- S'inspirer du passé pour construire l'avenir,
- prendre son destin en main,
- la patrie rien que la patrie !
La misère règne en Guinée, reine impitoyable. Le pays et ce qu'il contient constituent l'une des plus grandes richesses de la planète, et la patrie ne manque pas de docteurs, de têtes bien faites et de grands intellectuels. Toutes les conditions sont réunies pour qu'à la fois le peuple se porte à merveille et qu'il soit l'un des plus pauvres. Face à ce paradoxe qui n'a pas deux explications, tout le monde est d'accord que le pays est victime de la mauvaise gouvernance, l'une des plus féroces de la planète.
Ainsi, tous les guinéens, y compris les gouvernants, réclament, d'une manière ou d'une autre, le changement. Un changement de comportement, un changement de dirigeants et un changement de situation, pour mieux espérer un présent agréable et un lendemain meilleur. La Guinée a urgemment besoin de changement, mais faut-il encore définir les principes élémentaires, la méthode à adopter pour atteindre cet objectif heureux et éviter de faire trois pas en arrière, après un en avant.
Cependant, à mon avis, trois règles sont, indéniablement, un passage obligé à chaque guinéen et à chaque guinéenne pour qu'ensemble, nous arrivions au bout de nos aspirations. Trois règles sans les quelles, un autre demi-siècle de contour ne nous fera que tourner au tour du pot sans satisfaction.
1° S'inspirer du passé pour construire le présent
«Pour connaître son présent, il faut connaître son passé», expression courante que je retiens de mon professeur d'histoire pour la première fois. L'histoire est toujours le socle du peuple sur lequel tout se construit ou se détruit. L'apprendre est une nécessité impérieuse au risque de se méconnaitre soi-même.
C'est pourquoi, il est logique que les guinéens feuillètent le passé politique du pays, afin de savoir contourner les pièges et les gouffres dans lesquels, ils risquent de tomber. Nous avons connu des dirigeants qui ont tout pillé, qui ont tué et qui ont massacré sans clignoter l'œil, pour le seul désir du pouvoir.
A travers ce passé douloureux et ce présent malheureux, tous les guinéens, même les moins intéressés par la politique, savent les méthodes dont ont toujours fait usage les prédateurs de notre patrie. Ils ont divisé le peuple, ils ont constitué des gouvernements claniques, ils se sont adossés sur les populations pour renforcer leurs manœuvres, ils ont anéanti, par toutes les manières ad hoc, ceux qui ont tenté de s'opposer à leur dessein mercantile, ils ont dévasté l'économie, pillé l'Etat, ils ont signé des projets dont les recettes sont tombées dans leur poche, ils ont formé des mouvements de soutien à leur cause, une façon de tuer la révolte du peuple à son œuf, ils ont fait du gouvernement une famille, dans laquelle ils sont le chef suprême et incontestable, dont la parole s'avère descendue du ciel, ils sont toujours allés à la BCRG ou au budget, prendre de l'argent sans aucun procès.
Ces actes, nous les avons vus. Ayons donc à l'œil tous ceux que nous avons comme responsables. Inspirons-nous de ces actes pour surveiller le gouvernement en place afin que ces malhonnêtetés minant l'avenir du peuple, cessent à jamais.
Le jour où un guinéen soupçonnera un acte semblable à ceux-là, il aura raison de s'inquiéter de la situation du pays et aura le devoir de chercher la vérité. Le jour où ce compatriote aura la certitude de l'acte, il aura donc l'obligation d'agir, de dénoncer tout ce pourquoi notre désir de vraiment vivre, a été réduit à rien par une minorité sans foi ni loi, et ce, pendant un demi-siècle.
C'est seulement de cette façon que nous allons vaincre les envahisseurs de l'économie du pays, les néo-colonialistes guinéens.
Quand tout guinéen acceptera de veiller à la bonne gestion du pays, selon ses moyens, et décidera d'agir dès que c'est nécessaire, la Guinée pourra enfin ouvrir une nouvelle page de son histoire, une page qui donne vraiment envie de la lire !
Le passé ne doit plus être des épisodes à raconter aux nouvelles générations, mais une unité de mesure du présent.
2° Chaque guinéen doit savoir prendre son destin en main
Voilà la raison non déclarée du malheur des guinéens : chacun attend l'oiseau rare, un messie libérateur. Mais, faut-il le rappeler, que même les prophètes des religions sont des hommes issus de leur peuple, comme pour dire que le malheur collectif est avant tout un malheur individuel. Nous ne devons donc nous confier qu'à nous, rien qu'à nous-mêmes ! Nous seuls sommes en mesure de nous trouver la meilleure loge.
Le peuple a longtemps été trompé par la politique du ventre creux, pour soutenir des gens n'œuvrant qu'à leurs propres profits, et ainsi, tout le pays a été victime de ces prédateurs. C'est pourquoi, on doit dorénavant apprendre à se prendre en charge. Seulement de cette façon, on pourrait s'épargner les appâts qui nous sont tendus.
Se prendre en charge commence par avoir la confiance en soi. Cela sous-entend que personne d'autre ne réfléchit, ne juge quelqu'un ou une action, et ne décide à notre place. Dès lors qu'on réfléchit, on juge, on décide et on agit libre, on a la confiance en soi. Ainsi, on parvient à se connaître, à savoir de quoi on est capable. On finit ainsi par planifier sa vie, celle de sa famille et de son avenir, sans l'aide d'autrui.
Le jour où ce guinéen complice des prédateurs du patrimoine public saura faire ceci, il aura sincèrement affirmé «nous préférons la liberté dans la pauvreté, qu'à l'opulence dans l'esclavage». Car, on n'est jamais libre, quand on est dépendant de l'autre.
Lorsqu'on est obligé de se soumettre à quelqu'un d'autre pour conserver son poste, pour gagner son salaire, pour vivre sa vie, on est le pion idéal des dévastateurs du pays. A la jeunesse, particulièrement, de savoir éviter dorénavant cette dépendance venimeuse.
3° La patrie rien que la patrie
L'homme est de nature dominé par des convictions, des passions ou des intérêts. Pour le cas du citoyen, il doit se doter de tous les trois, quand il s'agit de la construction de l'avenir national. On a beau avoir toutes les qualités nécessaires à l'essor d'une nation, si le patriotisme y manque, ces qualités seront au service du moi, le mercantilisme.
La Guinée renferme toutes les ressources naturelles qu'un peuple peut espérer. Les guinéens sont des enfants de l'une des plus grandes éducations de l'Afrique : la culture guinéenne, avec ses variétés, est l'une des plus belles caractéristiques de l'esthétique morale du continent noir.
Mais l'un des plus grands obstacles au changement en Guinée reste l'absence de vrai patriotisme citoyen. Il va falloir que les jeunes, les femmes, les intellectuels et tout le peuple guinéen acceptent unanimement, d'œuvrer au service de la patrie, rien que la patrie !
Le patriotisme quotidien doit exister en chacun de nous. En famille, en classe, au service, entre amis, discutons et travaillons dans l'intérêt unique de la patrie. C'est à travers cette conviction que nous pourrons combattre l'ethnocentrisme, l'affairisme et les systèmes de clans qui ne cessent de nuire à notre progrès, et celui de la patrie.
L'histoire nous montre que dans toutes les grandes puissances, il a fallu des combattants patriotes, pour écrire l'histoire que voudrait lire le peuple. Le combat pour le mieux être du peuple ne fait que commencer. A chacun ses forces et ses compétences pour le bonheur du guinéen !
Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens !
Ibrahima Amadou Bah
pour www.guineeactu.com