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Le chef de la junte a réagi à l’ultimatum lancé par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) qui lui donnait un mois, pour s’engager par écrit de ne pas se porter candidat à la présidentielle prochaine. Dadis a trouvé une parade, en renvoyant l’Union africaine à la médiation de M. Blaise Compaoré, nommé pour gérer le dossier Guinée, au lendemain de la répression sauvage de l’opposition survenue au stade du 28 septembre de Conakry.
Le capitaine Moussa Dadis Camara aura fait durer le suspense jusqu’au bout. Sa réponse à l’Union africaine n’est tombée que tard dans la nuit du samedi alors que l’ultimatum venait d’expirer.
En effet, Dadis avait un mois pour formuler par écrit sa non candidature à la prochaine présidentielle. Au risque de s’exposer à des sanctions. Eh bien, le chef de la junte n’a pas comblé les attentes de l’UA. Il a néanmoins adressé un courrier réponse à l’institution. Dans cette missive, Moussa Dadis Camara a demandé à l’UA de ne pas ‘’dissocier l’aspect de sa candidature des autres aspects du chronogramme de transition».
Et qu’il s’en remettait à la médiation du président Blaise Compaoré, nommé par le président de la Commission de la CEDEAO, facilitateur de la crise guinéenne. Après les massacres perpétrés par des bérets rouges de la garde présidentielle le 28 Septembre dernier sur des populations civiles aux mains nues. Cette sanglante répression a été marquée également par de nombreux viols de femmes. La réaction de Dadis Camara face à l’ultimatum de l’UA a laissé plusieurs observateurs sur leur faim. Pour eux, le chef de l’Etat veut gagner du temps, dans l’espoir que la tempête va passer. Et qu’après, il pourrait tout simplement reprendre la main, pour accomplir ses desseins.
Après tout, l’UA et la CEDEAO font parfois preuve d’incapacité à ramener les régimes autoritaires à la raison.
Ce qui s’est passé en Mauritanie où le général Aziz ne s’est pas embarrassé de scrupules pour déposer un chef d’Etat démocratiquement élu, pour se faire ensuite à sa place, à travers un scrutin truqué, est encore dans les mémoires. Sans oublier le Niger, un autre pays soumis aux caprices de son président qui vient de ramener cette nation démocratique près de 20 ans arrière, en s’accrochant au pouvoir, dans le seul but de tirer profits des prébendes de l’Etat.
A ce jour, et l’UA et la CEDEAO, peinent à trouver des moyens de coercition contre ces régimes.
Pour revenir au cas guinéen, il faut dire que la déception se lit d’ailleurs sur les visages de ceux qui espéraient que la réunion extraordinaire d’Abuja, tenue samedi dernier allait ouvrir la voie à la prise de sanctions individuelles contre le président du CNDD et les faucons du régime.
Mais la montagne aura accouché d’une soumis. La CEDEAO ayant opté pour la relance du dialogue entre les acteurs de la crise. Dans le communiqué final sanctionnant la réunion, l’organisation sous-régionale se contente pour le moment d’un embargo sur les armes et les minutions à destination de la Guinée. Une bien maigre consolation pour ceux qui ne croient plus en ce régime qui s’est illustré par la barbarie et la cruauté contre les populations qu’il est sensé protéger.
Il revient à présent à l’UA de tirer les leçons du refus de Moussa Dadis Camara d’obéir à se injonctions.
Toujours dans ce dossier qui retient l’attention de la communauté internationale, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des affaires politiques a séjourné dimanche à Conakry, dans le cadre d’une enquête sur les massacres.
Le diplomate onusien a rencontré la junte et les forces vives et a dit sa détermination à faire la lumière sur cette répression sanglante qui a fait plus de 150 morts selon les Nations unies.
Seule une forte pression pourra venir à bout de la junte qui est bien décidée à garder le pouvoir, c’est du moins l’avis des forces vives.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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