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L’ancien dirigeant politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, inculpé par la justice internationale, de génocide et de crimes de guerre, a été appréhendé ce lundi par les services secrets de la Serbie après 13 ans de cavale. Les autorités serbes qui avaient toujours refusé de coopérer avec la justice de la communauté internationale, ont finalement accepté d’arrêter celui qui était devenu, depuis plus d’une dizaine d’années, l’un des fugitifs les plus recherchés de la planète. Considéré toujours comme un héros pour les Serbes et un monstre pour les Croates et les musulmans, Radovan Karadzic a été déniché par les agents secrets serbes 24 heures avant l’arrivée du procureur du Tribunal Pénal International (T.P.I.), Serge Brammertz à Belgrade, pour une évaluation de la coopération des autorités serbes avec les services de la justice internationale sur l’ex-Yougoslavie. Ainsi, l’arrestation de Radovan Karadzic précédée de celles de Ratko Mladic ex-chef militaire des Serbes de Bosnie et de Goran Hadzic, l’ancien leader des Serbes de Croatie vient de mettre fin à l’impunité sur les atrocités et assassinats perpétrés sur les Croates et les musulmans pendant le conflit en Bosnie de 1992 à 1995. D’abord, Radovan Karadzic et Ratko Mladic furent les principaux instigateurs du génocide de Srebrenica (est de la Bosnie) où près de 8 mille musulmans ont été éliminés en juillet 1995. Ensuite, ils étaient poursuivis pour leur rôle dans le siège de Sarajevo qui a duré 43 mois et pendant lequel 10 mille civils ont péri. Il faut dire que sans le changement de gouvernement intervenu, il y a dix jours en Serbie, le fugitif serait toujours en fuite. Pour le nouveau gouvernement du président Tadic, composé de pro-européens et de socialistes du défunt Slobodan Milosevic et soucieux du rapprochement de la Serbie avec l’Union Européenne, l’arrestation de Radovan Karadzic était devenue plus qu’une nécessité, un impératif. Car cette arrestation constitue une étape importante dans le processus d’adhésion de la Serbie à l’Europe des 27. Aussi, ce grand coup de filet, constitue-t-il, une lueur d’espoir pour tous les peuples qui sont victimes d’exactions, d’atrocités et d’assassinats de leurs dirigeants politiques. Déjà Taylor, l’ex-président libérien est en train de répondre aux chefs d’accusation retenus contre lui devant le T.P.I., Oumar El Béchir, le président soudanais, est sur le banc des accusés pour le génocide de Darfour, et très prochainement ce sera au tour de Robert Mugabe, le président zimbabwéen et de Lansana Conté, président guinéen de répondre de leurs forfaitures devant une cour de justice de la communauté internationale. Le procureur du Tribunal Pénal International n’a-t-il pas promis que tous les dirigeants politiques qui seront coupables de génocide ou de crimes contre l’humanité, seront arrêtés, jugés et condamnés ? Espérons alors que cette promesse aura tout son pesant de justice. Bangaly Condé « Malbanga »
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