dimanche 7 mars 2010
Un 8 mars à l’honneur de toutes les Guinéennes engagées en politique
Rabi Youla Baldé

Appel à nos dirigeants actuels

  • M. Sékouba Konate, Président intérimaire de la République
  • M. Jean Marie Doré, Premier Ministre
  • Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Présidente du CNT
    (Conseil National de Transition)


La journée internationale de la femme de 2010 sera célébrée dans de nombreux pays en mettant en exergue, l’égalité des droits et des chances entre les hommes et les femmes : Un progrès pour tous.

La 54e session de la commission de la condition des femmes des Nations Unies qui se tiendra bientôt à New York va débattre de l’analyse après 15 ans de la mise en œuvre de la déclaration et du programme de Beijing (1995), le tout en lien avec la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement.

L’approche des élections présidentielles et législatives en Guinée m’amène à relancer le débat sur la promotion et la participation de la Guinéenne en politique aux instances stratégiques du pays.

Il est temps que les Guinéens comprennent que nous devons changer la conception politique machiste actuelle en appuyant toutes les femmes qui se sont engagées avec courage en politique. Il est temps de se souvenir de nos erreurs du passé en matière de politique. Je fais un appel à la conscience de nos dirigeants et dirigeantes stratégiques actuels, en charge de l’élaboration de la nouvelle constitution qu’il est primordial et indispensable de revoir les quotas électoraux féminins en Guinée.

L’imposition des quotas féminins doit être enchâssée dans la constitution. Il faut imposer ces quotas par la loi, d’où la nécessité de voir toutes les organisations féminines exercer une forte pression sur le public ainsi que sur les pouvoirs en place qui sont chargés d’appliquer les accords de Ouagadougou.

Les quotas de femmes imposés par la loi électorale vont permettre aux femmes potentiellement candidates de se préparer. L’essence des quotas féminins est d’obliger les partis politiques et les autres organes de sélection à commencer sérieusement à recruter des candidates aux élections. Les quotas de femmes imposés par la loi ou par le biais d’un amendement constitutionnel a permis à de nombreux pays d’améliorer la participation politique des femmes dans la vie politique de leur pays.

Lorsque les quotas sont en place dans la constitution, cela obligera de nombreux partis politiques de cesser de se servir uniquement des femmes comme un bétail électoral de peur d’être sanctionnés sur le plan juridique. Pour être efficace, l’application de cette loi est à attribuer à la compétence de la commission électorale pour en faire usage. (Exemple: rejeter toute liste électorale qui ne contient pas suffisamment de pourcentage de candidates politiques au prorata des quotas).

IL faut dire aussi que de par leurs propres initiatives, les partis politiques peuvent faire figurer dans leurs statuts les quotas de femmes. Nous devons dépasser le fait que les quotas demeurent uniquement symboliques. Mon combat ainsi que ce lui d’autres femmes est que mon pays parvienne comme tant d’autres à élire des femmes compétentes à tous les échelons de la prise de décision comme partout ailleurs.

Prenons l’exemple de nos voisins sub-sahariens; de nombreuses femmes ont remporté des victoires électorales significatives à tous les échelons de la prise de décision. Celles qui ont été élues a l’échelon local sont entrain d’acquérir des compétences nécessaires pour accéder a des postes d`envergure nationale. Parmi les femmes dirigeantes de premier plan se trouve Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, VP de l’Afrique du Sud, Mme Luis Diogo premier ministre du Mozambique, Des femmes ont rempli les fonctions de Président par intérim avec brio au Burundi et en Guinée Bissau. La plus grande conquête comme je l’ai dit dans un de mes articles fut l’élection de Mme Ellen Johnson-Sirleaf au poste de Présidente du Liberia en 2006, ce qui représente la plus grande conquête enregistrée par les femmes actives en politique de haut niveau en Afrique.

De façon générale le pourcentage de femmes élues en Afrique Sub-saharienne est de 17% selon les dernières statistiques de International knowledge des femmes en politique et cela continue de croître.

Il faut insister sur le fait que la seule présence féminine ne garantie pas aux femmes que leur situation changera mais elle leur permettra de prouver leurs capacités de dirigeantes ainsi que de mettre l’accent sur les besoins des femmes faisant œuvre de pionnières pour les futures générations de femmes dirigeantes.

Par la même occasion je tiens à souligner la bravoure et le courage de Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson femme candidate à la présidence pour la première fois au Togo. Je la soutiens et la félicite non pas pour avoir défié les hommes mais plutôt pour oser se présenter à des présidentielles au Togo. Ce qui est un signe que le Togo avance et est en pleine mutation.

Mais le chemin à parcourir reste long et parsemer d’embuches car comme le dit les stratèges, il faut adopter une stratégie pour arriver à son but.

C’est pourquoi, je suggère fortement aussi à Mme Rabiatou Sérah Diallo, présidente du CNT, dans la réalisation de sa noble tâche, qu’il serait bien de s’entourer de conseillères avisées et conseillers très brillants afin de continuer d’honorer la femme dans toute sa splendeur morale professionnelle. Attitude dont elle a toujours fait preuve en gardant le sens de partenariat avec le Gouvernement tout en veillant intérêts supérieurs des guinéens et Guinéennes.

En guise de mot de la fin, j’encourage toutes les femmes en politique en Guinée de viser haut et d’avoir le courage et la détermination de se prévaloir des postes stratégiques comme la vice-présidence pourquoi pas la présidence !

