lundi 14 avril 2008
Une confusion et une division en perspective de plus... par Tolomsè Camara
Tolomsè Camara

Une invitation de Mme l’Ambassadeur de Guinée en France a été faite aux associations guinéennes, mais en fait à quelques personnalités qui ont daigné laisser leurs coordonnées à l’Ambassade, de désigner trois responsables au Forum national sur « la mobilisation des communautés des Guinéens vivant à l'étranger et des financements innovants en faveur du développement national, qui se tiendra en Guinée du 12 au 14 juin 2008 ». Mais elle n’est pas de nature à clarifier la situation antagonique qui gangrène le paysage associatif de la communauté guinéenne de France, depuis 2007. Si la démarche est en soi louable de s’adresser aux intéressés de désigner leurs représentants à Conakry, sans leur en imposer, la manière d’y procéder vient hypothéquer encore plus le climat tendu et malsain des rapports entre ceux qui prétendent représenter la communauté guinéenne de France, y compris l’Ambassade.

Pendant que la note, toute diplomatique, de notre Ambassade, en date du 8 avril 2008 (quelques jours à peine) nous prie d’attendre l’arrivée imminente « des missions d’informations », prévues dans la deuxième quinzaine de ce mois, voilà que le 11 avril nous sommes invités à nommer, à la date impérative du 17 avril, ceux qui devraient être nos porte-parole à Conakry. Et, pour quoi y faire, si ce n’est de « poser les nouveaux fondements», à partir de  ce que chacun des délégués aura supposé saisir de l’intitulé de la rencontre. C’est tout. A l’évidence, nous autres délégants serons informés plus tard, à la fin des débats. Et, sans rien y comprendre, le même message de l’Ambassade, qui concerne aussi les Communautés guinéennes d’Espagne et du Portugal, ne donne droit de former le contingent de représentants qu’à la France, qui se fera sans doute le devoir d’informer nos compatriotes d’au-delà des Pyrénées.

Mais avant, l’Ambassade fait appel à une quantité innombrable de personnalités ou d’associations (loin encore du compte) pour procéder au choix de son quota d’invités aux assises de Conakry. Or il aurait été plus judicieux de confier cette tâche à trois groupements d’associations, identifiés de la place, qui se disputent les mêmes adhérents, à défaut d’accorder cette confiance, légitimement, à la Coordination (CAGF), qui a la prétention de regrouper la majorité d’entre eux. Nous aurions gagné en simplification, en temps de concertation, et nous serions conduits à l’unanimité, avec seulement quelques légers grincements de dents tout à fait compréhensibles. Nous aurions, au moins, échappé au tri sélectif ; nous aurions abouti à un consensus, vaille que vaille, comme toujours. Autrement dit, c’est l’esprit de dialogue qui doit nous rassembler et non celui de directives et d’empressements.

Mais dans les conditions où se situe le débat actuellement, il est à craindre que le raté ou la maladresse de la diplomatie guinéenne ne rende impossible cette sélection de personnes types, au sein d’une communauté à qui rien ne sera encore épargné en critiques acerbes, dans sa volonté affichée de préserver ses différences, au sein d’une Guinée unie, forte et riche de ses compétences. Et si par miracle, nous parvenions à envoyer trois mandataires, on nous suggère d’adjoindre aux membres désignés d’autres volontaires, consentant eux à payer de leur poche leur voyage, avec frais de séjour au pays. Ces supplétifs, auto-désignés, seraient prêts à parer à une éventuelle prestation moindre de notre représentation officielle. On n’est jamais assez prudent ! Peut-être même que ces derniers ont déjà bouclé leurs valises et prévu de s’installer aux meilleures places réservées. Au fait, nous ne savons pas encore qui financera le voyage de nos délégués, en ces temps durs des audits en crocs-en-jambe, juste bons à régler des comptes entre comparses. Nous voyons déjà poindre une autre surprise de taille. Et pourtant, comme il ne suffirait que de nous apprendre des dessous de cette affaire, programmée il y a bien longtemps, pour que toute ambiguïté soit levée !

De cet imbroglio, nous retiendrons que l’institution représentative de notre pays en France aura eu le mérite de rassembler une joyeuse mêlée d’intérêts contradictoires. Mais, elle pourra toujours nous rétorquer qu’après tout, « on ne dira pas qu’on ne leur a rien proposé ; mais ils n’ont pas su s’entendre. Comme d’habitude ! » Après tout, de quoi nous plaignons-nous, maintenant que nous sommes conviés, tous azimuts, à avaliser, sans efforts, les bonnes décisions prises pour nous, loin des cooptations. De toutes les façons, le but visé aura été atteint de se gausser de nos désaccords et discussions interminables.

Tolomsè CAMARA, pour www.guineeactu.com

Créteil, le 14 avril 2008

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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