 |
A l’instar des autres femmes du pays, les femmes militantes et partisantes de l’Union des Forces Républicaines (UFR) ont célébré, le 8 mars dernier, la journée internationale de la femme. Présidée par le président du parti, cette commémoration a été mise à profit par Sidya Touré pour parler de la mise sur pied d’un nouveau forum des forces vives de Guinée. C’était au siège du parti, à Matam.
Si la célébration de la journée mondiale de la femme a mobilisé certaines femmes guinéennes autour du chef de l’Etat, le mardi dernier, au palais du peuple, quant à d’autres, elles ont préféré garder leur différence pour créer la différence. C’est le cas notamment des femmes militantes et sympathisantes de l’Union des Forces Républicaines de Sidya Touré. Car selon elles, cette célébration a l’air plutôt politique que social. Comme l’illustre les effigies à l’image du RPG que portaient les nombreuses femmes qui se sont rendues au palais du peuple. Et où le président, Alpha Condé au lieu de parler de la femme guinéenne s’est contenté de jeter le pavé dans la marre des opérateurs économiques et des sociétés minières. Pour les femmes de l’UFR, le plus important aujourd’hui est la « réconciliation » des guinéens dont le tissu social est déchiré. Donc, elles pensent que le nouveau régime devrait d’abord s’évertuer à traiter les guinéennes au même pied d’égalité. Cela sans connotation politique ou ethnique.
Cette célébration des femmes de l’UFR qui s’est déroulée en marge des festivités du palais, a aussi permis au leader du parti qui a présidé la cérémonie commémorative pour rappeler aux nouvelles de la nécessité d’organiser les législatives qui constituent la phase finale de la transition guinéenne. Ainsi pour Sidya Touré, sans ces élections la communauté internationale ne fera jamais son retour effectif en Guinée. Il indiquera que l’aide au développement est conditionnée par la tenue des législatives.
« Il est prévu dans notre constitution que nous devons six mois après la présidentielle, organiser les législatives. Compte tenu que c’est un évènement important pour la vie de notre nation, mais aussi un évènement important économiquement pour le pays. Cela dans la mesure où la banque mondiale et l’union européenne ne feront pas de décaissement pour notre pays tant qu’on organise pas les élections », explique-t-il.
Par ailleurs, le leader de l’UFR a donné son intention de former une coalition qui créera le forum des forces vives, nouvelle version. Cette coalition sera constituée de tous les partis politiques qui ont choisi de rester dans l’opposition, afin de contrecarrer la mouvance présidentielle. « La transition n’est pas terminée. Il faut se préparer aux élections législatives qui permettront à une assemblée correctement constituée. Mais aussi pour contrôler l’action du gouvernement surtout dans une situation aussi difficile, et des réformes structurelles qui doivent être rapportées », explique-t-il aux femmes de son parti fortement mobilisées autour de lui. Et de souligner que plusieurs partis se sont entendus pour qu’on puisse recréer les nouvelles forces vives.
Comme on le voit, le président de l’UFR, parti allié à l’UFDG de Cellou Dalein Diallo lors du second tour de la présidentielle veut prendre le taureau par les cornes en annonçant à l’orée des législatives la refondation d’une nouvelle structure des forces vives. Des démarches ont été déjà entamées dans ce sens, comme l’explique lui-même Sidya, pour mobiliser certains partis autour de la question. Et en le faisant, il prendrait ainsi le devant à son allié d’hier, Cellou Dalein Diallo qui lui aussi, vu sa popularité, compte devenir le chef de file de l’opposition guinéenne. Et la question que l’on pourrait bien se poser est de savoir qui sera le porte-parole des forces vives, nouvelle version, dont la mise en place ne serait plus qu’une question de jours, selon Sidya ? Attendons de voir.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |