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Monsieur,
Permettez-moi de m'adresser à vous en tant Femme et mère guinéenne.
Monsieur, en vous penchant de nouveau sur le dossier guinéen, remémorez-vous d'une des devises du soldat à savoir : protéger la femme et l'orphelin. Le pouvoir qui s'est autoproclamé dans mon pays le 23 décembre 2008 a failli à cette devise. En Guinée, nous sommes sans défense avec des orphelins sur les bras par la faute de ces soldats depuis des décennies.
Monsieur, le 28 septembre 2009, mon peuple est sorti pour dire pacifiquement qu'il ne veut plus de ce pouvoir militaire, qu'il a droit à un avenir radieux et paisible. Pour toute réponse, il a été mitraillé de sang froid par ces militaires sans foi ni loi de façon sauvage, nos sœurs et nos filles violées collectivement et publiquement.
A la suite de ces crimes féroces et atroces, vous avez été nommé comme facilitateur. Dans ce rôle, non seulement vous vous alignez sur les positions de ces militaires, vous validez le permis de tuer, mais vous allez encore plus loin contre toute attente dans le cadre de votre mission en proposant la candidature de Dadis à la magistrature suprême.
Comment avez-vous pu imaginer cette candidature? Comment avez-vous pu faire cette proposition? Pour vous, nos enfants n'ont-ils pas été assez massacrés? Nos sœurs et filles n'ont-elles pas été assez bafouées et humiliées?
Permettez-moi, Monsieur, de vous dire que nous Femmes Guinéennes ne tolérerons plus aucun traitement inhumain dans notre pays.
Nos enfants ont droit à la vie.
Nos enfants ont droit à l'éducation
Nos enfants ont droit à des soins
Nos enfants ont droit à la libre expression
Nos enfants ont droit à la justice
Plus que tout nos enfants ont droit de grandir dans une harmonie familiale qui les accompagnera et fera d'eux des femmes et des hommes de demain pour notre pays.
Monsieur, si le Burkina Faso est appelé le pays des hommes intègres, avec ce dossier guinéen, vous avez une occasion de nous prouver votre intégrité, vous racheter et vous prononcer pour la justice avec J majuscule.
Monsieur, nous les femmes aimerions retrouver le même regard que nous avions avant ce funeste 28 septembre pour nos maris, nos frères et nos fils.
Nous aimerions nous lever à côté de nos maris sans voir le regard du monstre qui nous ont humiliées.
Nous aimerions continuer à guider les pas de nos fils, le cœur rempli de joie sans voir le regard de ces monstres
Nous aimerions continuer notre évolution avec nos frères en s'apportant mutuellement le soutien nécessaire sans voir le regard de ces monstres.
En un mot, reprendre le cours normal de notre vie tant bien que mal. Pour cela nous demandons votre impartialité.
Notre peuple est un peuple pacifique, qui n'aspire qu'à une vie décente tout en maîtrisant son destin. Nous ne voulons et ne demandons que la paix. Cette paix commence au sein du foyer familial pour s'étendre à la nation.
Nous voulons un pays de justice, de liberté et de progrès.
Monsieur, à défaut d'une médiation transparente et loyale, nous les femmes de Guinée sommes déterminées à mener le combat jusqu'à la victoire finale dans l'intérêt de tous les Guinéens sans aucune discrimination.
Monsieur, nous exigeons la justice et l'impartialité dans cette médiation.
Je terminerais en vous disant Monsieur que quelque soient votre rang et votre statut, c'est une femme qui a fait de vous ce que vous êtes aujourd'hui.
Donc nous ne reculerons devant rien pour l'avenir de nos enfants.
Sanaba Coné Camara
www.guineeactu.com
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