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Le polémiste rigoureux et direct continue son exploration des méandres de décisions importantes pour la nation prises par nos bosses temporaires. Je continue donc sur ma lancée en proposant des pistes de réflexions et des propositions d’action qui pourraient être poursuivies (si nécessaire) afin de redresser la barre quand la nouvelle voie sera effective. Cette voie sera à créer et à mettre en œuvre par tous les guinéens et guinéennes qui souhaitent aujourd’hui et se battront demain avec tous les moyens légaux disponibles pour mettre fin à notre slogan national actuel «Corruption, Médiocrité, Injustice» qui a remplacé entièrement le «Travail, Justice, Solidarité» de la Nation guinéenne en 1958. Ils se reconnaitront tous dans cette description et leurs critiques, suggestions et propositions seront indispensables pour enfin mettre en œuvre pour la 1ère fois dans ce pays des débats contradictoires sincères, constructifs et enrichissants pour notre nouvelle démocratie. Personne n’a tout seul la science infuse de toutes les bonnes décisions (désolé, nos 3 dictateurs!) mais nos têtes mises ensemble vont amener enfin des stratégies et des actions de qualité et de progrès pour le pays.
1. La procureure adjointe de la CPI a séjourné à Conakry du 17 au 19 février; avant de partir elle a dit publiquement qu’il y a bien eu des crimes contre l’humanité le 28 septembre 2009 par des militaires guinéens sur des civils innocents et qu’elle a aussi des dossiers sur leurs crimes de janvier et février 2007. Elle a prévenu nos chefs militaires que si la justice guinéenne ne les juge pas en disant tout le Droit (international, pas guinéen) alors elle le fera pour nous – en bref, elle ne préfère pas la paix à la justice.
· Pour: Enfin notre justice nationale va pouvoir nous montrer qu’elle peut s’amender pour ses 50 ans de dérives innommables et honteuses. Elle a le choix aujourd’hui de reprendre enfin le chemin de la rédemption pour constituer demain le 3e pouvoir indépendant de la démocratie guinéenne. Dans le cas contraire, non seulement des «étrangers» feront bien le boulot à sa place mais en plus elle prouvera à tous qu’il faut mettre tous ceux qui sont en fonction actuellement à la retraite (anticipée ou non) pour la reconstruire entièrement avec du matériel humain jeune, neuf et pas encore pollué.
· Contre: Dommage que l’on n’en profite pas pour faire ressortir la vérité et la justice sur tous les crimes de l’état guinéen depuis 1959. Mais ne soyons pas trop naïfs ou gourmands: ces procès à venir seront pour tous les guinéens et pour tous les défenseurs mondiaux des DDH ceux de la Vérité et de la Justice sur tous les crimes des systèmes politiques de notre pays et pour toutes les générations de victimes des dictatures passées. Certains membres du PDG ont assassiné machiavéliquement tous nos premiers cadres y compris nos vrais militaires pour les remplacer par des miliciens révolutionnaires et criminels. Puis leurs enfants, une partie des cocoforistes, se sont spécialisés surtout dans les crimes économiques et financiers; résultat final, leurs petits-fils, une partie des dadistes, sont devenus des experts en crimes humains et économiques. Leurs procès (et ceux à venir sûrement au Niger) sonneront sûrement le glas des dictateurs criminels africains; progressivement en parlant de nos anciens présidents nous raconterons, comme sur tous les autres continents, soit leurs bienfaits pour leurs pays et leurs retraites dorées conséquentes, soit leurs crimes contre leurs peuples et les jugements sévères qui les auront puni pour l’ensemble de leurs méfaits. L’impunité criminelle du style PDG, c’est bientôt définitivement fini en Afrique au XXIe siècle, inch Allah!
· La nouvelle voie (mes propositions): ces actions de vérité et de justice devront être menées avec justesse, rigueur et sévérité jusqu'à ce que tous les instigateurs, commanditaires, et les principaux exécutants directs soient débusqués, jugés et condamnés à hauteur de leurs crimes. La justice guinéenne devra retrouver les principaux assassins qui étaient au stade ce jour-là, les juger, les déshabiller (de leurs tenues et bérets) et les placer grâce à un processus de DDR (démobilisation, désarmement, reconversion) dans des PME agricoles et de travaux publics gérées par la nouvelle armée, pour la discipline nécessaire. Si les différents états-majors de nos forces de défense et de sécurité acceptent de le faire de bonne foi, il sera possible d’identifier les principaux criminels, les pires. Nous appliquerons demain la «Tolérance Zero» sans faille pour tous les criminels en Guinée; c’est cela avant tout l’état de Droit, quand on vient de là où nous venons…
Et puis le moment est maintenant venu d’étendre le nouvel exemple de notre général-sauveur depuis quelques semaines à sa suite et à tous ses ministres militaires: porter des costumes (ou des boubous) pour toutes ses activités civiles et son treillis et béret pour ses activités militaires. Depuis récemment, même le commandant «Barre: xx / yy / zz» de la présidence nous gratifie enfin d’une tenue civile pour lire les décrets concernant les cadres civils de nos 2 gouvernements. L’accoutrement Sankara est vraiment passé de mode aujourd’hui. Pour nos chefs civils temporaires, si ils sont vraiment persuadés qu’ils ont besoin de gardes de corps pour les protéger, alors qu’ils leurs enlèvent leurs tenues de guerre et les remplacent par des costumes et lunettes noirs, oreillettes blanches et pistolets Tazzer ou avec balles blanches; non seulement ils seront plus convaincants et à la mode, mais surtout ils seront plus inoffensifs et ne nous rappelleront plus à chaque fois que nous les voyons leurs basses œuvres passées et récentes. Dans tous les cas ceci sera la règle dès le démarrage de la nouvelle voie – les treillis au camp ou à la frontière; les costumes, «trois-poches» et tenues africaines tout le reste du temps….
