menacé d’agonie mortelle par ces calculs et disputes ennuyants et moyenâgeux. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la déception, les cris d’horreur et la fureur des Guinéens contre cette démarche d’exclusion déguisée.
Toutefois, qui veut revendiquer l’éthique démocratique, doit être relativement crédible. Mais c’est là où commencent nos problèmes. D’une part nous discutons actuellement beaucoup sur un changement démocratique crédible, plus que dans le passé, diversement et en même temps à l’intérieur et à l’extérieur du pays. D’autre part j’ai l’impression que nos personnalités d’aura démocratique crédible disparaissent de notre espace national. Tout le monde semble être touché par cette crise de crédibilité démocratique.
Rappel :
Les forces vives sont un conglomérat de groupuscules dont le but est d’être une usine de concepts pour élucider les questions sociales du pays. Mais seulement ici, ce qui ne se ressemble pas semble s’assembler. C’est un fait, les acteurs des forces vives se méfient les uns des autres. Le citoyen est plus que jamais irrité par ces comportements de nos leaders d’opinions. Styliser ce conflit potentiel de nos acteurs du changement démocratique en une thèse n’est pas mon intension, mais selon moi, c’est une illusion de croire que ces forces centripètes sont majeures pour mettre leurs égos derrière l’intérêt général. Nos acteurs du changement nous ont certifié le monde imagé de leur conscience historique à travers la lancinante formation du gouvernement d’unité nationale et par la méthode de nomination des membres du CNT.
De nos jours, des figures obscures, des faire-valoir sans cachet particulier, jaillissent de toute part pour créer joyeusement des soi-disant partis politiques truffés de membres fantômes, afin de mieux se positionner pour le festin du changement. À ce sujet cette excitation de joie est toutefois trompeuse par-dessus tout, car le déficit de crédibilité et probité ne s’aurait se compenser par des déclarations farfelues. Des normes sérieusement solides sont nécessaires pour créer une réelle base du changement démocratique en Guinée.
Peut-être par le travail correct et sérieux, le CNT rehaussera-t-il durablement sa propre réputation comme institution patriotique et, gravera pour longtemps les valeurs de sympathie dans la perception des Guinéens de l’institution. Ou bien, par un travail mal ficelé, le CNT constituera le frein du changement démocratique en Guinée.
Je suis de l’avis, que le CNT doit être au-dessus des partis, il doit se donner une vision à long terme dans le processus du changement démocratique en Guinée. Et surtout respecter la date du 27 juin, fixée pour les élections présidentiels, le reste viendra après.
Que vive la construction d’une Guinée démocratique.
Moussa Bella Barry, Berlin, Allemagne
www.guineeactu.com
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