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Le premier ministre Kouyaté ne manquera jamais d’initiatives pour distraire les Guinéens. Là où les discours n’auront pas permis de charmer, les inaugurations de symboles tenteront de divertir. Que représente cet éléphant au pied duquel est posé un ballon en miniature ? S’agit-il de semer la confusion dans la tête des citoyens ? Pour le PDG/RDA, il n’y a point d’équivoque, l’éléphant symbolise le parti et son guide suprême, le président Ahmed Sékou Touré. L’ouvrage a été réalisé par Asnavie, l’association caritative de Madame Kouyaté, à la demande de Monsieur Kouyaté le premier ministre, un passionné des grands vestiges historiques qui immortalisent le passé. Dans son discours, lors de l’inauguration du monument, Kouyaté évitera, cependant, de préciser ses idées. Pour divertir les esprits curieux, il parlera du cinquantenaire de la Guinée qui sera bientôt célébré, même s’il n’a pas dit sous quel signe. Tout cela n’est que de la diversion qui continue de susciter des interrogations sur la motivation réelle de Kouyaté qui serait un adepte achevé de l’ancien système, pour en avoir subi l’éducation depuis son jeune âge. Quel contenu donnera-t-il à ce cinquantenaire que les enfants des victimes comptent mettre à profit pour revendiquer les corps de leurs morts, ou, tout au moins, les lieux où ils reposent ? D’aucuns s’attendent à l’ouverture d’une tribune populaire, pour recueillir le pardon des bourreaux et de tous les tortionnaires encore en vie. Mais, si le but visé par le premier ministre est d’immortaliser le guide suprême, le cinquantenaire pourrait faire l’objet de bien des polémiques. Quant à cet éléphant perdu au rond point de Bellevue, il est perçu par de nombreux citoyens comme un ouvrage de diversion qui a pour but de faire oublier l’essentiel des préoccupations d’un peuple affamé, assoiffé, croupi dans le noir, dès que tombe la nuit. Le hic est que Madame Kouyaté qui aurait son bureau climatisé dans les locaux de la Primature - l’on ne sait trop pourquoi - a le privilège de se voir attribuer tous les marchés relatifs à la réalisation des ouvrages historiques que son époux projette. A voir de près, le premier ministre nommé dans une situation de crise sans précédent, est loin d’avoir conscience de la portée de sa mission, puisque la feuille de route qui lui a été soumise est oubliée au profit des actions de prestige que bien des citoyens approchés estiment n’être que des futilités. Le pillage des fonds publics qui lui est reproché, notamment pour se livrer à des voyages improductifs et autres loisirs, auront coûté d’énormes sommes à l’Etat. Faudrait-il rappeler que l’aménagement de sa résidence a coûté près d’un milliard de francs guinéens. A cela s’ajoute un scandale financier dans le secteur chargé de la relance de la culture cotonnière. Sur les 12 milliards de fg débloqués à cet effet, au mois de novembre dernier, 11milliards 400 millions ont été dépensés de façon miraculeuse. Le premier ministre y est cité. D’ailleurs une enquête parlementaire est ouverte pour clarifier l’affaire. Un éléphant ne cache pas la forêt, même s’il y constitue un décor impressionnant. La Redaction www.guineeactu.com
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