vendredi 6 juin 2008
Un état voyou pris en otage par des voyous : qui trinque ? Le peuple

C’est fini l’ère des prises d’otages avec paiement de rançons. Sauf… en Guinée.

Un sergent engage des généraux pillards. Ces généraux volent la troupe et s’achètent villas et voitures de luxe. De compromissions en compromissions, le sergent et ses généraux se sont entrelacés les pinces dans les nasses de la troupe. Un sergent, des généraux et des hommes de troupes apprentis maîtres chanteurs qui se sucrent tous sur le dos d’un vaillant peuple. Le sergent a mis ses généraux de la vieille garde, ses amis de toujours, sur la touche, pour parler lui-même aux ravisseurs et leur a dit « commandez,  j’exécuterai ». Et la troupe commanda. Satisfaction du ventre et du bas ventre. Cette troupe de soudards saoulards, demanda des sous pour faire ripaille dans les bas fonds de Conakry. Et cette troupe de canailles demanda du riz trois fois moins cher que celui vendu à la population. Et le sergent serpent tueur intima l’ordre à ses généraux voleurs corrompus et à son gouvernement de fantoches, de faire fonctionner la planche à billets pour déverser des tonnes de francs guinéens dévalués sur cette troupe canaille et vandale afin qu’elle lève le garrot du cou de l’immortel président.

Des bandits qui rencontrent le grand bandit avec les honneurs de l’Etat, forcément ça récidivera et comme d’habitude, le peuple casquera. Une conséquence certaine immédiate est une inflation prétentieuse. Qui va casquer ? Encore et encore le peuple. Quel peuple ? Ce même peuple qui du fond de son terrier, lève une main tremblotante et vacillante de peur et de honte pour crier : « je ne suis pas concerné, c’est entre vous les gens d’armes, nos divins protecteurs ».

Et ce peuple qui lance ce cri pour échapper à la balle perdue, ce peuple courbé, la tête enfouie dans le sable et un enfant dans ses bras, ce peuple a raison. Il a raison parce que son arme la plus redoutable est le temps. Le temps roule pour lui. Un jour viendra et il n’est pas si loin que ça ce jour, où le serpent sergent tueur voudra lever un bras et il se rendra compte qu’il ne peut pas. Il voudra désigner un ami du peuple à la vindicte de la troupe et il se rendra compte qu’il ne peut pas. Alors, le peuple lui reprendra ses terres, ses villas, ses voitures, le vêtira de 7 m de percale et l’abandonnera au fond d’un trou avec les vers de terre et dans une valise virtuelle, ses bonnes et mauvaises actions. La vie continuera pour le peuple, sans lui. Il sortira de nos vies et de notre histoire, par la petite porte, par laquelle il n’aurait jamais dû entrer.

Que DIEU nous donne une bon fin et nous récompense de nos bonnes actions en nous pardonnant pour les mauvaises. De même pour le sergent. De même pour les généraux. De même pour les hommes de troupe. Car ça, c’est le PARDON, un enseignement divin hors de portée des gens du feu, ceux qui parmi toutes les activités possibles et imaginables, ont choisi celle qui ôte la vie à leur prochain.

Professeur El Hadj Hamidou Diallo, Sénégal pour www.guineeactu.com    
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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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