vendredi 30 novembre 2007
Une femme Présidente en Guinée (Suite)
Adji Barry Baud

Femmes de Guinée, je réitère encore une fois l’appel que je vous ai lancé. Levons-nous, attachons nos pagnes bien fort. Nous allons tracer une troisième voie : une femme Présidente de la République de Guinée.

Je suis heureuse que mon appel ait été entendu, entre autres par différentes femmes guinéennes avec les quelles je suis en contact. Je suis sur la même longueur d’onde qu’elles. Je souhaiterais que d’autres sœurs et mères viennent se joindre à nous.

Nous allons mettre en œuvre un mouvement, ouvert à toutes les femmes de Guinée. Il ne s’agit nullement d’un parti politique. Je dis bien un mouvement, auquel peuvent adhérer non seulement toutes nos sœurs et nos mères, mais aussi tous les hommes de bonne volonté, pour créer cette troisième voie dont parle si bien le Dr Rabi Youla.

Dans mon précédent message, j’ai rappelé les noms de toutes ces grandes dames qui sont, à l’heure actuelle, aux commandes de leur pays : Présidentes ou Premières ministres. Je voudrais, maintenant, remonter plus loin, aller au moins jusqu’en 1945, au lendemain de la seconde Guerre mondiale. Pour évoquer la mémoire de nos sœurs et de nos mères qui ont eu à occuper les plus hautes fonctions dans tous les pays du monde et sur tous les continents.

Rappelons la mémoire impérissable de Agathe Uwilingiyimana, Première ministre du Rwanda (1993-1994), qui a malheureusement périe, assassinée par le racisme. N’oublions pas Maria Liberia-Petrers, Première ministre des Antilles néerlandaises (1984-1993) ; Isabel Peron, Présidente de l’Argentine (1974-1977) ; Kim Kampbel, Première ministre du Canada (1993) ; Eugenia Charles, Première ministre de Dominique (1980-1995) ; Janet Jagane, Présidente de Guyana (1997-1999) ; Violetta Chamorro, Présidente du Nicaragua (1990-1996) ; Khaleda Zia, Première ministre du Bengladesh (1991-1996) ; Indira Ghandi, Première ministre de l’Inde (de 1980 à 1984 et 1996 à 1997) ; Golda Meir, Première ministre d’Israël (1969-1974) ; Benazir Bhutto, Première ministre du Pakistan (de 1988 à 1990 et de 1993 à 1996) ; Corazon Aquino, Présidente des Philippines (1986-19992) ; Tansu Ciller, Première ministre de Turquie (1993-1996) ; Edith Cresson, Première ministre de France (1991-1992) ; Margaret Thatcher, Première ministre de Grande-Bretagne (1979-1990) ; Mary Robinson, Présidente de l’Irlande (1990-1997) ; Agatha Barbara, Présidente de Malte (1982-1987) ; et Gro Harlem Brundtland, Première ministre de Norvège (1981, puis de 1986 à 1989 et de 1990 à 1996).

Notre pays, la Guinée, ne peut se libérer des pesanteurs actuelles que s’il accepte qu’une femme arrive aux commandes. Cela est possible. Nous connaissons au moins deux femmes qui peuvent assumer la magistrature suprême de notre pays. Si on le laisse libre, notre pays choisira l’une d’entre elles. Quel que soit son choix, nous sommes sûres que ce sera le bon choix, pour le plus grand bien de notre pays.

Si des élections libres, transparentes et démocratiques, sont organisées, sous l’égide des Nations Unies et de la communauté internationale, une femme peut arriver au pouvoir en Guinée, pour le plus grand bien de tous les Guinéens.

Nous, les femmes, nous revendiquons l’égalité des sexes.

Qu’on ne s’y trompe pas. Nous ne revendiquons pas un féminisme à l’américaine, où la femme veut prendre la place de l’homme. La femme américaine émancipée occupe aujourd’hui des fonctions aussi importantes que celles de l’homme. Elles sont PDG de grandes sociétés, hauts responsables dans de grandes unités internationales … Mais, au détriment de leur vie sociale. Elles renoncent à la maternité, ou bien, quand elles ont des enfants, elles ne les voient jamais.

Nous ne voulons pas de cette émancipation-là. Ce que nous voulons, c’est d’un féminisme moderne, qui nous permette d’assumer les plus hautes fonctions dans la société, tout en assurant des fonctions essentielles dans la société : citoyennes, épouses, mères, salariées et responsables. Voilà ce que nous voulons.

Femmes de Guinée, levons-nous, attachons nos pagnes bien fort et battons-nous pour que l’une d’entre nous arrive au pouvoir dans notre pays.

Adji Barry Baud

 

 

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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