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Dans la matinée du 12 juillet dernier, un citoyen a été pris en flagrant délit entrain de vendre sa carte d’électeur à 200.000gnf à la villa ‘’CBG’’ qui fait office de quartier général du Bureau politique de l’UFDG, dont le leader est arrivé en tête du 1er tour du scrutin du 27 juin dernier, avec près de 40% des suffrages.
Il était 16heures quand le nommé Malik Keita, domicilié à Yimbaya et chauffeur de son état a fait irruption à la villa ‘’CBG’’, dans l’intention de monnayer sa carte d’électeur. Ce militant d’un candidat malheureux du 1er tour de la présidentielle, voulait se débarrasser de sa carte, en la vendant à 200.000Gnf. Selon lui, il voulait ‘’vendre sa carte pour abréger ses souffrances et éponger une dette qu’il aurait contractée avec sa maman’’.
Mais malheur pour lui, dans sa tentative, il tombera sur un membre du Bureau exécutif du parti. Qui, après s’être rassuré que le bonhomme voulait réellement monnayer sa carte, a alerté la sécurité du parti qui le mettra aux arrêts.
Notre reporter s’est rendu sur les lieux pour rencontrer ce citoyen, qui donne sa version des faits.
« Hier nuit (ndlr, 11 juillet), un ami m’a appris qu’on achetait les cartes d’électeurs à l’UFDG. Et comme j’avais besoin d’argent, je suis venu aujourd’hui proposer la mienne. Je voulais, à travers cet argent que j’espérais gagner, payer l’argent que j’avais pris à ma mère. Une somme de 200.000Gnf que quelqu’un lui a confiée et que j’avais prise pour mes besoins. C’est pourquoi j’ai voulu vendre ma carte d’électeur pour payer cet argent. Donc quand je suis venu ici, j’ai rencontré un jeune et lui ait expliqué mon problème. Il m’a mis en contact avec un monsieur. Ce dernier après notre entretien, a appelé un militaire qui m’a arrêté », explique Malick Keita.
Alpha Oumar Sow, membre du Bureau exécutif de l’UFDG est celui qui a discuté le prix de la carte avec Kéita. Lui aussi à sa version des faits : « Le jeune est venu me voir soit disant qu’il a sa carte d’électeur en vente. J’ai essayé de savoir avec lui, pourquoi il vend sa carte, étant donné que ce n’est pas recommandé par la loi. Je lui ai demandé s’il avait beaucoup de cartes à vendre ou s’il n’avait seulement que sa carte en vente. Il m’a dit qu’il n’avait que sa carte. Alors je lui ai demandé le prix, il m’a dit qu’il la vend à 200.000Gnf. Je lui ai demandé de me la laisser à 150.000Gnf. Ensuite, je lui ai demandé pourquoi il vend sa carte, sachant que cela est interdit par loi. Il me dit qu’il a des problèmes à la maison, qu’il a pris l’argent de sa maman. Ensuite, il m’a dit qu’il a des amis qui ont beaucoup de cartes et qu’ils peuvent me les vendre. C’est ainsi que j’ai alerté la sécurité… »
Face à cette situation, la Direction du parti par la voix de son premier vice- président est montée au créneau pour dénoncer une cabale montée de toutes pièces par les détracteurs de l’UFDG.
Pour Bah Oury, il y a lieu d’abord de rapprocher les faits. Il dira ainsi qu’un site de la place accuserait son parti d’acheter des cartes d’électeurs des candidats malheureux et de les incinérer. Selon Bah Oury, il s’agit là d’un ‘’ mensonge’’ inventé par les détracteurs pour intoxiquer la population. ‘’C’est une contre-vérité’’, relève-t-il. Quant au cas de ce citoyen, il dit qu’il s’agit d’une ‘’machination’’ du camp adverse contre son parti.
« C’est pour justifier demain que l’UFDG a effectivement acheté la carte de M. Keita pour l’utiliser à ses fins», déplore-t-il.
Ainsi, pour lui, c’est une « conspiration qui ne dit pas son nom et qui consiste à ternir l’image de l’UFDG ».
Au moment où nous allons sous presse, la direction du parti s’était proposée de mettre Malik Keita à la disposition de la CENI, pour des fins d’enquête.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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