mercredi 29 octobre 2008
Une démocratie à la guinéenne.
Barry Tutankhamon

Nos grands-parents avaient toujours cette audace de confier aux enfants des tâches responsables dès leur bas-âge. Des fois, au risque même de torturer l'enfant qui n'a pas encore atteint sa maturité. Certains fardeaux étaient très lourds à supporter. Mais ne disait-on pas à un jeune enfant, même de 10 ans, qu'il était l'ambassadeur de sa famille? Surtout quand il s'avérait qu'il était aussi l'aîné de cette famille. Ne lui criait-on pas dessus parfois? Tout en lui reprochant de faire preuve de responsabilité, car après le père, il sera le seul responsable et le guide suprême de la famille ? Tout cela pour dire qu'en Afrique, la démocratie a existé depuis l’aube des temps, contrairement à ce que pensent certains.

Maintenant, à la surprise générale, cette démocratie africaine, et surtout guinéenne, qui encourageait les jeunes et moins jeunes à prendre leur avenir en main, a malheureusement disparu. Nos parents d'aujourd'hui ne veulent plus laisser leurs places aux jeunes. Au contraire  et souvent, ils les traitent comme de potentiels adversaires. “Une véritable chasse à l'homme”, comme le dit Ali, un jeune homme de 35 ans, résident de Coronthie, qui attend avec impatience la mort prochaine de son père pour hériter de la maison familiale.

Les parents n'encouragent plus la responsabilité et l'éducation des enfants. Les papas qui ont des moyens, préfèrent voir la tête de leurs enfants bien coiffée, qu'une tête bien remplie. Les mosquées et les écoles se désemplissent du jour au jour. L'argent qui, autrefois, n'avait que peu de valeur chez le guinéen, est devenu la religion devant laquelle tout le monde se plie.

Aujourd'hui, les jeunes n'ont pas droit à la parole sans se faire harceler par des vieillards mesquins et jaloux, ou sans se faire traiter de maudits. Les jeunes qui ont choisi la musique par exemple, comme moyen d'expression et de source de revenus, se font exploiter à longueur de journée. Malgré que leurs produits se vendent comme des petits pains, rares sont ceux qui mangent 2 fois par jour. Ceux qui ont choisi le football voient leurs rêves se briser comme un château de cartes, faute de soutien. Les jeunes filles de quinze ans désertent l'école à cause de grossesses prématurées et autres faits sociaux qui font d'elles des victimes du système. Les moins chanceuses se prostituent dans les différents coins de Conakry. Le SIDA et la FAMINE gagnent du terrain à grandes enjambées.

En général, toute la couche juvénile est réduite à l'exploitation et à la marginalisation. Les enseignants (qui ont pour doctrine de protéger les enfants) violent les élèves, souvent pour des notes de classes. Et tout le monde ferme les yeux, en faisant des sujets tabous). Or, si ceux qui ont prêté serment de protéger nos enfants, deviennent eux-mêmes des bourreaux, alors notre société est menacée dans ses fondements.

L'autorité des parents se résume aujourd’hui, à faire de l'enfant un esclave. Aucune structure n'est créée pour l'émancipation et la recréation des enfants. Ils sont les plus vulnérables et pourtant ils sont abandonnés à eux-mêmes, comme des chiens errants. Ceux qui n'ont pas le courage d'aller voler, par peur de représailles, sont réduits à la mendicité.

La mendicité, contrairement à ce que millions de personnes pensent, est le plus vieux métier au monde. Elle a existé bien avant la prostitution. N'est-ce pas elle d'ailleurs qui a engendré cette dernière ?

La mendicité est devenue monnaie courante chez le jeune guinéen de 5 à 15 ans. Ce jeune guinéen, rongé par l'envie et le besoin, qui veut tout mais malheureusement, n'a rien. Il croit en l'avenir et pourtant croise les bras. En attendant que DIEU fasse tomber le bonheur du ciel !

Les parents, le parent guinéen en particulier, ne veulent -ou ne peuvent- plus faire face à ses responsabilités. Il accuse la vie, et pourtant c'est lui qui a choisi, par exemple, la polygamie. Il accuse DIEU, et pourtant il choisi sa religion. Et enfin et surtout, il accuse le gouvernement, sans même se rendre que le gouvernement, c’est d’abord lui-même.

Barry Tutankhamon
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
dieng, jeudi 30 octobre 2008
La majorite des jeunes guineens de moins de 35 ans d`ailleurs pensent qu`ils doivent tout a leurs parents, s`ils ne peuvent rien faire pour eux, alors ils ne veulent pas les deranger non plus. si Ali de Coronthie attend avec impatience la mort de son pere pour heriter la maison familiale, c`est peut etre pour la vendre juste apres. Je le plaint
toure cheick, jeudi 30 octobre 2008
francement mon frere chapeau pour votre article, vous devoloppez bien vos idees qui vpous connaissez la guinee et les habitudes des guineens.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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