La pauvre commission nationale a fait vraiment une grosse bêtise en sortant son rapport quelques jours avant l’arrivée de la procureure adjointe de la CPI chez nous: elle a plutôt enfoncé encore plus les instigateurs et commanditaires du 28 septembre 2009 alors qu’en fait elle espérait les blanchir; le profil bas (très bas) que ces personnes affichaient depuis un certain temps leur auraient permis sans doute quelques années de plus de liberté conditionnelle. Au lieu de cela, elle a fâché fortement un certain «responsable unique désigné» et la police de la communauté internationale qui a accéléré en réponse la procédure judiciaire internationale.
2. Le chef de la junte militaire qui dirige notre pays nous demande de préférer la paix à la justice:
· Pour: R.A.S.
· Contre: Il semble qu’il y ait certains de nos compatriotes surtout dans nos camps militaires, j’espère pas tous, qui veulent qu’on tire un double trait sur 51 années de crimes impunis – bref une amnésie nationale pour commencer notre démocratie. Inutile de commenter une telle proposition.
· La nouvelle voie: Il suffira juste de leur démontrer pourquoi il n’y aura jamais de paix et de développement dans ce pays (et dans tous les pays qui ont vécu ou qui vivent encore le martyr de leur peuple par une minorité de criminels non repentants) sans la Vérité et la Justice universelles; ensuite on verra pour la Réconciliation. Un jeu d’enfant!
3. Le président de la CENI (ancien leader de la société civile!) annonce sur les ondes nationales que les Guinéens de l’étranger seront exclus des 1ères élections présidentielles démocratiques du pays pour des considérations de calendrier et de ressources; ensuite commence pendant une semaine un festival de oui, non, ceux-ci, pas ceux-là!
· Pour: R.A.S.
· Contre: je ne sais même pas par où commencer: on veut ainsi exclure sans aucun remord 3 à 4 millions de guinéens (et près de 2 millions d’électeurs) sur une population totale de 10 millions alors qu’ils fournissent aux habitants guinéens plus en apport direct dans touts les domaines que l’aide internationale dilapidée par un groupuscule de bandits en col blanc et en treillis.
· La nouvelle voie: à situation exceptionnelle – solution exceptionnelle: il faut mettre fin immédiatement à cette mascarade biométrique car ce n’est en fait qu’un processus mal ficelé, mal géré et budgétivore. Le petit aperçu que ceux qui se sont présenté dans nos rares ambassades où la CENI est allée recenser leur a prouvé que c’est un travail d’amateurs qui était proposé – on imagine ce que cela a dû être dans tous les villages, villes et régions du pays profond! Ce travail de recensement urgent des guinéens de l’étranger peut très bien être réalisé en moins d’un mois si on le confie aux associations guinéennes qui existent dans toutes les villes qui ont de grandes communautés et qui sont proches de celles où les regroupements sont moins importants. A l’étranger comme en Guinée, tous les guinéens se connaissent dans les villages, villes et régions des pays-hôtes. Les ambassades n’ont qu’à assermenter une petite équipe dans chaque association et ils feront ce travail rapidement et bien; ils en profiteront en même temps pour remettre des cartes d’identité nationale à tous ceux qui n’en ont pas alors que c’est leur droit le plus élémentaire et sacré. Ils voteront alors avec leurs cartes d’identité et leurs passeports. Si la CENI ne veut pas débourser un franc de son budget personnel, alors la diaspora le fera cette fois-ci et enverra ensuite la facture au 1er gouvernement démocratique du pays. Il y a aura quelques ratées et imperfections? Peut-être, c’est même fort probable, mais sûrement moins qu’avec la farce biométrique actuelle. Et cette méthode sera au moins inclusive de tous les guinéens. On verra plus tard pour un recensement professionnel et de qualité en 2015. Si cette option n’est pas acceptée pour les présidentielles de 2010, pour quelque raison injustifiable de basse-politique ou d’affairisme, il faudra alors considérer ces 1ères élections comme nulles et non-avenues car non démocratiques, propres et transparentes. Bref, il faudra tout recommencer à zéro le plus tôt possible, malgré les milliards déjà dépensés et détournés pour rien.
Conakry, le 10 Mars 2010
Alpha Oumar Telli Diallo
www.guineeactu.com
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