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Dès les premières heures de la percée des films nigérians sur le marché du cinéma africain, les Guinéens furent parmi les premiers abonnés aux « movies » venant de Lagos. Le thème de l’enrichissement aux moyens de la magie par la fourniture d’organes extraits du corps humain est traité dans trois sur cinq films faits au Nigéria. Un jeune chauffeur natif de Mamou a été récemment assassiné quelque part en Haute-Guinée par cinq personnes de nationalité nigériane. Le corps de la victime a été retrouvé vidé de la plupart de ses organes. Après la fiction hollywoodienne, va-t-on vivre la réalité de la sorcellerie nigériane en Guinée ?
Désormais, à Mamou, la ville-carrefour située à près de 300 Km de la capitale Conakry, quand deux voyageurs de nationalité étrangère se présentent à la gare routière pour motif de voyage, ils ne peuvent plus s’embarquer à bord du même véhicule. Cette mesure sécuritaire est une initiative du Bureau du syndicat des chauffeurs et mécanique générale de la ville de Mamou. Maître Diallo Abdoulaye Bademba, secrétaire administratif de ce bureau, explique que la prise d’une telle décision s’avérait nécessaire après la découverte du corps vidé de ses organes d’un des leurs. Le corps éventré de Souleymane Barry, chauffeur de taxi, 28 ans, marié et père de deux fillettes, a été retrouvé aux environs de Forécariah, une bourgade qui se trouve en Haute-Guinée, à mi-chemin entre Kankan et Siguiri. Comment est-ce arrivé? Maître Diallo Abdoulaye Bademba raconte. « Cinq jeunes nigérians en provenance du km 36 débarquent à Mamou le 30 mai 2009. Ils doivent se rendre à Kankan. Ils négocient avec Souleymane Barry, propriétaire et chauffeur d’un taxi de marque Renault 19. A la première escale, à Dabola, un des cinq passagers disparaît. Les quatre autres martèlent qu’ils ne bougeront pas de là sans leur compagnon de route. Ce dernier ne réapparaîtra qu’à minuit, alors qu’ils avaient pris le départ à Mamou depuis 16 heures. Le lendemain, le 31 mai, la voiture de Souleymane Barry est repérée à Sanoussiya, à 50 km de Kouroussa. Premier fait étonnant : la face de la voiture est tournée vers Mamou au lieu de Kankan. Une commission se constitue. Elle comprend des membres du syndicat des chauffeurs de Mamou, des représentants du syndicat des chauffeurs de Kouroussa, le chef du district de Sanoussiya, le Sous-préfet adjoint de Sanguiana et des agents des gendarmeries de Sanguiana et de Kouroussa. Au 11eme jour de la disparition de Souleyman e Barry, la commission découvre des taches de sang sur le tapis, la ceinture de sécurité du siège du chauffeur, le contacteur et la vitrine arrière du taxi qui transportait les cinq Nigérians. Ce n’est qu’au 21eme jour que le corps de la victime sera localisé à Forécariah, un endroit distant de 204 km de Sanoussiya. »
Les autorités du gouvernorat, préfectorales et communales de Mamou avaient fait observer à la ville un jour de deuil avant de se joindre à la Ligue Islamique Régionale pour des sacrifices et prières pour le repos de l’âme de Souleymane Barry. Trois mois après l’assassinat de ce citoyen, le choc demeure toujours à Mamou. La famille du défunt voudrait que la gendarmerie de Mamou et celle de Kankan unissent leurs forces pour traquer les assassins de Souleymane Barry. Selon la famille, soit ils sont tapis quelque part en Guinée, soit ils ont traversé l’une des frontières du pays. Pour ce deuxième cas de figure, ces bandits ne pourraient sortir de la Guinée que par les frontières avec le Mali ou la Côte- d’Ivoire. Si non, pourquoi avons-nous des postes de gendarmerie, de police et de douanes à toutes nos frontières, s’interroge un membre de la famille. Dans une Nation organisée, la vie de chaque citoyen, fut-il chauffeur, mendiant, étudiant ou ministre, revêt la même valeur sacrée. Il n’y a pas que la drogue, les détournements, les audits, les élections, l’eau ou l’électricité, il y a aussi la sécurité et la préservation de la vie de chaque Guinéen.
Ras Jedi Jah Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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