Comme l’a dit une consœur Myam, il faut créer un directoire de campagne à l’image du célèbre modèle OBAMA qui consiste à s’entourer de brillants et intègres conseillers composés d’hommes et de femmes pour parcourir toute la Guinée profonde avec un programme bien adapté aux besoins de notre population.

BONNE FETE A TOUTES LES FEMMES DE GUINEE ET DE PARTOUT DANS LE MONDE. SANS OUBLIER LES BRILLANTES FEMMES DU NOUVEAU BRUNSWICK DU CANADA.


Rabi Youla Baldé


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mariame CRA, Allemagne, dimanche 7 mars 2010
Merci ma sœur pour ce magnifique article qui plaine efficacement la cause de la femme guinéenne. Certes, la problématique féminine est loin d`être résolue, il faut reconnaître que notre pays est beaucoup en retard dans la promotion de la femme guinéenne. Les élites dirigeantes, ainsi que les partis politiques et les entreprises doivent mener des politiques volontaristes pour favoriser l`émancipation de la femme guinéenne. Le RWANDA, le seul pays sur la planète, où la moitié des députés au Parlement sont du sexe féminin, pourrait être un bon exemple pour nos dirigeants. Par ailleurs, il y a aussi un gros travail d`éducation de la société entière est à opérer, afin de combattre des préjugés négatifs, et conscientiser par rapport à la nécessaire émancipation de la femme guinéenne...Bonne fête à nous toutes.
ALPHA OUMAR BARRY, dimanche 7 mars 2010
Les nouvelles réalités sociales des femmes guinéennes nous mettent face à de nouvelles contraintes en tant que législateurs.LA DISCRIMINATION POSITIVE POUR LES FEMMES DANS LES POSTES DE RESPONSABILITÉS EN GUINÉE.Les femmes et leurs droits doivent être désormais au coeur de nos débats jurisprudentiels ou s`affrontent les visions réformatrices quant à la place de la femme dans notre société et celle réligio-traditionaliste.Il devient opportun d`aborder les problèmes des femmes en Guinée qui ne cherchent qu`à être soutenues dans leurs protestations lanscinantes contre les inéquités légales concernant ,l`embauche, le mariage forcé, les excisions, la garde d`enfants et les violences domestiques qu`elles subissent.La Guinée a besoin d`une relecture des acquis réligio-traditionnels qui ne sont en fait que PATRIARCAT DÉGUISE sous le costume traditionnel.Les atteintes à leurs droits et le caractère discriminatoire de la justice faite à leur encontre qui permettent aux responsable d`atteintes de l`impunité. En paralèlle , on assiste aussi à une explosion littéraire et économique du nombre de femmes guinéennes initialement restreinte à quelques unités.Ce dynamisme culturel porteur de profonds changements se diffuse maintenant à tous les secteurs de plus en important de la production intellectuelle guinéenne contemporaine. Cette presence massive au sommet de toutes les formes d`expressions culturelles fait non seulement porter un nouveau regard sur notre pays, mais aussi change fondamentalement l`image que les femmes ont d`elles mêmes. Si notre constitution proclame l`égalité des sexes,l`application inadéquates des textes de lois ,placent les femmes dans le cadre réligio-traditionnel, ce qui a pour conséquence l`institutionnalisation des inégalités HOMME FEMME. Voyez les HADITHS qui expliquent pourquoi les femmes ont plus de droits que les hommes parce qu`elles ont plus de responsabilités aussi.La situation économique du pays a aussi contribué a aggraver la situation financière des femmes du pays.Le chômage, touche de manière plus importante les femmes que les hommes. Ce facteur explique en partie la fréquence de la prostitution tant décriée par notre frère TIERNO . Malgré ses réalités peu reluisantes, le nombre de femmes instruites va dépasser celui des hommes dans un proche avenir.Malgré aussi les restrictions religieuses rampantes du code vestimentaire, les guinéennes ont appris depuis plusieurs années à exprimer indirectement leurs opinions et voeux de liberté. Un des enjeux majeure pour l`avenir reste la reconnaissance du poids des femmes dans le développement du pays. C`est le cadre qui va permettre de créer une société guinéenne ne perrenisant pas les inégalités au détriment des femmes qui doivent être reconnues comme importante force sociale.L`accès massif des femmes à l`éducation, leur part active dans la cohésion sociale du pays,l`importance de leur rôle dans le développement , laissent donc penser à leur droit à la discrimination positive dans les sphères de l`ETAT. BONNE FETE A TOUTES LES FEMMES:
Gandhi, dimanche 7 mars 2010
Excellente initiative. A mon avis, il serait prématuré d`imposer une parité à 50% dès maintenant, dans la mesure où le nombre de femmes engagées n`est pas assez élevé. En revanche un minimum obligatoire d`un tiers (chiffres onusiens)semble nécessaire. On peut admettre que d`ici une dizaine d`années, ce nombre augmente progressivement jusqu`à l`imposer à 50%. Il est même envisageable d`imaginer un système où la place réservée à une femme resterait vacante, dans l`attente de trouver une postulante. Ceci afin d`éviter de combler le vide - la nature en a horreur - sous prétexte de manque de candidates. Croyez-moi, ce sera un dur combat, mais il vaut la peine d`être engagé et soutenu.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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