 |
Cette ubuesque CENI fait honte à cause du patriotisme chancelant de ceux qui la composent. Cette infamie a été aggravée par les deux finalistes du second tour, incapable de trouver un compromis. Même au nom du tournant historique que constitue cette présidentielle. Pourtant, une opportune décision de la part du président de la transition aurait pu sauver les meubles sans altérer sa neutralité. Conséquence ? Un Malien (le général Siaka Toumani Sangaré), à défaut d’un scandinave, est actuellement au chevet de l’institution qui organise les élections. Et « C'est une solution que nous pouvons accepter », a notamment déclaré Makalé Traoré, directrice de campagne d’Alpha Condé. « Ce que je peux vous dire, c'est que je suis prêt », a pour sa part déclaré Cellou Dalein Diallo, dans un entretien accordé à la BBC.
C’est donc un non-Guinéen qui reste à la tête de la CENI. Une boîte où des Guinéens ou supposés tels se livrent éhontément à des spectacles dignes d’un autre âge. Et toute la planète les suit en temps réel, dépitée. Puis agacée. Faut-il de ce fait en rire ou en pleurer ? Il faudra certainement en pleurer d’autant plus que les querelles et autres rancoeurs nourries pendant le temps de pose (entre-deux tours) ont largement exacerbé les clivages ethniques entre les deux finalistes. Des clivages qui se sont hélas distillés jusqu’au niveau de la déjà expirante CENI. On comprendra dès lors que la nomination du général Siaka Toumani Sangaré, bien qu’une ingérence en soi, constitue assurément un échec éprouvant pour les acteurs politiques. Ils ont en effet mis à nu leur forte incapacité à trouver une tête consensuelle pour organiser le scrutin dans une grande transparence. Pourtant, nous enseigne un proverbe populaire « Quand la chèvre mord le visiteur indésirable, c’est une humiliation pour le chien ». Peu importe pour les deux finalistes du second tour et leurs alliés, plutôt obnubilés par le chemin de Sékhoutouréya, donnant ainsi raison à un certain Dadis Camara dans ses formules sacrées et consacrées : « Assoiffés de pouvoir » ! Toute honte bue (?).
Quoi qu’il en soit, commente un confrère burkinabé, « Les Guinéens peuvent se consoler du fait qu’il est admissible que dans le cadre de la fraternité, de l’intégration sous-régionale, un voisin vole au secours de leur navire en détresse. Cette nomination renforce de façon indirecte l’implication du Mali dans la sortie de crise en Guinée, à l’instar du Burkina avec les actions du médiateur, Blaise Compaoré, et de son envoyé spécial, et de bien d’autres Etats frères. Et même si la situation n’est pas très honorable pour les fils de ce pays, il faut bien reconnaître que ce sont eux qui ont donné l’occasion à la communauté internationale d’intervenir dans leurs affaires. » Pourvu qu’un éventuel échec n’affecte pas les ‘’deux poumons dans un même corps’’. En tout cas, le nouveau promu est à priori neutre. L’homme appartient selon des sources, à « une ethnie transversale, de ce fait neutre jusqu'au bout des doigts. En Afrique de l'ouest le grand wassolon englobe une partie de la Guinée, du Mali, et de la Côte d'Ivoire. Linguistiquement proche des malinkés, le wassolonké a gardé le sédentarisme des peulhs et l'élevage comme premier métier depuis leur départ de Timbo actuel Mamou. » Le général Sangaré est actuellement en train de consulter : « Nous allons procéder à une réévaluation objective de la situation aujourd’hui, faire l’état lieux, pour prendre une décision en ce qui concerne le maintien ou non de la date du second tour. »
Thierno Fodé SOW
www.guineeactu.com
|
 |