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Dans un article faisant état de sa prise de position dans la crise survenue à la direction nationale de l'UPR, notre compatriote Nasser Barry, un militant partisan d’Assiatou Bah Diallo, a formulé de violents reproches envers certains amis et frères du Président fondateur. Je voudrais, en tant que frère de Siradiou et militant de base, faire part à notre compatriote de mes observations fraternelles suivantes. Avant d'en venir au fond, je relèverai une confusion (sans importance toutefois) entre deux noms. L'auteur de l'écrit dont parle Nasser est le Docteur Thierno Oumar, médecin des hopitaux de Paris et non l'ingénieur Alpha Oumar, tous les deux étant des jeunes frères de Siradiou. L'ensemble de la famille désapprouve la démarche de notre belle-soeur, aussi bien les plus proches (Siradiou a 11 frères et 7 soeurs) que la famille large comprenant les oncles, tantes, cousin(e)s, neveux, nièces. La position exprimée publiquement par Koto Amadou Oury Lemmy est celle de tous les membres de la famille, du plus âgé d'entre nous, Docteur Cellou qui est Président de la dynamique fédération UPR d'Allemagne, au plus jeune, le commandant Thierno Aliou, pilote de la compagnie britannique Virgin Atlantic, en passant par Docteur Souleymane, médecin au Gabon. Notre analyse est par ailleurs partagée par la famille de Assiatou Bah Diallo. Ce qui nous préoccupe est simple : le risque d'implosion et de démobilisation du parti est réel, surtout en cette période de recomposition du paysage politique et de préparation d'échéances électorales. Et à un moment où les convoitises et basses stratégies ne sont que trop perceptibles. Le fondateur du parti lui-même a toujours prêché la culture de la consultation, de la concertation et de la tolérance. Et je suis sûr de ne pas me tromper en affirmant que dans une situation pareille, il n'aurait pas agi sans informer et consulter les militants. De même, je pense que dans le souci de gérer le parti de façon saine et productive, l'on doit absolument éviter de décider ou d'agir au seul niveau du Bureau Exécutif National pour les questions fondamentales qui engagent l'avenir du parti. Dans le cas d'espèce de la crise actuelle, il est indispensable d'associer directement l'ensemble des fédérations et sections, et ce, quel que soit le pourcentage de membres du BEN qui désavouent le président ( ou le vice-président). Si l'on prive ces fédérations, sections et comités de base de leur droit à une telle implication, on ne pourra éviter leur réaction fâcheuse et les conséquences néfastes de leur frustation. La problématique dépasse donc largement la personne de Bah Ousmane : il s'agit d'une question de principe pérenne et non de défense stricto sensu de la personne qui assure, à un moment donné de la vie du parti, une fonction donnée. Parlant d’Assiatou Bah Diallo, je rassurerai le militant Nasser Barry en lui disant que désapprouver un acte politique ou une opinion ne veut pas dire opter pour la pire des attitudes : rupture de liens familiaux, animosité, bataille rangée ou fin de tout espoir de compréhension ou de compromis. Ma belle-sœur n'a-t-elle pas elle-même appelé tout un chacun à accepter que celui d'en face puisse avoir un point de vue différent? Il ne saurait en tout cas y avoir une quelconque place pour la haine parmi les nôtres. Et puis, il est important que je le précise, Assiatou est notre cousine directe et comme souvent au Fouta, les liens familiaux sont imbriqués et multiples. Elle a toujours dit être fière qu'on l'ait baptisée du prénom de notre grand'mère paternelle Yâyè Assiatou. Il ne me semble d'ailleurs pas étonnant qu’Assiatou écrive d'une si belle plume : ma grand'mère n'était-elle pas célèbre dans tout le Fouta pour les poèmes en pular et en arabe qu'elle publiait, imitant en cela son propre père, le saint Thierno Aliou Bhoubha Ndiyan dont elle était la fille aînée? Et me concernant personnellement, je suis tout aussi fier d'être baptisé du prénom du grand-père paternel d’Assiatou, l'un des érudits du Fouta ancien, Karamoko Bano ( dont la tombe est située au mausolée de la mosquée que mon arrière grand-père Alpha Mamadou Dèmbari a fondée en 1854 à Pilimini/Labé). Je ne saurai en tout cas détruire (et j'invite à ne pas détruire) par haine des liens séculaires tout simplement parce qu'une nuit d'avril 2008 des membres d'un BEN ont posé un acte que je désapprouve. Je chercherai de préférence une autre solution. Et il y en aura bien une, très bientôt. Un autre passage de l'article de Nasser Barry insinue que Siradiou n'entretenait pas des liens étroits avec sa famille. Je voudrais lui dire d'accueillir de telles informations avec plus de circonspection. J'ajouterai qu'en plus de mes deux parents, je suis particulièrement reconnaissant envers deux personnes : une personne morale (l'Etat guinéen) qui a financé pour moi l'enseignement primaire et secondaire, et une personne physique (Siradiou) qui a financé mon enseignement supérieur. Quand je suis arrivé en Côte d'Ivoire après avoir fait 5 jours en brousse pour éviter la milice du parti-Etat et joindre à partir de Kankan la première ville ivoirienne, mon frère m'envoya sur le champ au Togo, me recommandant à son ami le recteur de l'université de Lomé et à un journaliste qui fut promu ministre de l'information trois jours après m'avoir accueilli. Mon frère m'avait choisi et conseillé la filière gestion des entreprises (son ami Ibrahima Baba Kaké qui était de passage à Abidjan avait aussi donné son avis). Avec une licence de Lomé et une maîtrise de l'université d'Abidjan en poche, j'ai rejoint mon frère à Paris où il me conseilla et m'aida financièrement à me spécialiser en audit comptable et financier. Je peux dire que si aujourd'hui j'exerce le métier de contrôleur de gestion au sein d'un groupe d'entreprises du marché international de Paris-Rungis, c'est essentiellement grâce à mon frère. Le lendemain de mon arrivée à Paris, je l'avais accompagné à un rendez-vous avec Cheikh Anta Diop à qui il a dit que je suis venu en France pour faire des études de comptabilité. Le grand savant, avec un regard approbateur, me dit gentiment : "C'est très très bien, bon courage, jeune homme". Un point positif dans les écrits de Nasser Barry : le deuxième article a gagné en profondeur par rapport au premier. Si au départ 85% de l'écrit était constitué d'invectives personnelles et de menaces de publication de dossiers secrets, dans le deuxième article la teneur est plus analytique (pour 90%). Le lecteur remarque la nette amélioration de la syntaxe, le léger mieux dans le choix d'une terminologie un peu plus respectueuse, une meilleure ossature des phrases et surtout une dose plus saine de charge émotionnelle chez le rédacteur. Au point de se demander si l'auteur est le même. Puisse cette amélioration signifier que notre compatriote serait plus disposé pour un débat constructif, à même de nous conduire vers le renouveau et le progrès. Le mot de la fin est pour Siradiou : il disait souvent être vraiment étonné de voir tant de Guinéens ayant les yeux rouges de haine. Que dieu bénisse la Guinée. Karamoko Bano Diallo, pour www.guineeactu.com
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