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Aussi surprenant que cela puisse le paraître, la transition vers une alternance politique a commencé, avec le nouveau gouvernement dont la mission sera, non seulement de répondre aux revendications sociales, en termes de besoins alimentaires et d’amélioration des conditions de vie des citoyens, mais aussi et surtout, de conduire les affaires de l’Etat, de manière à définir un cadre idéal qui permette au général Conté d’opter pour une retraite sereine à l’horizon 2010. Cette hypothèse pourrait susciter bien des interrogations, cependant, à l’allure où vont les choses, rien ne saurait surprendre, même si une éventuelle retraite du Général Conté pourrait nuire à de nombreux privilèges. Un coup d’oeil furtif sur les 24 années de pouvoir - 26années en 2010 -, du Général président, largement remplies aux yeux de son parti, le PUP, suffirait à comprendre la nécessité d’amorcer un autre tournant, tout en reconnaissant au chef de l’Etat le mérite d’avoir préservé la paix dans son pays, malgré l’enfer qui a dévasté la sous-région. Faudrait-il dire, pour verser dans l’histoire que les contraintes nous obligent parfois à réhabiliter, que Sékou Touré aura été un farouche résistant aux abus coloniaux et que le Général Conté, un excellent soldat qui évita à son pays de tomber dans des guerres fratricides inutiles. Il va sans dire, que les rôles de chacun étant définis par le destin et les circonstances particulières qui s’y rattachent, la relation entre les deux régimes déjà connus en Guinée, obéit à la logique d’une continuité dans les actions, d’autant que le second a toujours avoué avoir loyalement servi le premier. Ce qui met en évidence le rapport assez étroit entre deux régimes fondés sur les mêmes principes, sauf que les libertés individuelles et collectives sont une réalité sous le second. Et la discipline, sous le premier. Le pays a besoin d’évoluer, à défaut d’un changement radical qui ne semble pas à l’ordre du jour, même si la nécessité de rompre avec une certaine tradition dans la gestion des affaires publiques, s’avère indispensable. S’il y a eu échec, de certain point de vue, il y a moins à s’en prendre au pouvoir qu’à ceux qui y ont été associés pour conduire les affaires publiques. S’il n’y a qu’une seule responsabilité devant ce que l’on pourrait appeler ‘’mal gouvernance’’, il y a des culpabilités par rapport au bilan des 24 années du pouvoir Conté. Chacun des ministres devant être interpellé sur sa gestion devant l’histoire. Si la Guinée de la révolution avait eu les mêmes moyens de développement et les mêmes ressources humaines que la Guinée actuelle, les choses auraient-elles pu changer ? Tout compte fait, tout est à faire, puisque les 50 années de notre indépendance semblent avoir été consacrées à garder le parc contre les loups. Maintenant que la paix est revenue dans la Sous-région, et que le pays a été épargné, la nécessité de faire face au développement socio économique devient la priorité. Pour les toutes prochaines années, une nouvelle orientation s’impose. Le pouvoir en est d’autant conscient qu’il a fait des concessions qui, il y a quelques années, relèveraient du rêve. Un gouvernement ouvert aux opposants, c’est une première qui exprime, à la fois, la maturité du pouvoir après bien des stratégies manquées, que l’irréversible changement qui s’annonce de façon pertinente, comme la seule alternative, pour permettre au président Conté de se préparer une retraite dont le mérite sera dans le fait d’y opter volontiers. Mais, après avoir créé le cadre qu’il faut pour une telle entreprise. La paix et la quiétude sociale. Le Gouvernement Souaré aura, peut-être, la lourde mission d’organiser la marche des Guinéens vers cet horizon 2010, point de départ d’une nouvelle ère. A travers des élections justes et transparentes, si l’on veut sauver les dernières casseroles. Autrement…interrogez De Coursières sur la course des étoiles filantes. Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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