jeudi 6 mars 2008
Une curieuse conception de la démocratie en Afrique

En Afrique, le pouvoir est considéré comme une question de vie ou de mort. Les chefs africains s’en servent comme ils veulent. Les élections que les maîtres du Nord nous ont imposées sont devenues une occasion et un alibi pour se cramponner au pouvoir. La loi du plus fort c’est la pire. C’est connu, mais dès qu’elle s’applique, des conflits naissent. Désormais, ces conflits s’enracinent et les dégâts qu’ils engendrent ne dérangent pas nos chefs. Les pauvres que nous sommes payent  les frais. Les Kenyans, les Tchadiens, les Soudanais, et les Ivoiriens tout près, ne diront pas le contraire. Car eux (ces pauvres) ne peuvent pas se payer le luxe d’une protection militaire ou financière. Ils sont pauvres, voilà c’est tout ! Autrement c’est la loi du genre « Quand les riches au pouvoir se battent, ce sont les pauvres qui payent les frais». Pendant ce temps, les règles de la démocratie importée ou imposée sont inscrites aux abonnés absents. Et vive l’anarchie ! Pourtant tous nos chefs revendiquent ces règles, mais nul ne les applique. Et dans ces conditions, chacun y va de sa méthode. Les violences post électorales au Kenya en sont une récente illustration. De la fraude électorale on en connaît partout. Manipulation des résultats, falsification administrative des cartes électorales…. La liste est longue et connue de tous. Ceux qui nous assistent pour organiser nos élections savent aussi où ils mettent leur assistance. Seulement il y a lieu de se demander aujourd’hui si organiser des élections quelle que soit la manière, quels que soient les résultats, revient à une pratique démocratique. Est-ce suffisant pour qualifier nos pays de démocratiques, nos chefs d’élus incontestables ? Est-ce qu’une élection est synonyme de bonne gouvernance et de démocratie en d’autres termes ? Car le parcours de certains africains est loin d’être enviable.

Le pouvoir par tous les moyens est devenu une sorte de fixation sur le continent. Tous les moyens sont bons pourvu qu’ils soient efficaces et durables. Quand Idris Deby Itno monnaye son fauteuil pour 6 prisonniers français ça veut tout dire. Et pour conclure, il faut simplement dire que l’Afrique est malade de ses dirigeants.

Oumoul K Cherif 
L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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